Jean-Charles Matteau et Aline Dugré-Matteau fêteront leur 70e anniversaire de mariage en août prochain.

70 ans de mariage pour Jean-Charles et Aline

TROIS-RIVIÈRES— Jean-Charles Matteau a été le premier gastro-entérologue à pratiquer en région, en plus d’avoir fondé la revue Le Mauricien médical et d’avoir été maire de Pointe-du-Lac. Son épouse, Aline Dugré-Matteau, l’a suivi dans différentes villes comme Paris et Philadelphie pendant plusieurs années et a élevé quatre garçons pendant que son mari travaillait de longues heures à l’hôpital. Toutefois, leur plus grand accomplissement demeure leur mariage, dont ils fêteront le 70e anniversaire prochainement.

À 96 et 92 ans, Jean-Charles Matteau et Aline Dugré-Matteau vivent dans une résidence pour personnes âgées de Trois-Rivières, où leurs enfants viennent régulièrement les visiter. Le 27 août prochain, ils célébreront leur anniversaire de mariage en compagnie notamment de leurs quatre fils, de leur petite-fille et de leurs arrière-petits-enfants. Ils se remémoreront, lors de cette soirée, la cérémonie qui s’est tenue à la cathédrale de Trois-Rivières il y a 70 ans, en 1949, un peu moins d’un an après leur première rencontre.

Cette rencontre, elle a eu lieu à l’automne 1948, lorsque le père d’Aline Dugré-Matteau, qui était médecin, a invité Jean-Charles Matteau, qui l’assistait en chirurgie, à jouer au billard chez lui. C’est celle qui deviendra plus tard son épouse qui lui a ouvert la porte à son arrivée chez M. Dugré. «Je suis allée répondre, puis c’était lui. Je l’ai trouvé cute», raconte Mme Dugré-Matteau.

Moins d’un an plus tard, le 9 juillet, jour de l’anniversaire d’Aline Dugré-Matteau, Jean-Charles Matteau a fait la grande demande. Ils se sont finalement mariés à la fin du mois d’août. Leur secret pour qu’un mariage dure aussi longtemps? La patience. «Il n’y a rien qui se fait vite», commente Mme Dugré-Matteau.

Un parcours mouvementé

C’est qu’Aline Dugré-Matteau a dû faire certains sacrifices par amour pour son époux. Alors qu’ils étaient jeunes mariés, ils ont déménagé plusieurs fois, passant par Paris, Philadelphie et Montréal pour les études de M. Matteau, et ce, avec deux jeunes enfants. Cette partie de leur vie n’a pas toujours été facile pour le couple, particulièrement à Philadelphie, où l’anglais représentait un défi de taille. «C’est un battant et il est capable de réussir de belles choses», indique Mme Dugré-Matteau à propos de son mari.

De retour à Trois-Rivières, leur ville natale, en 1955, le couple s’est finalement installé pour de bon et a eu deux autres garçons dans les années suivantes. M. Matteau, qui est d’ailleurs le frère de l’ancien maire de Trois-Rivières René Matteau, est rapidement devenu une figure importante du monde médical dans la région, alors qu’il a été le seul à y pratiquer sa spécialité pendant près de 20 ans. Celui qui a été président de la Société médicale de la Mauricie a notamment vu naître ce qui s’appelle aujourd’hui le pavillon Sainte-Marie du Centre hospitalier affilié universitaire régional. «J’ai été sur le premier bureau médical de l’hôpital actuel.»

Sa carrière de gastro-entérologue l’a amené à travailler de longues heures à l’hôpital. «Jeune marié, je travaillais sept jours sur sept», relate M. Matteau. Pendant ce temps, Mme Dugré-Matteau s’occupait des quatre enfants et du foyer. «À ce moment-là, il n’y avait pas d’aliments tout faits. Quand je faisais un repas, je faisais la soupe, le repas et le dessert, et ce, deux fois par jour. Puis quatre gars, ça mange», dit-elle en riant.

Une fois à la retraite, il y a presque 40 ans, M. Matteau a été élu maire de Pointe-du-Lac, mais est demeuré en poste pendant seulement un an. S’en est suivi l’achat d’un chalet à Saint-Alexis-des-Monts, d’une maison en Floride, d’un terrain à Saint-Étienne-des-Grès, pour finalement emménager aux Résidences du manoir il y a plus d’un an.

«C’est une nouvelle vie»

Depuis quelques mois, M. Matteau et Mme Dugré-Matteau vivent dans deux appartements différents au sein de la même résidence, un changement important dans leur vie de couple qui dure depuis plus de 70 ans. C’est que Mme Dugré-Matteau a chuté à deux reprises à l’automne dernier, ce qui a mené à une fracture des deux hanches. Depuis cet incident, Mme Dugré-Matteau réside du côté du Pavillon Rigaud, une partie de la résidence dédiée aux personnes en perte d’autonomie, alors que son mari habite toujours aux Résidences du Manoir. «C’est une nouvelle vie. On cherche comment on pourrait se retrouver, mais je pense que ce n’est pas possible», indique Mme Dugré-Matteau.

Le couple semble cependant s’adapter à cette nouvelle réalité, alors que M. Matteau et Mme Dugré-Matteau continuent de se côtoyer régulièrement. «Il vient me voir deux, trois fois par jour. On joue aux cartes», dit celle qui a joué au bridge plusieurs fois par semaine pendant 40 ans.

«Il faut avoir chacun ses intérêts. Moi, j’aimais jouer au bridge et lui, il aimait faire autre chose.» Voilà le conseil que Mme Dugré-Matteau aurait à donner aux jeunes couples d’aujourd’hui, qui vivent dans un contexte complètement différent de celui au début de son mariage. Du côté de M. Matteau, c’est plutôt le choix du partenaire qui importe. «Il faut que les gens fassent des couples qui s’adonnent», conclut-il.