Pascal Bastarache, président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec.

960 000 $ de bourses pour les futurs préposés aux bénéficiaires dans la région

TROIS-RIVIÈRES — Les futurs préposés aux bénéficiaires recevront bientôt un coup de pouce financier de Québec pendant leur formation, une mesure qui vise à encourager ce choix de carrière, de même qu’à favoriser la rétention et la disponibilité du personnel.

Mercredi matin, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, ont annoncé la création de 2000 bourses d’études de 7500 $ chacune, ce qui représente un investissement total de 15 millions $. Les candidats à cette bourse seront sélectionnés par les établissements en santé et services sociaux de chaque région du Québec. Ils devront s’engager à terminer leur formation dans les délais prescrits et signer un contrat d’engagement de deux ans avec l’établissement qui les aura sélectionnés, sans quoi ils devront rembourser le montant reçu de Québec.

«L’instauration de ce tout nouveau programme de bourses s’inscrit dans notre démarche afin de recruter des ressources compétentes, et ce, en nombre suffisant, pour répondre aux besoins des usagers et s’assurer que ces derniers soient en mesure de recevoir les meilleurs soins et services», a indiqué par communiqué la ministre McCann.

Les ministres Blais et Boulet ont tous deux ajouté que cette mesure vient concrétiser l’engagement de leur gouvernement à «valoriser la profession de préposé aux bénéficiaires».

Les 2000 bourses ont été créées pour l’année 2019-2020. Il ne s’agit pas d’un programme récurrent, mais il pourrait être renouvelé, si l’évaluation de ses impacts est positive.

Ces bourses seront réparties entre les établissements de santé et de services sociaux de chaque région, au prorata du nombre de préposés qu’ils emploient par rapport à l’ensemble du réseau de la santé. Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec pourra en distribuer 128, soit 960 000 $.

Une «mesure attrayante»

Selon les prévisions du ministère de la Santé et des Services sociaux, le réseau de la santé aura besoin de 32 500 préposés supplémentaires d’ici cinq ans. Le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec indique d’ailleurs avoir constaté une diminution du nombre d’inscriptions au programme de formation des préposés aux bénéficiaires dans la région. On accueille donc favorablement le coup de pouce de Québec.

«Toute initiative pour nous soutenir dans le recrutement et la rétention est la bienvenue, indique Guillaume Cliche, porte-parole du CIUSSS MCQ. Espérons que ça va nous aider à poursuivre nos efforts dans l’attraction vers ce métier-là.»

Le président du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et des métiers CSN Mauricie et Centre-du-Québec (SPPSAM-CSN), Pascal Bastarache, se réjouit également de cette annonce, mais soutient que d’autres mesures destinées à rendre plus attrayante la profession de préposé aux bénéficiaires devront suivre.

«On croit qu’il doit y avoir de multiples solutions. On doit aussi se tourner du côté des négociations pour rendre nos conditions de travail plus attrayantes pour les personnes qui veulent travailler dans le domaine de la santé et des services sociaux. Il faut aussi travailler fort sur la rétention du personnel», estime-t-il, évoquant la problématique du temps supplémentaire obligatoire.

La formation Assistance à la personne en établissement et à domicile, d’une durée de 870 heures, est offerte dans les centres de formation professionnelle du Québec. À savoir si le montant de 7500 $ qu’offrira Québec suffira à convaincre un nombre important d’étudiants de choisir la carrière de préposé aux bénéficiaires, M. Bastarache croit que tout dépend de la situation de chacun.

«Ça peut être très attrayant pour certaines personnes, celles qui habitent encore chez leurs parents, notamment. Pour les pères et les mères monoparentaux, c’est du cas par cas, il faut voir. Mais dans l’ensemble, c’est une mesure attrayante qui peut convaincre une personne d’aller vers ce métier», estime-t-il.

Représentations sur le projet de loi 28

M. Bastarache était par ailleurs de passage à Québec, mardi, pour présenter le point de vue de son syndicat sur le projet de loi 28, qui propose des changements majeurs dans l'organisation du CIUSSS au Centre-du-Québec. La ministre Danielle McCann a notamment annoncé la création d’un poste de président-directeur général adjoint qui serait responsable de la région du Centre-du-Québec. Cet ajout devrait permettre une meilleure organisation des services au Centre-du-Québec de la part du CIUSSS, qui est le seul au Québec à chevaucher deux régions.

«Le fait de respecter les particularités de chaque région, ça a ses avantages, concède M. Bastarache. Par exemple, si le Centre-du-Québec et la Mauricie n’ont pas le même taux de vieillissement de la population, il faut ajuster les services en conséquence.»

Le président du SPPSAM-CSN espère cependant que les salariés du CIUSSS ne subiront pas à nouveau les conséquences de ces changements administratifs, comme cela avait été le cas lors de l’abolition des Agences de la santé et des services sociaux, en 2015. Ce changement, opéré sous le précédent gouvernement libéral, a mené à la fusion de plusieurs syndicats et à une grande réorganisation des services.