Les heures d’opération des autobus de la STTR seront diminuées à compter du 12 avril prochain.
Les heures d’opération des autobus de la STTR seront diminuées à compter du 12 avril prochain.

80% de baisse d’achalandage: la STTR diminue ses heures d’opération

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Considérant une diminution d’achalandage de plus de 80% depuis la crise de la COVID-19, la Société de transport de Trois-Rivières diminuera ses heures d’opération à compter du 12 avril et ce, au moins jusqu’au 3 mai prochain. Une décision qui pourrait par ailleurs être prolongée en fonction de l’évolution de la crise sanitaire. Une mesure qui fait vivement réagir le syndicat.

Ainsi, à compter du 12 avril, l’horaire du samedi sera en vigueur tous les jours de la semaine, à l’exception du dimanche. Cette mesure constitue une baisse d’environ 40 % de l’offre de service actuelle.

«Depuis que la population est appelée à n’effectuer que des déplacements essentiels, nous constatons une baisse d’environ 80% de notre achalandage. Dans ce contexte, nous n’avions d’autre choix que de revoir nos opérations. Il y aura moins de fréquence sur notre réseau, mais nous optons pour une solution qui permettra tout de même aux travailleurs de bénéficier de notre service tout au long de la journée, c’est-à-dire de 6 h 45 à minuit. Notre souhait demeure de revenir au service régulier le plus rapidement possible», souligne le président de la STTR, le conseiller municipal Luc Tremblay.

L’application Transit et Google Maps seront mis à jour d’ici vendredi pour proposer les itinéraires liés aux changements d’horaires. Les clients qui n’ont pas accès aux outils technologiques pourront appeler le service à la clientèle en composant le 819-373-4533 ou consulter les horaires situés aux arrêts.

«Le nouvel horaire que nous proposons est déjà connu de notre clientèle qui empruntait le réseau pendant les fins de semaine. Les usagers pourront rapidement s’approprier les nouveaux temps de passage et cela facilitera la transition», soutient Guy de Montigny, directeur général de la STTR, qui a du même souffle remercié l’ensemble du personnel de la société de transport pour les efforts déployés pendant la crise de la COVID-19.

La STTR demande à sa clientèle de ne pas utiliser le transport en commun pour se rendre dans une clinique de dépistage ou en présence de symptômes liés à la COVID-19, et de respecter les mesures d’hygiène prônées par la Santé publique.

Syndicat 

Le syndicat qui représente les 98 chauffeurs d’autobus de la STTR s’est dit évidemment déçu de ne pas avoir pu en arriver à une entente avec l’employeur, et déplore cette décision qui, selon lui, vient directement affecter la qualité des services essentiels qui doivent être déployés par une société de transport dans le cadre d’une crise sanitaire.

«Il faut pouvoir garder notre monde et être prêt à toutes les éventualités, à répondre aux besoins qui pourraient être formulés par le milieu, à remplacer un collègue qui pourrait être infecté. Presque partout ailleurs au Québec, les sociétés de transport ont compris ce principe. Il n’y a qu’à Trois-Rivières et Saguenay qu’on décide de couper notre monde», déplore Donald Simard, président du syndicat.

Ainsi, des 98 chauffeurs, seulement les 69 permanents demeureront à l’emploi de la STTR lors de la mise en place des mesures. La balance, pour la plupart des surnuméraires sur appel, est mise à pied pour le moment, indique M. Simard. «Ce sont pourtant des chauffeurs qui travaillaient tous au moins 30 heures par semaine», constate-t-il.

M. Simard rappelle qu’en temps de pandémie, le transport en commun demeure un service essentiel, non seulement pour véhiculer les travailleurs du réseau de la santé, mais également tous ceux qui oeuvrent dans les commerces essentiels, souvent à des salaires moindres, et qui font en temps normal partie des principaux utilisateurs du réseau de transport en commun.