Le président de la CAVP, Alain Gélinas
Le président de la CAVP, Alain Gélinas

280 M$ pour la pyrrhotite: «On a besoin de cet argent-là»

Trois-Rivières — La Coalition d’aide aux victimes de la pyrrhotite a poursuivi ses rencontres auprès des élus, mercredi, en rencontrant cette fois les députés du Bloc québécois de la région. Les députés Louis Plamondon, Louise Charbonneau et Yves Perron ont indiqué aux représentants de la CAVP qu’ils allaient transmettre les requêtes de la CAVP au prochain caucus du Bloc, dans quelques jours.

La CAVP, rappelons-le, veut mettre la main, pour les victimes de la pyrrhotite, sur les 280 M$ que SNC-Lavalin a récemment été condamnée à payer à la suite de fraudes commises en Libye. La CAVP avait eu une rencontre à ce sujet, rappelons-le, au bureau de comté du ministre François-Philippe Champagne, mardi. Elle entend aller chercher tous les appuis possibles pour soutenir sa demande.

Le président de la CAVP, Alain Gélinas, indique que les 280 M$ peuvent provenir d’ailleurs, au gouvernement fédéral, mais qu’il faut obtenir coûte que coûte 280 M$, peu importe sa provenance et rapidement, dit-il.

C’est que présentement, il reste un nombre encore inconnu de victimes de la pyrrhotite en Mauricie qui ne font pas faire leurs travaux tout simplement parce qu’ils n’ont pas les moyens d’emprunter à cette fin.

M. Gélinas estime que le programme qu’avait instauré Québec au début de la crise et qui permettait aux propriétaires lésés d’obtenir un prêt de 75 000 $ pour faire refaire leurs fondations doit être mis à jour. 

Selon lui, il a desservi ceux et celles qui avaient les moyens d’emprunter pour combler la différence qu’il fallait dépenser pour exécuter les travaux. 

Depuis, c’est le silence radio de la part des autres victimes. Celles qui n’ont pas les moyens d’emprunter aux banques n’ont pas les moyens non plus de faire ces travaux, même avec les 75 000 $ gouvernementaux.

Alain Gélinas se souvient qu’au tout début, avant l’arrivée de ce programme il y a 10 ans, on pouvait s’en tirer pour environ 45 000 $ pour démolir les fondations d’un bungalow et faire couler du nouveau béton. Depuis l’arrivée de l’aide financière de Québec et d’Ottawa, peu après, les prix sont montés en flèche, passant à 90 000 $ à 100 000 $, voire 150 000 $.

Il reste présentement 17 M$ de subventions dans les coffres pour faire réparer les maisons, mais personne n’a les moyens d’en profiter, déplore M. Gélinas. Ce dernier estime que les gouvernements doivent s’adapter, non seulement en remettant plus d’argent dans cette crise, mais en rendant cet argent plus accessible aux victimes. «On a besoin de cet argent-là», dit-il. «Il faut changer le programme.»

Les victimes ont donc encore besoin d’aide, car il faut que les tests de pyrrhotite soient faits afin d’obtenir un portrait clair de la situation et connaître enfin le coût réel des dommages.

Alain Gélinas a qualifié sa rencontre avec les trois députés du Bloc, mercredi, de bonne. «On est allé en profondeur», dit-il.

Un point de presse des trois députés devait avoir lieu à 15 h 30, mercredi, par la suite, mais a été annulé à la dernière minute. Joint par téléphone en soirée, le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon,
estime que la rencontre a permis «d’actualiser les demandes des victimes».

«Il reste mille résidences où l’évaluation reste à faire pour savoir si oui ou non elles ont de la pyrrhotite. Ça coûte dix millions et la coalition ne peut pas l’utiliser sans l’autorisation des deux gouvernements. Ça serait une affaire de rien de la donner», soutient le député. «Ça serait une bonne chose, car ça permettrait d’avoir le portrait exact du problème.»

Le président de la CAVP avait également prévu une rencontre avec le député Simon Allaire, son interlocuteur principal avec le gouvernement du Québec, ce mois-ci. Toutefois la rencontre a été remise au 3 février. 

Le député, prévient-il, devra arriver à la rencontre avec ce qu’il faut pour s’assurer que les fameux tests de pyrrhotite puissent être réalisés sous peu. 

«Ça me prend un oui, le 3 février. Je vais l’appeler avant pour lui dire», prévient M. Gélinas.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle