L’urgence Cloutier-du Rivage n’est plus. Bienvenue à la nouvelle clinique de proximité multidisciplinaire.

81 patients pour la première journée de la clinique de proximité

TROIS-RIVIÈRES — La nouvelle clinique multidisciplinaire de proximité qui remplace l’urgence de Cloutier-du Rivage, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, a amorcé ses opérations en accueillant 81 patients lors de sa toute première journée, lundi. Le nombre moyen de patients qui se présentaient à l’ancienne urgence de Cloutier-du Rivage était de 53 consultations par jour.

Des 81 patients, 71 % ont été vus par l’équipe interdisciplinaire, soit l’infirmière, le travailleur social ou l’infirmière praticienne. Un médecin était sur place et a effectué quelques consultations sans rendez-vous. Rappelons qu’un médecin sera sur place du lundi au vendredi de 8 h à 17 h. Les principales consultations, en cette première journée, furent pour des problèmes musculosquelettiques, des infections des voies respiratoires supérieures ainsi que pour des problèmes dermatologiques ou urinaires.

Pour l’instant, rien n’indique que la disparition de l’urgence madelinoise crée des débordements du côté du Centre hospitalier affilié universitaire (CHAUR) de Trois-Rivières. En fait, le bilan de la semaine transitoire qui a précédé l’ouverture indique que moins de personnes ont consulté au CHAUR par rapport à la même période au cours des deux dernières années, indique le responsable de communications, Guillaume Cliche. La véritable raison de ce phénomène n’est pas encore connue et le délai est trop court, pour juger tout de suite de l’effet de ce changement dans les services, reconnaît-il. «L’impact va se calculer plus à long terme», précise-t-il.

M. Cliche rappelle que des 81 patients qui se sont présentés à la clinique, 70 % avaient un médecin de famille, «d’où l’importance de rappeler les bons réflexes de consultation, c’est-à-dire le 811 ou le médecin de famille», dit-il en précisant que plusieurs de ces patients étaient classés P-4 ou P-5 donc non urgents.

De plus en plus de GMF ont des rendez-vous adaptés à offrir en pareil cas, dit-il et se gardent toujours des plages horaires dans la journée pour les cas plus urgents chez leur clientèle et les problèmes ponctuels.

La nouvelle clinique interdisciplinaire doit toujours combler trois postes d’IPS. «Il n’y a pas assez d’infirmières praticiennes pour le nombre de postes», rappelle M. Cliche. Avant l’ouverture de la clinique «il était planifié qu’on n’ait pas l’ensemble des postes comblés. D’autres IPS qui œuvraient en Mauricie et au Centre-du-Québec se sont portées volontaires pour venir faire des gardes. Donc l’ensemble des quarts qui sont prévus pour la clinique sont remplis jusqu’aux Fêtes à peu près», indique le porte-parole.

Ce dernier rappelle que grâce à la clinique, il n’est pas toujours besoin de voir un médecin ou une IPS. «Hier (lundi) on a reçu des cas qui ont été réglés directement par l’infirmière à l’évaluation», signale le porte-parole du CIUSSS-MCQ. Il pouvait s’agir de retrait de points de suture ou de lavage d’oreilles, bref des services de santé courants. «C’est pourquoi la formule interdisciplinaire est intéressante justement», fait-il valoir. «Une personne qui se présentait à l’urgence pour un lavage d’oreilles recevra les services d’une infirmière sans qu’on ait à consulter un médecin», illustre-t-il.

La nouvelle clinique interdisciplinaire de proximité est basée sur la formule de la clinique Archimède de Saint-Vallier qui agissait plus au niveau privé, dit-il. Celle de Cap-de-la-Madeleine «est pas mal unique au niveau public», dit-il et le modèle pourrait être exporté dans d’autres régions.

Le projet Archimède avait d’ailleurs été salué par l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec en 2017.