De gauche à droite: Zachary Demontigny, 16 ans, Jade Massicotte, 17 ans, Tina Leblanc, coordonnatrice, et à l'arrière, la directrice du CAB, Sylvie Gervais.

À la découverte du plaisir d'aider

«On a créé la Jeune coop Aidons-nous. On voulait vraiment faire du bénévolat, aider notre société. Alors, on a pris contact avec Sylvie Gervais, la directrice du Centre d'action bénévole de Grand-Mère, et on a décidé d'aider nos aînés», résume Jade Massicotte, 17 ans, une élève de cinquième secondaire de l'école secondaire du Rocher.
Onze élèves de 15 à 17 ans ont en effet décidé de plonger dans l'aventure, le 6 mars dernier, pour trois semaines à raison d'une demi-journée chacun.
Grâce au CAB de Grand-Mère, ils ont pu vivre l'expérience de la popote volante qui permet à une centaine de personnes âgées de 60 à 94 ans et en perte d'autonomie de Grand-Mère, Saint-Georges et Lac-à-la-Tortue, de recevoir à la maison un repas chaud complet préparé par les bénévoles de la Popote volante de Grand-Mère et de la Popote roulante de Saint-Georges, les mardis et jeudis.
Leur contribution a été soulignée par le CAB de Grand-Mère dans le cadre de la Semaine québécoise des popotes roulantes, du 26 mars au 1er avril.
Certains élèves ont livré les repas, d'autres ont pris part à leur confection.
Nicolas Aubé, 15 ans, de Shawinigan, estime que «ce fut une expérience très enrichissante. On voyait les conditions dans lesquelles certaines personnes âgées vivent», dit-il.
Nicolas n'a pas cuisiné comme tel, mais il a contribué à mettre les plats dans des contenants pour la livraison. Les bénévoles réguliers du CAB lui ont montré comment faire et quelle portion donner à chaque bénéficiaire.
Olivier Fournier, 16 ans, du secteur Grand-Mère, s'est impliqué pour la première fois dans le bénévolat à l'école.
Il a fait la livraison auprès de plusieurs bénéficiaires du service. «Les gens sont tout le temps très contents de nous voir arriver. Ce ne sont pas des personnes qui voient plein de monde dans leur journée, donc ça leur fait un petit quelque chose», dit-il.
Jade Massicotte avoue qu'elle a pris goût au bénévolat après cette expérience.
«Quand tu vas porter ça aux personnes âgées, tu as l'impression que tu as fait leur journée. Tu as l'impression que tu as fait quelque chose de ta vie. À l'école, moi personnellement, je ne vois jamais ce que ça va donner plus tard, mais là c'est concret. Je fais la nourriture, je vais la porter aux personnes âgées et elles sont contentes. J'ai fait quelque chose d'important. Ça me fait plaisir d'aider les gens.»
Ariane Naud, du secteur Grand-Mère, explique qu'elle aime aller vers les gens. «J'ai toujours la motivation d'aider et je trouvais que ce projet-là était une belle façon d'aider les gens.»
Si elle a choisi ce projet plus qu'un autre, c'est parce qu'elle estime que «les personnes âgées ont besoin d'un peu plus d'aide que les autres. Des fois, elles sont peut-être seules».
Il faut dire que les personnes en perte d'autonomie desservies par la Popote volante sont beaucoup plus âgées que les grands-parents de ces jeunes bénévoles.
«On cherche des projets comme ça parce qu'on cherche de la relève», indique Sylvie Gervais.
Au Québec, quelque 30 000 personnes reçoivent des repas livrés par les Popotes volantes.
Le CAB de Grand-Mère compte à lui seul quelque 90 bénévoles.
Ces derniers sont à pied d'oeuvre à tour de rôle dès 8 h, les jours de livraison.
D'autres bénévoles arrivent vers 10 h 30 pour amorcer la distribution.
Les bénéficiaires paient chacun 5 $ pour le repas complet, dessert inclus, qui leur est livré.
Avec cette somme, les bénévoles arrivent à cuisiner des plats équilibrés et complets.
«On surveille beaucoup les spéciaux», signale Mme Gervais.
«Tout est fait maison, ce qui est bien. Les patates sont de vraies patates», illustre-t-elle.
L'organisme arrive bien au niveau financier «parce qu'on a des bénévoles», précise la présidente de l'organisme. Le CAB bénéficie d'une cuisine entièrement rénovée depuis un an afin de développer le service.
«L'an passé, au 31 mars, on avait fait plus de 6000 repas comparativement à 4077 en 2015. On voit l'augmentation», dit-elle.