Quelque 4000 personnes sont parties de l’UQTR pour se rendre jusqu’au centre-ville.

4000 manifestants envahissent le centre-ville

Trois-Rivières — Quelque 4000 personnes de tous les groupes d’âge ont pris part à la grande manifestation pour la justice climatique à Trois-Rivières, vendredi.

En cette journée où des gens du monde entier participaient au mouvement de grève, les manifestants régionaux ont littéralement envahi, dans l’ordre et la discipline, le centre-ville de Trois-Rivières, en après-midi, par les rues des Forges et Notre-Dame-Centre. De nombreuses personnes s’accordent pour dire qu’il s’agit de la plus grande manifestation jamais tenue dans la région.

On est venu des quatre coins de la Mauricie pour y assister. Linda Bilodeau et Doris Poirier, deux retraitées, se sont même déplacées de La Tuque pour y être. «On se rend compte, d’une année à l’autre, que ce ne sont plus les étés qu’on avait et que nos hivers ne sont plus pareils. Il faut aussi encourager les jeunes», fait valoir Mme Poirier.

C’est le Cégep de Shawinigan qui aura lancé les activités, tôt en matinée par une mobilisation juste avant les cours.

Au Cégep de Trois-Rivières, tout au long de l’avant-midi, quelque 400 étudiants et employés ont participé à divers ateliers afin de discuter des moyens concrets à entreprendre pour faire une différence face aux défis environnementaux.

Les manifestants de divers horizons se sont ensuite réunis à la place d’accueil Gilles-Boulet de l’UQTR où des discours étaient au menu, notamment par l’AGEUQTR et l’Intersyndicale.

Lorsque la parole a été cédée au recteur, Daniel McMahon, l’harmonie s’est toutefois soudainement rompue. Au moment où il était en train de prononcer son discours, une étudiante membre du collectif La Planète s’invite à l’université, Camille Buisson, s’est élancée vers la console de son et a décidé de débrancher l’alimentation du micro.

La jeune femme et une autre membre du collectif ont expliqué au Nouvelliste qu’une entente avait été prise entre le collectif La Planète s’invite à l’Université et l’AGEUQTR pour que le recteur ne prenne pas la parole lors de cet événement. On ne voulait pas que l’Université ait le mérite de cet événement, ont expliqué les deux étudiantes, car la journée était portée par les étudiants, des groupes environnementaux, organismes communautaires et syndicats

Une étudiante membre du collectif La Planète s’invite à l’université a volontairement débranché le micro du recteur pendant son discours.

Jimmy Lacourse, président de l’AGEUQTR, a confirmé que l’AGEUQTR avait pris une entente comme quoi le recteur ne prendrait pas la parole. «Ce sont les membres étudiants qui voulaient que le recteur ne prenne pas la parole», explique-t-il en ajoutant qu’il n’en savait pas plus.

Le recteur McMahon a indiqué qu’il n’était pas au courant de cette entente-là. «Ce que j’ai dit (au moment d’être interrompu), c’est que toute la communauté est derrière la marche et on marche pour le climat. Si l’on veut faire changer les choses, c’est le poids du nombre», plaide-t-il en assurant qu’il n’en veut pas à l’étudiante qui a tiré sur le fil.

De nombreuses autres manifestations ont eu lieu tout au long de la journée, notamment à Saint-Alexis-des-Monts où les élèves de l’école des Boisés et des citoyens ont nettoyé les berges de la rivière du Loup.

La manifestation s’est déroulée pacifiquement.

À Nicolet, les élèves du CNDA, le personnel de l’école et les parents, de même que des citoyens ont marché dans les rues de la ville.

Non seulement les étudiants de diverses institutions et le public, mais également de nombreux politiciens, ont pris part à ces diverses activités. Ce fut le cas du libéral François-Philippe Champagne et de la candidate du Parti vert, Stéphanie Dufresne, de la libérale Valérie Renaud-Martin, du conservateur Yves Lévesque, des candidats NPD Robert Aubin et Barthélémy Boisguérin, de même que des bloquistes Yves Perron, Louise Charbonneau et Nicole Morin. Le maire Jean Lamarche s’est également mêlé à la foule

En après-midi, les manifestants, au nombre d’environ 4000, ont convergé vers le parc Champlain au centre-ville de Trois-Rivières où d’autres activités de sensibilisation étaient prévues.

Ils ont d’abord déambulé lentement dans les rues du centre-ville en scandant divers slogans, le tout pacifiquement. Une immense banderole où l’on pouvait lire «Pour la justice climatique», précédait le convoi.

Plusieurs syndicats étaient présents et sont venus donner un coup de main pour assurer le bon déroulement de la marche.

De nombreux organismes communautaires étaient également de la partie dont le Comité Solidarité Trois-Rivières. «C’est l’enjeu de l’heure», signale le directeur général, Jean-Marc Lord. «Il est grand temps de se lever.»

Des discours ont été prononcés au parc Champlain, après l’arrivée des manifestants. Les projets de pipeline, le projet d’usine d’urée de Bécancour, la fracturation hydraulique et autres projets en lien avec les hydrocarbures ont été grandement décriés au cours de la manifestation.

Comme on pouvait le lire sur une des innombrables pancartes des manifestants: «De la bière, du pot, du crack, mais pas de pétrole.»