Le maire Pierre Desaulniers pose dans la rue Guimont.

À 30 km/h et dans le bonheur

SAINT-BONIFACE — Si le projet de réduction de la vitesse de circulation dans des rues de Trois-Rivières crée une certaine congestion dans l’opinion publique, Saint-Boniface vit très bien avec des rues dont la limite de vitesse a fondu de 50 km/h... à 30 km/h.

Sans tambour ni trompette, Saint-Boniface a invité ses citoyens à réfléchir sur l’aspect de la sécurité de ses routes après que certaines personnes se soient plaintes de la vitesse à laquelle des automobilistes circulaient. La Municipalité a incité les gens à consulter leurs voisins pour gonfler leurs appuis.

Selon le maire Pierre Desaulniers, le conseil voulait vraiment que la demande provienne de la population.

«On a envoyé l’information comme quoi ceux qui étaient intéressés à faire baisser la vitesse devaient signer une pétition. Les gens ont fait signer la pétition pour faire baisser la vitesse, installer des dos d’âne. À d’autres endroits, les gens ont demandé qu’on ajoute des stops. Mais notre approche était que c’est le citoyen qui demande. Après, le conseil passe le règlement.»

Cette politique de réduction de vitesse a été amorcée au printemps. Selon le conseiller Luc Arseneault, la vitesse a été abaissée de 50 km/h à 30 km/h dans une douzaine de rues.

«Les choses vont bien! Ce sont les gens qui ont pris l’initiative de parler à leurs voisins, de les sensibiliser, pour que ce soit plus sécuritaire pour les enfants, pour les cyclistes. Les rues résidentielles sont des espaces civiques: les enfants jouent dans la rue. On ne parle pas des routes collectrices ni les routes de transit. C’est une question de civisme pour rouler à une vitesse pas dangereuse pour personne.»

La Municipalité a même pris la peine de mettre sur son site Internet (municipalitesaint-boniface.ca) un formulaire de pétition que les gens peuvent imprimer pour ensuite la faire signer auprès de leurs voisins.

Pierre Desaulniers précise que dans certaines demandes de réduction de vitesse, le dossier récoltait presque la totalité des résidents concernés.

«Tout ce qui a été changé l’a été par pétition. On a pris en considération le nombre de personnes qui ont signé et on fait le règlement à la demande de la rue ou du secteur. La rue des Saules, la rue Richard, la rue des Prés, c’est fait. La rue Lise, c’est fait. Et dans le chemin Héroux, les gens ont demandé de baisser la vitesse de 80 km/h à 70 km/h.»

Cette approche du conseil favorisant la participation des citoyens écarte évidemment les mouvements de contestation.

«Le fait de se sensibiliser, entre voisins, d’abaisser la limite de vitesse et d’avoir plus de courtoisie entre les utilisateurs de l’espace commun, c’est souvent plus efficace», croit Luc Arseneault.