Un maximum de 50 fidèles peuvent assister à une messe à la basilique Notre-Dame-du-Cap, un édifice religieux qui compte pourtant 1600 places assises.
Un maximum de 50 fidèles peuvent assister à une messe à la basilique Notre-Dame-du-Cap, un édifice religieux qui compte pourtant 1600 places assises.

50 fidèles maximum… même dans une basilique

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — D’une capacité de 1600 places assises, la basilique du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap n’a jamais eu l’air aussi vide qu’actuellement, alors que les messes sont tenues devant seulement 50 fidèles. Déjà en mauvaise posture financière avant la pandémie, de nombreuses paroisses voient maintenant quant à elles une diminution importante des revenus s’accélérer avec la pandémie.

Le recteur du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, Mgr Pierre-Olivier Tremblay, souhaite que Québec module cette restriction du nombre de fidèles à l’intérieur des églises en fonction de la grandeur du bâtiment, comme c’est le cas dans la province voisine.

«En Ontario, on permet d’accueillir 30 % de la capacité d’un lieu de culte avec un maximum de 250 personnes. Si l’église est plus petite, on peut accueillir moins de fidèles, mais si c’est une basilique de 1600 places comme ici, il n’y a aucun problème avec 250 personnes de respecter la distanciation physique», affirme Mgr Pierre-Olivier Tremblay en entrevue au Nouvelliste.

«Les théâtres peuvent continuer avec 250 personnes. Pourquoi pas les lieux de culte? C’est inexplicable.»

Celui qui est aussi évêque auxiliaire de Trois-Rivières ajoute que l’assemblée des évêques du Québec souhaite rencontrer le gouvernement afin de faire valoir leur point de vue. «Ce qui est prioritaire pour nous, c’est la sécurité de nos gens. Nous avons été très collaborateurs avec la Santé publique», précise le recteur d’un des plus importants lieux de pèlerinage catholique au Canada.

«Quand les lieux de culte respectent les protocoles sanitaires, il n’y a pas de problème. […] Il n’y a aucune éclosion dans nos lieux de culte. On ne veut pas des privilèges, on demande simplement d’être entendu sur notre réalité.»

Les offices affichent rapidement «complet» lorsque le nombre de personnes à l’intérieur est limité à 50.

Mgr Pierre-Olivier Tremblay estime que la pratique religieuse peut s’avérer bénéfique pour plusieurs croyants, alors que notre société est plongée depuis six mois dans une profonde période d’instabilité et d’incertitudes.

«Dans le contexte que nous vivons, beaucoup de nos gens ont besoin de réconfort, d’encouragements. Et s’ils le font dans un espace qui est sécurisé, ça aide à tout le monde», ajoute l’évêque auxiliaire du Diocèse de Trois-Rivières et recteur du sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

«On n’est pas un lieu de danger, on est une contribution pour la société.»

Finances des églises: «Des chiffres qui donnent le vertige»

Déjà dans des situations financières précaires, les églises ont perdu énormément de revenus depuis le début de la pandémie. «Au sanctuaire, on vit avec les dons, les quêtes et les gens qui allument des lampions», explique Mgr Pierre-Olivier Tremblay.

«Durant les trois mois où nous étions fermés, on n’avait presque pas d’entrées d’argent et on était à personnel réduit. Ce qui nous a permis de survivre, ce sont les subventions salariales du fédéral. Et c’est encore le cas.»

Pour la grande majorité des paroisses, la situation va devenir «très, très, critique», soutient l’évêque auxiliaire du Diocèse de Trois-Rivières. À cela s’ajoute l’arrivée de la saison froide et bien sûr, des factures de chauffage salées. Certaines églises pourraient même, alors que seulement 50 fidèles peuvent assister aux offices, décider de fermer pour l’hiver, afin d’atténuer les pertes financières.

«Chaque conseil de fabrique devra regarder ce qu’il peut faire. Ce ne sont pas des décisions qui se prennent en haut, au contraire. Mais chaque milieu va être confronté à des chiffres qui donnent le vertige. Ça, c’est sûr», avoue Mgr Tremblay.