30 mois de prison à Brian Mc Enroe pour extorsion

TROIS-RIVIÈRES — Brian Mc Enroe, un individu de Saint-Gabriel-de-Brandon, a été condamné à une peine de 30 mois de prison pour avoir commis une extorsion à Trois-Rivières en novembre 2017.

La preuve a révélé que Mc Enroe est entré en contact avec un commerçant œuvrant dans le domaine du remorquage afin de récupérer une somme de 36 000 $. Pour ce faire, il a dit faire partie d’un gang criminalisé. Or, comme l’homme se disait incapable de verser ladite somme, il a été menacé. Mc Enroe lui a notamment laissé entendre qu’il pouvait perdre un doigt ou qu’un «gros nègre de Floride» allait descendre pour lui faire un mauvais parti. Il lui a également demandé s’il avait conscience de ce qui pouvait lui arriver pour une somme pareille. Il l’a même prévenu qu’il risquait de se retrouver dans un fossé s’il portait une plainte. Du coup, il l’a averti qu’il lui laissait une semaine pour payer et qu’à chaque fois qu’il serait obligé de revenir, cela lui coûterait 1000 $ de plus.

Bref, ces menaces ont eu pour effet de faire craindre le pire à la victime. Une plainte a donc été portée aux policiers et Mc Enroe a été arrêté et accusé d’extorsion. Il a par la suite été déclaré coupable.

Lors des plaidoiries sur sentence, le procureur de la Couronne, Me Jean-Marc Poirier, a réclamé une peine de trois ans de prison, moins la détention préventive estimée à 16 mois et 23 jours. L’avocat de la défense a pour sa part suggéré le temps déjà passé derrière les barreaux.

Le juge Simon Ricard a plutôt conclu, mercredi, que la sentence devait répondre aux objectifs de dénonciation et dissuasion et assurer la protection du public. En effet, Brian Mc Enroe est un individu qui compte de nombreux antécédents judiciaires en matière de crimes contre la propriété et de crimes contre la personne. Il a d’ailleurs été condamné dans le passé pour extorsion. Qui plus est, il a déjà écopé d’une peine de huit ans de prison en 2005 pour une invasion de domicile. Selon le juge, il est clair que cette période d’incarcération n’a pas eu l’effet dissuasif escompté.

D’ailleurs, cette cause compte peu de facteurs atténuants. Certes, Mc Enroe a exprimé des regrets dans le cadre du processus judiciaire mais ces derniers n’ont pas été considérés comme très sincères par le juge puisque lors de son arrestation, il avait traité la victime de «piece of shit».

Le juge retient par contre qu’il n’y a pas eu de violence physique lors de l’extorsion, seulement des menaces suffisamment importantes pour que la victime ait peur d’y passer.

Parmi les facteurs aggravants, il y a les antécédents judiciaires, la préméditation du délit (Mc Enroe a dû s’y prendre à deux reprises pour rencontrer la victime personnellement), et sa minimisation du niveau de violence verbale et des craintes qu’il a pu susciter.

C’est pourquoi il a été condamné à 30 mois de prison. En tenant compte de la détention préventive, il lui reste donc 13 mois et 7 jours à purger. Il sera ensuite sous probation pendant trois ans avec des conditions à respecter, dont celles lui interdisant de contacter la victime et sa mère, et de se trouver à Trois-Rivières sauf pour traverser la ville via les autoroutes 40 et 55. Il lui est également interdit d’avoir des armes en sa possession.