Le lait est acheminé dans des laboratoires où il est testé et pasteurisé.

À la recherche de donneuses

Trois-Rivières — Après le Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce sera au tour de Trois-Rivières de bénéficier, dès le 10 septembre, d’un tout nouveau point de dépôt de lait maternel.

L’initiative se fait sous la gouverne de l’organisme Héma-Québec qui est mieux connu pour sa gestion des dons de sang, de cellules souches et de tissus humains.

Le point de dépôt se fera dans les locaux d’Héma-Québec, sur le boulevard Gene-H.-Kruger et le responsable des communications de l’organisme, Laurent Paul Ménard, indique que les femmes intéressées peuvent déjà donner leur nom.

Le lait maternel peut, tout comme le sang, être vecteur d’éléments pathogènes comme le VIH et l’hépatite, dit-il. C’est pourquoi les femmes qui souhaitent donner leur surplus de lait doivent d’abord se soumettre à une prise de sang afin de se qualifier, explique M. Ménard. Elles doivent aussi être en bonne santé et ne pas fumer.

Dès l’ouverture du nouveau service, on leur fournira des bouteilles de même que de la documentation afin de s’assurer que les prélèvements de lait se fassent dans des conditions d’hygiène optimales.

M. Ménard indique que les donneuses pourront toutefois utiliser leur propre tire-lait. Afin de s’assurer que le lait soit le plus frais possible, les donneuses qui se qualifieront devront demeurer à moins d’une heure de distance des locaux d’Héma-Québec à Trois-Rivières, ajoute le porte-parole.

Il est recommandé à la mère de congeler ses divers prélèvements et de les apporter lorsqu’elles auront l’occasion de passer à proximité du point de dépôt.

Chaque lot sera envoyé à Ville Saint-Laurent où il subira une pasteurisation de 90 minutes afin d’éradiquer tout pathogène, notamment ceux qui pourraient survenir par simple contact avec l’air. Par la suite, le lait devra subir des tests bactériologiques afin de s’assurer de son innocuité. Le taux de rejet est d’environ 18 %, indique M. Ménard.

Tous ces lots seront ensuite congelés à nouveau et conservés pendant un an.

Le porte-parole indique que ce lait maternel sera utilisé en milieu hospitalier dans les unités de néonatalogie auprès de très grands prématurés, en particulier ceux dont le développement est si peu avancé qu’ils ne peuvent même pas boire au sein. Dans environ 30 % des cas où l’enfant est né prématurément, la mère n’a pas de lactation, donc ne peut même pas fournir elle même le lait qui permettrait au bébé de survivre, d’où l’importance de faire ce don.

Laurent Paul Ménard explique que l’utilisation du lait maternel, chez les prématurés, est une stratégie qui permet notamment d’éviter l’apparition de l’entérocolite nécrosante chez les bébés prématurés tout en stimulant leur système immunitaire.

Le don de lait maternel permet donc de sauver des vies.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la réaction a été «extrêmement enthousiaste», indique M. Ménard et tout laisse croire qu’elle le sera tout autant en Mauricie où l’on espère atteindre un objectif d’environ 80 donneuses.

Comme l’explique le porte-parole d’Héma-Québec, il faudra constamment renouveler les efforts pour maintenir ce bassin, toutefois, puisque les volontaires ne peuvent donner leur lait que pendant environ six mois après chaque grossesse. Le recrutement sera donc perpétuel.

Héma-Québec croit avoir toutefois atteint une autosuffisance pour l’année 2018 puisque l’on compte 300 donneuses actives au Québec pour l’instant.