Victor, âgé de 6 ans, et sa maman Christine Martel.

À 6 ans, Victor amasse 4098 $

Trois-Rivières — Faire le choix de participer au Défi têtes rasées de Leucan est un grand geste en soi, mais le faire alors qu’on est âgé que de 6 ans et qu’on ne s’est jamais fait couper les cheveux en est tout autre. C’est toutefois le défi qu’a relevé avec brio Victor Montminy, devant tous ses camarades de classe jeudi, en plus de remettre un chèque de 4098 $ à Leucan Mauricie/Centre-du-Québec.

«J’ai décidé de faire le Défi têtes rasées, car c’est un beau geste et ça aide beaucoup d’enfants qui pourraient mourir du cancer», mentionne Victor, 6 ans.

Une histoire de courage et d’entraide qui a commencé pour Victor Montminy il y a à peine trois mois, alors que sa maman, Christine Martel, a donné une longue couette de cheveux à un organisme qui les récupère afin d’en faire des perruques destinées aux gens atteints de cancer. 

Un geste qui a touché le jeune garçon de 6 ans qui a, par la suite, exprimé le souhait de faire de même à son tour.

«Puisque Victor n’avait pas les cheveux assez longs, nous lui avons expliqué qu’il existait plusieurs autres façons de faire un beau geste pour les gens atteints de cancer. Après le visionnement de plusieurs documentaires sur le sujet, il a réalisé avec étonnement que la maladie et la mort pouvaient arriver à des enfants plus jeunes que lui. Il a donc décidé de son propre chef de faire quelque chose pour les enfants malades», souligne Christine Martel.

Victor Montminy, âgé de 6 ans, a fait raser ses longs cheveux dans le cadre du Défi têtes rasées, jeudi, en plus de remettre une somme de 4098 $ à Leucan. Sur la photo, on le voit accompagné de sa mère, Christine Martel, qui lui coupait les cheveux pour l’occasion.

Un objectif plus qu’atteint

L’objectif principal de Victor était d’amasser un montant de 1000 $ pour Leucan. Contre toute attente, c’est plutôt un montant de 4098 $ qu’il a annoncé avoir amassé, après s’être fait raser les cheveux, jeudi, devant près de 400 élèves de l’école primaire Jacques-Buteux, de Trois-Rivières. 

«J’ai fait du porte-à-porte et j’avais une boîte dans ma classe pour amasser des sous. Au départ, mon objectif était de 1000 $, après 2 000, 2500 et puis 3000 $. J’ai même réussi à dépasser le montant sur le thermomètre. Je suis fier de ça», soutient Victor Montminy.

C’est ainsi devant un public de plus de 400 personnes et sous les encouragements et le soutien de ses camarades, de sa famille et du personnel enseignant que Victor a fait le choix de se faire raser les cheveux dans le gymnase de son école. À quelques minutes du moment fatidique, la frénésie et l’émotion étaient dans l’air, alors que les élèves et la famille de Victor s’apprêtaient à le voir pour la toute première fois avec «le coco rasé».

Rien ne laissait toutefois croire que Victor était nerveux, lui qui affichait plutôt un large sourire lors de son entrée dans le gymnase de l’école Jacques-Buteux, même s’il a toutefois précisé en entrevue à la suite du défi qu’il s’était senti «un peu gêné» de voir tous ses camarades de classe devant lui.

L’émotion au rendez-vous

Si l’émotion était palpable chez les nombreux adultes réunis, c’est toutefois pour la mère de Victor, Christine Martel, que la tension était la plus visible, elle qui avait la lourde tâche de couper les «couettes» de son fils et de le raser par la suite.

«De voir les caméras, de voir Victor sur sa chaise et de voir autant de gens venus l’encourager, je dois avouer qu’au départ, j’avais vraiment le cœur gros. Mais par la suite, je me suis dit que c’était lui qui souhaitait que je sois avec lui à l’avant pour qu’on soit deux dans cette aventure. Je suis tellement fière de lui.»

Malgré le jeune âge de Victor, ses parents l’ont encouragé pendant tout le processus d’une durée de trois mois. 

«C’est une des plus grandes fiertés pour moi et mon conjoint Maxim. On est tellement fier de Victor. On l’a appuyé depuis le début et on s’est assuré qu’il serait en mesure d’accomplir le défi quand il a pris la décision. On lui a toutefois laissé un mois avant de décider s’il souhaitait réellement se faire couper les cheveux. […] 

On a décidé de faire le défi en décembre, car nous avions peur qu’un délai de huit mois nous menant au défi au mois de mai le décourage. Il voulait d’ailleurs faire le défi le plus près possible de son anniversaire qui est le 22 décembre pour s’en rappeler quand il sera plus vieux», soutient Christine Martel.

Après avoir été sollicité par les médias et les nombreux spectateurs présents, Victor n’avait qu’un seul souhait après son défi, soit celui de sortir à l’extérieur de l’école sans tuque, afin de comprendre comment on se sent sans cheveux lorsqu’il fait froid. Chose qu’il s’est empressé d’expérimenter après l’entrevue, à son plus grand plaisir.