88 viaducs dans la région inspectés de nouveau

Des dizaines de structures de béton seront inspectées de nouveau par le ministère des Transports en Mauricie et au Centre-du-Québec. L'opération, qui vise 88 viaducs, est déjà amorcée et devrait durer quelques jours.
«En ce moment, on fait un tour sur l'ensemble des structures. Le ministère nous a demandé de retourner voir si tout correspondait à ce qui avait été fait plus tôt dans l'année. Donc, c'est vraiment à titre préventif», explique Jean Lamarche, porte-parole de Transports Québec.
Rappelons que lundi, un morceau de béton s'est détaché d'un viaduc dans la région de Montréal. Le bloc de béton s'est écrasé sur un véhicule qui circulait en direction ouest sur l'autoroute 40. Les deux femmes à bord ont eu la frousse de leur vie. L'autoroute a été fermée pendant plusieurs heures, causant un embouteillage monstre.
Le MTQ a attribué l'incident à la météo yo-yo des derniers jours. Plusieurs cycles consécutifs de gel et de dégel ont ainsi pu accélérer le détachement de blocs de béton instables. Des rapports d'inspection avaient déjà fait état de la dégradation du béton du parapet et de la perte d'ancrage des garde-corps du viaduc concerné.
La majorité des structures dans la région sont des ponts d'étagement au-dessus des routes et une vingtaine sont au-dessus des rivières.
Les inspecteurs retourneront donc examiner les viaducs qui avaient été identifiés comme étant des structures ayant un risque de chute de fragment de béton.
«Ils sont identifiés ici depuis longtemps ces structures-là. On peut dire que c'est de la double prévention. On refait l'exercice chaque année, en plus d'une inspection générale, tous les trois ans», note M. Lamarche.
C'est d'ailleurs lors de l'inspection annuelle que le ministère évalue, entre autres, s'il y a une possibilité de décollement ou si le béton courant pourrait se décoller. À ce moment, les inspecteurs évaluent si des travaux de délaminage ou de défragmentation sont nécessaires.
À peine quelques jours seront nécessaires afin de compléter les vérifications qui sont déjà commencées. «Ce sont des inspections sommaires qui sont très rapides. L'inspection se fait visuellement», affirme le porte-parole.
Les citoyens peuvent signifier en tout temps une situation potentiellement dangereuse au ministère en composant le 5-1-1. «Le redoux peut amener toute sorte de situations comme des nids-de-poule ou des chutes de béton par exemple, on invite les gens à le dire, nous sommes très ouverts à recevoir ces requêtes-là», a conclu Jean Lamarche.
Dans la région de Québec, le ministère a ordonné l'inspection de près de 200 viaducs dont le béton présente des risques d'effritement.
Pas moins de 500 viaducs considérés comme à risque de perdre des morceaux de béton, comme le viaduc Henri-Bourassa Ouest au-dessus de l'autoroute 40 à Montréal, seront inspectés d'urgence par le ministère des Transports un peu partout au Québec.
Les infrastructures comme le viaduc Henri-Bourassa sont vieillissantes, et leur entretien coûte cher au gouvernement. Selon les données fournies,5,6 milliards de dollars seront investis dans le réseau routier d'ici deux ans, dont 2,6 milliards uniquement consacrés à la conservation des structures.
Le MTQ est responsable en tout ou en partie de 5294 structures telles que des ponts, des viaducs et des tunnels.
De ce nombre, 362 nécessitent un remplacement, 263, des travaux majeurs et 942, des réparations, comme c'est le cas du pont d'étagement Henri-Bourassa.
Avec la collaboration du Soleil et de La Presse