Julie Balleux, bénévole, et Isabelle Bordeleau, agente de développement du territoire à la MRC de Maskinongé, donnent de leur temps pour récolter des légumes laissés pour compte.
Julie Balleux, bénévole, et Isabelle Bordeleau, agente de développement du territoire à la MRC de Maskinongé, donnent de leur temps pour récolter des légumes laissés pour compte.

21 tonnes de «fonds de champs» pour les démunis [VIDÉO]

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
Saint-Étienne-des-Grès — Une dizaine de bénévoles se sont réunis sous les nuages mardi après-midi à la Ferme Éthier pour participer à une activité régionale nommée «Mauricie récolte», une activité qui consistait à récolter «les fonds de champs» pour faire en sorte d’éviter le gaspillage alimentaire et aider les organismes qui viennent en aide aux démunis.

Ce sont plus de 21 tonnes d’aliments qui ont été récoltés en 2020 par cette initiative, une fierté pour l’agente de développement du territoire de la MRC de Maskinongé, Isabelle Bordeleau.

«Trente-cinq organisations ont profité de la récolte de cette année. C’est le regroupement de trois territoires qui ont décidé de faire du glanage, soit parce que ce n’était pas rentable pour les producteurs de ramasser les légumes, soit parce qu’ils manquaient de personnel ou pour d’autres raisons», explique-t-elle, dressant le bilan de plus d’une cinquantaine d’activités de récolte effectuées lors des derniers mois.

La dernière activité de la saison, tenue à Saint-Étienne-des-Grès mardi, visait surtout la récolte de courges et de citrouilles. Lancée il y a trois ans par l’organisme Maski récolte, cette initiative regroupait cette fois Des Chenaux récolte ainsi que Trois-Rivières récolte, une première, dans l’objectif avoué d’étendre le projet à la grandeur de la région.

«On veut vraiment faire en sorte que toutes les MRC de la région soient impliquées pour tenir ce genre d’activité dans chacune d’elles. C’est une opération qui est gagnante pour tout le monde», lance, enthousiaste, Magaly Macia, chargée de projet pour Des Chenaux récolte.

Les bénévoles s’activaient mardi après-midi à la Ferme Éthier afin de récolter des légumes qui, autrement, iraient à la poubelle.

Sa collègue Suzie Paquin de Maski récolte abonde dans le même sens. «On s’est alliés et on a amené nos bénévoles respectifs. On souhaite en faire une activité qui se continue dans le temps, parce que les gens participent à un moment de solidarité.»

François Bernier, cofondateur de La Brouette, qui synchronise la portion chapeautée par Trois-Rivières récolte, raconte que l’idée s’est répandue après avoir vu tous les surplus générés par les producteurs de la région.

«Les producteurs comptent énormément de surplus pour diverses raisons et les organismes ont de grands besoins d’aliments frais. Ça permet de réduire le gaspillage alimentaire et de valoriser ces légumes-là. Il n’y a que du positif», se réjouit-il.

Julie Balleux et Annie Lemire, deux bénévoles qui se sont déplacées mardi après-midi, assuraient le faire parce que le projet correspond à leurs valeurs.

«Le bénévolat tisse des liens. L’anti-gaspillage alimentaire, c’est très important pour moi», souligne la première.

«C’est une belle cause. Sinon, la nourriture irait à la poubelle. Cette année, il n’y a pas beaucoup d’occasions d’être bénévole. En plus, c’est dehors, c’est parfait», continue la seconde.

Les denrées amassées ont été placées dans un camion destiné à Moisson Mauricie – Centre-du-Québec.