La direction de l’ABI a obtenu vendredi en fin de journée une ordonnance de la cour limitant notamment le nombre de syndiqués sur les lignes de piquetage.

ABI obtient une ordonnance de la cour

Trois-Rivières — La direction d’ABI n’a pas du tout apprécié que des cadres se voient refuser l’accès vendredi à l’aluminerie par des syndiqués en lock-out. L’entreprise a déposé en milieu de journée une demande d’ordonnance d’injonction provisoire au palais de justice de Trois-Rivières pour, notamment, limiter le nombre de syndiqués à 15 par ligne de piquetage.

Les avocats du syndicat et de la partie patronale se sont rendus devant la Cour supérieure en fin d’après-midi. L’avocat du syndicat, Me Jean-François Beaudry, a alors suggéré au juge Alain Bolduc de négocier avec l’avocate de la partie patronale, Me Louise Laplante. Les deux avocats se sont alors entendus pour appliquer l’ordonnance encadrant la grève de 2004. 

À l’origine, la partie patronale demandait de limiter à cinq le nombre de syndiqués sur la ligne de piquetage. Or, après les négociations entre les deux parties, ils ont déterminé que la limite de 15 syndiqués était acceptable.   

Les syndiqués ont aussi bloqué l’accès à certains cadres vendredi. Interrogé au sujet de cadres qui se sont vu bloquer l’accès de l’usine, le président de la section locale 9700 Clément Masse avait alors admis que le syndicat veut prévenir le recours à des briseurs de grève. 

«C’est sûr qu’on bloque, qu’on vérifie, et quand on n’est pas sûr, on va retourner les gens, on va leur demander de quitter, on ne les laissera pas passer», a-t-il souligné. 

L’ordonnance rendue par le juge vendredi limite cette pratique. Les syndiqués en lock-out ne pourront donc plus «empêcher, par quelque moyen que ce soit et particulièrement au moyen de lignes de piqueteurs, de blocus, d’attroupements ou au moyen de véhicules, barricades ou d’autres obstructions physiques, les employés, représentants et cadres de la demanderesse ou toute personne ayant affaire à [l’entreprise] incluant ses clients, sous-traitants, et leurs représentants, d’avoir libre accès à la propriété de [l’entreprise] de façon prudente, d’y entrer et d’en sortir, sans entrave ni retard que ce soit», comme on peut le lire dans l’ordonnance qui stipule également que les voies d’accès ne peuvent être bloquées. 

Par ailleurs, les syndiqués ne peuvent s’approcher à moins de cinq pieds, à l’aide d’un véhicule ou physiquement, «des officiers, préposés, employés ou agents de la demanderesse et leurs véhicules, à moins d’obtenir leur consentement».  

À la sortie de la salle d’audience, les deux parties ne souhaitaient pas faire de commentaires. D’ici le 22 janvier, date à laquelle l’ordonnance prend fin, les deux parties doivent négocier les cadres d’une ordonnance permanente.