30 mois de prison pour avoir abusé sexuellement d’une adolescente

Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Joël Guillemette, un résident du Centre-de-la-Mauricie, s’est vu imposer une peine de 30 mois de pénitencier pour avoir abusé sexuellement d’une adolescente en situation de vulnérabilité et pour avoir produit de la pornographie juvénile.

Il s’agit d’ailleurs d’une première peine de prison pour cet homme de 53 ans, qui n’a aucun antécédent judiciaire et qui a toujours été un actif pour la société. Lors du prononcé de la sentence, il s’est dit désolé et a promis de ne plus jamais se retrouver devant le tribunal. «Je n’ai jamais été un homme comme ça», a-t-il déclaré.

Les délits sexuels sont survenus entre juillet et août 2019 dans la roulotte de Joël Guillemette. Tel que l’a expliqué la procureure de la Couronne, Me Audrey-Anne Boily, il a profité de la vulnérabilité de l’adolescente pour l’emmener à cet endroit et se livrer à des attouchements sexuels sur elle à deux reprises. La première fois, il lui a touché les seins et s’est frotté sur elle alors qu’il était nu. Il a arrêté lorsqu’elle s’est mise à pleurer.

La seconde fois, il l’a déshabillée, a caché ses yeux avec un bandeau et l’a couchée sur un lit. Il s’est ensuite livré à une pénétration digitale et s’est masturbé sur elle. Encore une fois, ce sont les pleurs de la victime qui ont mis un terme aux attouchements.

Par ailleurs, Joël Guillemette avait installé une caméra dans la roulotte pour filmer à son insu l’adolescente et les actes sexuels. C’est un membre de la famille de M. Guillemette qui a découvert la caméra et qui a alerté les autorités policières en visionnant le contenu. Outre le second événement d’attouchements sexuels mentionné précédemment qui avait été filmé, on y voyait également le prévenu en train de se masturber à côté de la victime alors qu’elle dormait et une scène de nudité avec celle-ci, toujours à son insu.

L’individu avait ensuite été arrêté et avait fait une déclaration incriminante, avouant même être tombé en amour avec la victime.

Lors de son retour devant le tribunal vendredi, au stade de son procès, Joël Guillemette a décidé de régler ses dossiers et de plaider coupable à des chefs d’attouchements sexuels et de production de pornographie juvénile. Il y a eu un arrêt conditionnel des procédures sur les autres accusations initialement portées contre lui.

Si, au départ, les avocates avaient envisagé demander un rapport présentenciel pour guider le tribunal sur la peine à prononcer tout en sachant qu’il y a des peines minimales d’un an de prison pour chacune des infractions, Joël Guillemette a plutôt fait savoir qu’il était prêt à aller en prison immédiatement.

Les discussions entre Me Boily et l’avocate de la défense, Me Audrey Bachand, ont donc donné lieu à une suggestion commune de sentence de 30 mois, qui a été entérinée par le juge Jacques Lacoursière.

En tenant compte de sa détention provisoire, Joël Guillemette devra donc purger 28 mois et sept jours de prison à partir de maintenant. Il sera inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie et devra se soumettre à plusieurs conditions pendant cinq ans afin de l’empêcher de se trouver en présence et de communiquer avec des jeunes de moins de 16 ans.