L’enseignante Annie Gagnon de l’école Marguerite-d’Youville se prépare à recevoir son groupe.
L’enseignante Annie Gagnon de l’école Marguerite-d’Youville se prépare à recevoir son groupe.

48,5% des élèves feront un retour à Chemin-du-Roy

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — C’est finalement 48,5 % des enfants du préscolaire et du primaire qui seront de retour graduellement dans les 54 établissements primaires de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, les 11, 12 et 13 mai. Cela représente 5321 élèves sur 10 963. Le taux, d’un établissement à l’autre, varie de 30 % à 72 %, indique le directeur général, Luc Galvani. 

Rappelons qu’ils seront 55 % à la Commission scolaire La Riveraine et 48 % à la Commission scolaire de l’Énergie. Mises à part les écoles privées, un élève sur deux du préscolaire et du primaire sera donc sur les bancs d’école, la semaine prochaine, dans la région.

Les parents avaient jusqu’au 4 mai, à midi, pour confirmer la présence de leur enfant à l’école. «Si un parent lève la main pour demain ou après-demain, cet élève-là pourra réintégrer sa classe, mais seulement le 19» (le 18 étant le congé de la Journée des patriotes), explique M. Galvani. Si 4 ou 5 élèves veulent réintégrer l’école, cela pourrait en effet signifier l’ajout d’un groupe avec toute la logistique que les mesures sanitaires imposent, explique-t-il.

Une classe désinfectée, des bureaux distanciés et du matériel scolaire. Il ne manque que les élèves.

Dans cette commission scolaire, «l’enjeu principal en ce moment n’est pas au niveau du corps enseignant», indique M. Galvani. «Là où l’on a vraiment un enjeu, c’est au niveau des services de garde», dit-il.

Ce phénomène est lié aux demandes d’exemption, car 183 de ces demandes ont été acceptées parmi le personnel (alors qu’environ 300 demandes avaient été faites), précise-t-il, mais surtout lié au fait qu’il devra y avoir 1 employé pour 10 enfants en service de garde.

«Ça prend plus de bras», dit-il, mais «on ne manquera pas de monde. On travaille toujours en collaboration avec les trois syndicats, soutien, professionnels et enseignants, pour leur dire où on en est au quotidien», explique-t-il. Des discussions sont en cours, précise-t-il. Mardi, il manquait environ 90 personnes pour peaufiner le service de garde sur 54 bâtiments. «Ce n’est pas beaucoup», assure-t-il. «On a près de 4000 employés à la Commission scolaire», fait-il valoir en assurant que ça ira. «On essaie de garder les gens qui sont le plus près de ce service-là.»

Au niveau des titulaires de classe, ajoute M. Galvani, «il n’y pas grand trou». Si un titulaire devait se retirer pour des raisons de santé, «on va faire affaire avec un prof qui était déjà rattaché à ce groupe-là pour ne pas que l’élève vive un trop grand changement», dit-il.

Tel que le demande le ministère, la Commission scolaire est dans l’obligation de fournir un masque à ceux et celles qui veulent en porter un. Dans les classes où se trouvent des élèves en trouble de comportement ou en déficience grave, comme à l’école Marie-Leneuf par exemple, le personnel pourra porter jaquette, gants, masque et visière.

À la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, le transport scolaire a été demandé par 21 % des élèves qui reviendront en classe. Mardi, bonne nouvelle, «notre transporteur nous a rassurés sur le fait que presque l’entièreté de ses chauffeurs seront sur place lundi matin», se réjouit M. Galvani. Le nombre de véhicules, pour l’instant, répond à la demande, ajoute-t-il.

Quinze groupes d’élèves du troisième cycle seront scolarisés dans deux des écoles secondaires, soit Les Pionniers et Chavigny, de la Commission scolaire.

Les écoles bénéficieront également d’une augmentation des heures de service en entretien ménager afin d’assurer la désinfection plus fréquente des bâtisses.

«Toutes les équipes du centre administratif travaillent en étroite collaboration avec les directions d’écoles afin d’organiser un retour à l’école sécuritaire pour tous les élèves», indique le directeur général en ajoutant que tous les moyens seront pris afin d’assurer également la distanciation sociale.

Pour certains employés qui avaient demandé une exemption, mais dont les critères d’admissibilité ne correspondaient pas à ceux qui ont été édictés par le gouvernement, «on essaie de faire des aménagements d’horaires. On va prioriser qu’ils fassent un télétravail», dit-il.

Luc Galvani constate que «les gens sont contents de faire un retour au travail. C’est sûr qu’ils veulent s’assurer que l’on prenne les bonnes mesures de protection pour assurer un retour sécuritaire au travail. Je pense qu’à date, tout le monde est très rassuré», dit-il. «Toutes les classes vont être équipées de Purell. Il va y avoir un ménage supplémentaire qui va se faire de jour. Oui, il reste des gens qui sont inquiets, mais c’est très minime», dit-il, surtout depuis que les masques sont mis à la disposition des employés.

Du côté du secteur de la formation professionnelle, la situation est différente et les élèves doivent tous retourner en classe. Dans ce secteur, toutes les cohortes ne finissent pas au mois de juin. Certaines cohortes démarrent en janvier et finissent en octobre de l’année suivante.

La formation professionnelle étant séquentielle, le retour en classe pour poursuivre les études est toujours conditionnel aux dernières compétences ou modules qui ont été complétés auparavant. Une personne qui n’entre pas le 11 mai ne pourra être réintégrée la semaine du 19 ou du 25 dans le même groupe. Elle pourra toutefois réintégrer son cours dans un autre groupe lorsque ce groupe aura atteint le module où elle était rendue. Dans certaines formations, comme charpenterie-menuiserie, plusieurs cohortes démarrent chaque année à des moments différents.

Ce n’est toutefois pas le cas pour toutes les formations. En photographie, par exemple, les personnes incapables de revenir le 11 mai pourraient revenir, par exemple, dans trois semaines si elles ne le peuvent avant.

En formation professionnelle aussi on comptera 12 élèves par cohorte et la distanciation sera prioritaire. Si les groupes sont plus gros, des groupes supplémentaires devront être formés et les horaires ajustés, quitte à faire des cohortes de soir.