Jean Boulet

ABI: Jean Boulet défend son patron

BÉCANCOUR — Même s’il dit respecter le droit exprimé par le Syndicat des Métallos, le ministre Jean Boulet parle plutôt d’une thèse syndicale, car selon lui, François Legault «a toujours été à la recherche d’un compromis».

«Il a été créatif tant quand on était seul avec la partie patronale que la partie syndicale. On cherchait des solutions, des alternatives, on explorait des options. Évidemment, il répond à des questions soumises par l’opposition et c’est sûr qu’il met le relief sur des conditions de travail. Ce à quoi il fait référence, c’est que ce sont des emplois de grande qualité et bien payés. Et les conditions de travail sont connues, étant dans la convention collective de travail», a indiqué le député de Trois-Rivières, qui a pris le relais de son patron pour commenter la plainte syndicale contre le gouvernement du Québec.

«Quand il s’exprime comme ça, ça reflète sa grande préoccupation pour les retombées de ce conflit-là. Quand on est ensemble, il ne parle pas seulement des retombées économiques, le 500 millions sur le PIB, il pense aux familles, aux travailleurs qui sont affectés par le conflit, aux sous-traitants, aux commerçants. Il voit ça de façon globale, c’est sa sensibilité qu’il exprime aussi. La priorité que j’ai toujours eue et la priorité de notre gouvernement, ça a toujours été clair: préserver les jobs d’ABI», renchérit-il.

Celui-ci souligne qu’avec toutes ses interventions dans ce dossier, «je leur crée toutes les meilleures conditions possibles pour qu’ils trouvent un terrain d’entente».

«Le syndicat me demande d’imposer un arbitre de différend. Moi, je n’ai pas l’intention d’imposer un arbitrage de différend dans ABI. Pour une première convention collective, une seule des parties peut demander au ministre du Travail de nommer un arbitre de différend. Mais là, comme on est dans un contexte de renouvellement, ça prend le consentement des deux parties. Je n’ai aucune indication à ce jour que les deux parties consentent à ce que je nomme un arbitre. L’arbitre de différend entendrait les témoins, les argumentations des procureurs et rendrait une sentence arbitrale de différend qui serait la convention collective», explique M. Boulet.

Interrogé à savoir ce qui devrait se passer pour un règlement du lock-out, ce dernier évoque le recours possible à l’article 58.2 du Code du travail, «si jamais la compagnie décidait de faire une offre globale et finale et demander au Tribunal administratif du Travail d’ordonner un vote au scrutin secret, supervisé par le Tribunal».

«Mon hypothèse de règlement est toujours sur la table, je sais que les parties peuvent poursuivre leur analyse et leur réflexion. L’hypothèse de règlement, c’est une proposition. Elle n’est pas parfaite et elle exigeait des compromis des deux parties. J’invite les parties à réanalyser l’hypothèse de règlement et voir si ça ne peut pas permettre un certain rapprochement à ce stade-ci. Si les parties ont d’autres attentes à mon égard, ça me fera plaisir de les écouter», conclut le ministre régional.

Réplique de Legault

Interrogé alors qu’il participait à la Conférence de Montréal, le premier ministre Legault n’a pas voulu retirer ses propos. Il a simplement répliqué: «j’essaie de régler les problèmes, puis j’ai donné mon opinion et je n’ai rien à ajouter».

Réaction de l’opposition libérale

Le porte-parole du Parti libéral en matière de travail, d’éthique et d’intégrité des marchés publics, Jean Rousselle, déplore que «François Legault montre ses couleurs» dans un conflit de travail privé. Il qualifie d’absurde l’intervention du premier ministre dans le dossier.

Se disant inquiet pour les travailleurs et leur famille, M. Rousselle déclare que «M. Legault doit dès aujourd’hui arrêter de s’ingérer et trouver des solutions avec son ministre du Travail, M. Jean Boulet, pour arriver à une entente».

Avec La Presse canadienne et Sébastien Houle