Ghislain Arsenault (à gauche), bénévole depuis 41 ans pour l’Escadrille canadienne de plaisance de Trois-Rivières, et Thierry Dhuyser, commandant de l’Escadrille.

55 ans à encadrer et accompagner les plaisanciers

Trois-Rivières — L’Escadrille canadienne de plaisance de Trois-Rivières fêtait vendredi ses 55 ans, au Musée Boréalis. En plus de célébrer cet anniversaire, l’organisation a aussi souligné l’implication d’un de ses bénévoles.

Encore aujourd’hui, l’Escadrille trifluvienne, la première organisation francophone de ce genre à avoir été fondée, compte 175 membres actifs. Leur mission: former les nouveaux plaisanciers et promouvoir la sécurité nautique.

«On offre des cours de navigation, de météo et de cartographie, entre autres, indique le commandant Thierry Dhuyser. La carte de conducteur qu’on remet aux gens qui suivent notre formation est même reconnue aux États-Unis.»

Ces formations sont toutes données par les membres de l’Escadrille, des bénévoles, qui se chargent également de faire des vérifications de l’équipement des plaisanciers. L’organisation trifluvienne souhaitait d’ailleurs honorer l’un d’eux pour son implication, vendredi: Ghislain Arsenault, membre actif depuis 41 ans. Ce passionné de l’enseignement donnait, la semaine, des cours de chimie au Cégep de Trois-Rivières, et dans ses temps libres, divers cours aux plaisanciers.

«Ces dernières années, j’ai surtout donné des cours de carte marine et de radio marine, raconte M. Arsenault. Aujourd’hui, je suis directeur de la Fondation des Escadrilles canadiennes de plaisance, qui siège à Toronto.»

Le bénévole de carrière s’est également fait connaître dans la région pour son rôle de juge lors de nombreux tournois de tir à l’arc, au Québec et à l’international. Il a d’ailleurs été intronisé au Temple de la renommée sportive de la Mauricie, en octobre 2017. Il a par ailleurs été membre de la Garde côtière auxiliaire. Il a donc été formé pour venir en aide à d’autres plaisanciers en détresse lorsque l’intervention de la Garde côtière canadienne n’est pas requise, pendant plusieurs années.

Formations plus ciblées

Selon les dires de M. Arsenault, l’Escadrille de Trois-Rivières serait l’une des plus actives au pays. Mais pour conserver ce titre, le commandant Dhuyser reconnaît qu’elle a dû s’adapter à son temps.

«On a traversé une crise existentielle, il n’y a pas si longtemps, parce que les gens ne voulaient plus suivre un cours qui dure longtemps et qui touche à tous les aspects de la navigation, explique-t-il. Les gens voulaient des formations plus pointues, sur des aspects spécifiques de la navigation. Il a fallu adapter nos cours en conséquence.»

Malgré cette «crise existentielle», le commandant assure que l’Escadrille se porte bien, avec un nombre de membres qui reste relativement constant. «Les gens ont encore la passion de la navigation. Tout le travail accompli par nos bénévoles montre que l’intérêt perdure. C’est une belle continuité», se réjouit M. Dhuyser.

La passion de Ghislain Arsenault est en effet toujours palpable, même si son âge et sa santé pourraient le forcer à passer moins de temps sur l’eau. «J’ai un bateau depuis 1978 et je navigue toujours, souligne-t-il. Mais je commence à avoir des problèmes de santé qui font que je vais peut-être remettre des choses en question.»

S’il en venait à ne plus pouvoir hisser le pavillon de son bateau, Ghislain Arsenault pourra au moins se consoler en se rappelant le nombre de personnes qui peuvent le faire grâce, en partie, à lui, et à l’Escadrille qu’il a contribué à garder active.