L'animateur de télévision et hockeyeur à la retraite Dave Morissette (à gauche) et la députée de Champlain et ministre de la Justice Sonia LeBel, ont participé samedi matin à la Guignolée du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières.

65 000$ pour soutenir les enfants défavorisés

TROIS-RIVIÈRES — La 9e Guignolée du Centre de pédiatrie sociale de Trois-Rivières (CPSTR) a permis de recueillir plus de 65 000$, samedi, un montant qui servira à bonifier les services donnés par l’organisme, qui fait face à des besoins toujours grandissants.

«La pauvreté augmente, constate la Dre Marie-Céline Caumartin, l’une des deux pédiatres qui travaillent au CPSTR. On se rend de plus en plus compte que tout le monde peut être touché. Des fois, les gens sont en train de s’en sortir, ils se sont trouvé un nouvel emploi, mais pour une raison ou une autre, ils replongent dans la pauvreté.»

Les trois médecins et les intervenants qui travaillent au CPSTR s’assurent de dépister les problématiques qui pourraient affecter les enfants provenant de milieux défavorisés, leur offrent des services psychosociaux et psychoéducatifs et assurent un suivi auprès d’eux. Loin d’être un doublon des services offerts par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie et du Centre-du-Québec, l’organisme s’assure que ces enfants et adolescents reçoivent les services dont ils ont besoin alors que leurs parents sont parfois réticents à aller chercher de l’aide et des ressources.

«Souvent, les gens en situation de pauvreté ont peur d’être jugés ou se sentent inadéquats alors que ce sont de très bons parents, résume la Dre Caumartin. Ces gens-là ne vont pas se déplacer pour des rendez-vous au CIUSSS, il faut aller vers eux.»

La mission du CPSTR est donc également de tenter de faire le pont entre le système de santé et les personnes qui n’osent pas aller chercher les services dont ils ont besoin. Tout ça dans le but de leur offrir une chance de se développer à leur plein potentiel pour devenir des adultes qui contribueront positivement à la société.

Près de 300 bénévoles ont mis la main à la pâte samedi pour amasser des fonds auprès des automobilistes, à six intersections à Trois-Rivières, et des consommateurs, dans dix commerces trifluviens. 

L’organisme recueillait également les dons en ligne.

La députée de Champlain et ministre de la Justice, Sonia LeBel, a participé à la Guignolée samedi matin en sollicitant les automobilistes, à l’angle du boulevard des Chenaux et de la rue Williams. «C’est très important, surtout dans les milieux défavorisés, de penser à aborder les problèmes médicaux et sociaux d’une autre façon. Pour moi, c’est une cause qui est extrêmement importante», insiste-t-elle.  

À la même intersection, l’animateur de télévision et ex-joueur de hockey Dave Morissette a également prêté main-forte aux bénévoles de la Guignolée. «Je suis descendu de Montréal exprès pour ça, indique-t-il. Je suis content d’être là, de rencontrer les gens et de voir à quel point ils sont bons et généreux. Ça m’impressionne tout le temps.»

Besoins en évolution

Le CPSTR a également dû s’adapter face à une autre conséquence de la pauvreté, soit le déplacement des personnes à faible revenu vers d’autres quartiers de Trois-Rivières en raison de l’augmentation du coût de leur loyer. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles l’organisme a ouvert un point de service au Cap-de-la-Madeleine, en septembre dernier. «Il y a eu un peu plus de pression sur les loyers et beaucoup de familles se sont déplacées vers le Cap-de-la-Madeleine», explique Émilie Fleurent-Auger, coordonnatrice clinique du CPSTR.

L’offre de services est elle aussi en constante évolution, avec l’ajout d’activités destinées autant aux enfants qu’aux adolescents. Parmi ces services, notons des ateliers d’art-thérapie et des activités destinées aux adolescents. Par ailleurs, si les services du CPSTR s’adressent aux enfants de 0 à 14 ans, l’organisme d’abandonne pas les adolescents plus âgés pour autant. Le suivi se poursuit tant que les besoins sont présents. «Il y a des adolescents qui, même quand ils ont grandi et qu’ils sont devenus parents, viennent quand même profiter de l’accompagnement, même s’ils ont déjà fait un bon bout de chemin», atteste la Dre Caumartin.

«Afternoon tea» à Shawinigan

Le Centre de pédiatrie sociale de la Maison d’entraide pour familles Coude à Coude, à Shawinigan, a lui aussi participé à la Guignolée des centres de pédiatrie sociale menée partout au Québec, en organisant un «afternoon tea»» dans ses bureaux. Ouvert en février dernier, l’organisme a profité de cette journée pour inviter les gens à visiter ses locaux tout en venant siroter un thé et déguster des scones, sandwiches et pâtisseries confectionnés sur place.

«C’est un bénévole qui a eu l’idée de combiner l’activité de portes ouvertes qui a lieu dans chaque centre de pédiatrie sociale au Québec et la campagne de financement, explique le Dr François Chrétien, directeur médical du nouveau centre. C’est aussi un hommage aux racines anglaises de Shawinigan, avec le ‘‘five o’clock tea’’.»

L’activité a rassemblé 144 visiteurs et a permis d’amasser près de 10 000$ lors de cette première édition qui ne sera fort probablement pas la dernière. «On essaie de créer une nouvelle tradition, explique le Dr Chrétien. Les gens semblent avoir vraiment apprécié, ils nous en parlent en bien. C’est très accrocheur, comme idée.»

Outre le financement, l’équipe du nouveau centre de pédiatrie sociale a profité de l’événement pour recueillir le nom de personnes qui se sont montrées intéressées à devenir bénévoles pour l’organisme.