L’Assemblée nationale reconnaît que le lock-out décrété à l’ABI a des impacts négatifs sur les travailleurs et l’économie régionale et provinciale et demande aux parties de reprendre les négociations.

ABI: adoption unanime de la motion à l’Assemblée nationale

Bécancour — La motion déposée par Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire, pour demander la reprise des négociations dans le dossier de l’Aluminerie de Bécancour a été adoptée à l’unanimité mercredi. Alors que le gouvernement libéral avait proposé d’adopter le tout sans débat, le leader parlementaire de l’opposition officielle, Pascal Bérubé, a demandé la tenue d’un vote nominal.

Ainsi, l’Assemblée nationale reconnaît que le lock-out décrété à l’ABI a des impacts négatifs sur les travailleurs et l’économie régionale et provinciale et demande aux parties de reprendre les négociations.

Pendant ce temps, à l’extérieur, quelques centaines de lockoutés se faisaient entendre bruyamment. Signe que le message commence à être entendu, selon le syndicat, la ministre du Travail a déjà convoqué les parties à des rencontres vendredi.

«Il y a un pacte social entre les alumineries et l’ensemble des Québécois. Elles bénéficient de tarifs d’électricité avantageux et en contrepartie elles créent de bons emplois dans les régions du Québec. Avec le lockout, ce pacte est rompu. Cela ne concerne pas seulement les 1030 familles à la rue, mais l’ensemble des Québécois. Le gouvernement ne peut regarder le train passer pendant que des compagnies prennent une région en otage», a fait valoir le président de la FTQ, Daniel Boyer.

«C’est important pour nous que l’Assemblée nationale débatte de ce conflit. Certains ont dit que c’était un conflit privé. Mais les rabais d’électricité, eux, ils sont très publics, c’est nous collectivement qui les payons. J’ai regardé ma facture d’électricité ce matin et je suis pas mal certain que je paie plus cher du kilowatt/heure que ces compagnies étrangères. Nous pensons que le gouvernement a l’obligation morale d’intervenir. C’est avec de grandes attentes que nous irons à la rencontre de vendredi», affirme le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau.

Le président de la section locale 9700 représentant les 1030 métallos d’ABI, Clément Masse, réitère la volonté syndicale de négocier.

«Tout juste avant que Rio Tinto et Alcoa prennent la décision de se retirer de la table des négociations, de grands pas étaient faits. Des discussions avaient même lieu quant à la possibilité de renoncer à l’actuel régime de retraite pour en instaurer un nouveau répondant aux exigences de l’employeur et on commençait à peine à aborder l’enjeu du respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre. Nous avons toujours été clairs: nous souhaitons une reprise des négociations, avec des vis-à-vis qui ont le mandat de conclure une entente», a conclu Clément Masse.

Lors de la manifestation, le député Donald Martel s’est adressé aux syndiqués, premier contact direct avec eux depuis le début du lock-out.

«Ce conflit me touche directement. J’ai de la famille et des amis très proches qui travaillent à l’ABI. Donc, j’ai beaucoup d’empathie pour tous les travailleurs, leur famille, les sous-traitants qui sont touchés par ça. Je prends l’engagement de tout faire en mon possible pour inciter l’employeur à venir à la table de négociation. L’objectif de tout le monde, il faut que ce soit une entente négociée qui va être satisfaisante pour les travailleurs et l’entreprise dans un objectif de viabilité à long terme», leur a-t-il lancé comme message. 

Et comment a-t-il été accueilli, étant donné son absence sur la ligne de piquetage? «Les gens ont été super corrects, beaucoup sont venus me voir, il y en a qui m’ont donné des messages, c’était vraiment sympathique. Les gens respectent. Au début du conflit, j’ai exprimé mes émotions et après ça, je me suis mis en mode solution. Il n’était pas question que je fasse de politique sur le dos de personne. C’est trop sérieux et ça touche à des gens que j’aime, des connaissances. Peut-être que certains ont été déçus, mais je pense que ce que les syndiqués apprécient, c’est que je ne suis pas dans le jugement, mais dans la résolution du conflit», a conclu le représentant de la CAQ.