Brigitte Alarie et Nicole Desrosiers Carré, deux spécialistes du Pavillon Arc-en-ciel du CIUSSS-MCQ, se prononcent sur les moyens d’apaiser le stress du retour à l’école en cette période de pandémie.
Brigitte Alarie et Nicole Desrosiers Carré, deux spécialistes du Pavillon Arc-en-ciel du CIUSSS-MCQ, se prononcent sur les moyens d’apaiser le stress du retour à l’école en cette période de pandémie.

À l’écoute des émotions et des craintes de l’enfant

TROIS-RIVIÈRES — Le retour - ou non - à l’école pour les élèves du primaire à compter de ce lundi pourrait signifier des sources de stress et d’inquiétude pour plusieurs enfants de la région. Devant un environnement scolaire passablement transformé et certaines habitudes qui devront être changées, il existe des façons d’apaiser l’inquiétude chez les enfants. Et qu’on choisisse de renvoyer son enfant à l’école ou plutôt de le garder à la maison, la clé pour le parent restera toujours d’être en confiance avec sa décision et de l’appuyer sur des valeurs que l’on nommera à l’enfant.

Pour Brigitte Alarie et Nicole Desrosiers Carré, respectivement psychoéducatrice et pédopsychiatre au Pavillon Arc-en-Ciel du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, à l’aube de cette rentrée peu banale, les parents devraient être à l’écoute autant de leurs émotions que de celles de leurs enfants pour apaiser les inquiétudes et envisager ce nouveau chapitre avec confiance.

«Une grande partie repose dans l’attitude que le parent aura face à sa décision de renvoyer l’enfant à l’école. Il faut être confiant avec sa décision», signale Brigitte Alarie, ajoutant que si des doutes persistent, le parent devrait s’informer auprès de l’école pour avoir les réponses qui pourront apaiser les craintes. Cette attitude confiante vaut également pour le parent qui choisira de garder son enfant à la maison.

«Peu importe ce que les parents vont choisir de faire, ils vont le choisir en fonction de raisons sur lesquelles s’appuyer et qui pourront être expliquées à l’enfant», renchérit Nicole Desrosiers Carré, ajoutant que les deux parents devraient idéalement faire consensus dans la décision de renvoyer ou non l’enfant à l’école, et surtout de prendre le temps d’en discuter avec lui pour expliquer ces raisons, mais également être à l’écoute des émotions de l’enfant, de valider ce qu’il vit ou ce qu’il ressent.

«Les raisons qui peuvent inquiéter nos enfants sont si variées, et pas toujours celles qu’on pourrait croire. L’autre jour, un jeune garçon m’expliquait que ce qui l’inquiétait le plus, c’est de savoir qu’il n’y aurait pas de cours d’éducation physique. Or, pour lui, l’éducation physique l’apaise, lui fait dépenser de l’énergie et lui permet d’être plus calme en classe après. Il craignait de ne pas être capable de travailler comme il faut», explique la Dre Desrosiers Carré, rappelant que parfois, le simple fait de verbaliser ses craintes peut faire un énorme bien à l’enfant.

«En le verbalisant, on lui permet aussi de chercher des solutions à son niveau. Les enfants sont souvent très créatifs», note-t-elle, rappelant que des craintes peuvent également s’exprimer chez les enfants qui ne retourneront pas à l’école. La déception, par exemple, de voir ses amis y retourner pendant qu’il demeure à la maison peut en faire partie.

Autant pour bien préparer la rentrée que pour poursuivre l’école à la maison, Brigitte Alarie suggère de rétablir rapidement une routine sur laquelle les enfants pourront facilement se référer et qui deviendra pour eux un repère rassurant. D’écrire les tâches à accomplir le soir et le matin, de favoriser un environnement plus calme lors de ces moments peuvent également être de bons outils.

Le parent peut aussi contribuer en travaillant avec son enfant des moyens d’apaisement, comme des moments de relaxation ou de respiration dirigée. «Il faut aussi clarifier les inquiétudes de l’enfant. Peut-être craint-il le virus, mais exposons-lui les moyens que l’école a mis en place pour le protéger, lui rappeler que tout le monde travaille dans la même direction, pour son bien-être», indique Brigitte Alarie.

«C’est un événement mondial. On peut saisir cette occasion pour instaurer les valeurs importantes dont la résilience, l’entraide. Les arcs-en-ciel qu’on a vu se construire partout, ce n’est pas pour rien. Ça peut donner à l’enfant la certitude qu’on va travailler ensemble pour surmonter cette épreuve. Et c’est pareil pour le parent, qui doit apprendre à reconnaître ses émotions et se montrer empathique vis-à-vis lui-même», ajoute la Dre Desrosiers Carré, incitant les gens à ne pas hésiter à consulter s’ils en ressentaient le besoin ou souhaitaient se doter d’outils supplémentaires pour appuyer leurs enfants.