De nombreux Atikamekw demeurent à Trois-Rivières, rappelle le Centre d'amitié autochtone de La Tuque.
De nombreux Atikamekw demeurent à Trois-Rivières, rappelle le Centre d'amitié autochtone de La Tuque.

18 millions $ pour l'hébergement des étudiants: une bonne nouvelle pour les Centres d'amitié autochtones de la région

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Vendredi, le gouvernement du Québec annonçait l'octroi d'une aide financière de 18,4 millions $ pour la construction de trois centres d'hébergement pour les étudiants autochtones hors réserve. Une nouvelle qui réjouit les Centres d'amitié autochtone de la région, puisqu'un de ces centres doit être aménagé à Trois-Rivières.

La construction du centre de Trois-Rivières avait déjà été annoncée en juillet 2019. Outre la capitale régionale de la Mauricie, il y en aura un à Sept-Îles. La ville où sera aménagé le troisième centre n'est pas encore déterminée. Ces projets seront réalisés par la Société immobilière du Regroupement des centres d'amitié autochtone du Québec (SIRCAAQ). 

Pour Maud Flamand, directrice générale du Centre d'amitié autochtone de Trois-Rivières, il s'agit d'une excellente nouvelle. 

«On est très content de pouvoir aller de l'avant avec ce projet. Ça fait depuis 2017 qu'on travaille là-dessus», mentionne-t-elle. 

Bien qu'elle ne soit pas au fait de tous les détails du projet, puisqu'elle est en poste depuis seulement deux semaines, Mme Flamand assure que les besoins d'hébergement pour les étudiants autochtones sont grands. 

«Il y a des étudiants qui ont beaucoup de misère à trouver un logement adéquat. Avant, quand j'étais agente de soutien aux étudiants postsecondaire, je le voyais beaucoup. Il faut dire que plusieurs d'entre eux arrivent avec leur famille, donc ça prend un logement adapté à leur réalité», atteste-t-elle. 

Son homologue au Centre d'amitié autochtone de La Tuque, Laurianne Petiquay, se réjouit elle aussi de cette annonce. 

«C'est une très bonne nouvelle pour les gens des Premières Nations vivant en milieu urbain. Il y a beaucoup d'Atikamekw qui sont en milieu urbain dans la région, notamment à Trois-Rivières», rappelle-t-elle. 

L'emplacement précis du centre d'hébergement de Trois-Rivières reste encore à déterminer. La construction de ces résidences à Trois-Rivières et à Sept-Îles devrait s'amorcer au printemps 2021, en vue d'une ouverture officielle en août 2022. Le troisième centre devrait pouvoir accueillir ses premiers étudiants à la session d'automne 2015, selon ce qu'a indiqué Québec, vendredi. 

Le gouvernement souhaite que la construction de ces centres d'hébergement facilite la poursuite des études aux membres des Premières Nations, en leur donnant accès à des logements sécuritaires, abordables et adaptés à leurs besoins. Des services «culturellement pertinents et intégrés» seront offerts aux locataires et aux membres de leur famille. 

Rappelons toutefois que le Conseil des Atikamekw de Wemotaci (CAW) avait déploré le fait de ne pas avoir été consulté en vue du projet de centre d'hébergement à Trois-Rivières, l'an dernier. Le CAW avait affirmé à l'époque qu'une initiative similaire provenant de sa communauté, le Centre Opoho, existait déjà à Trois-Rivières et qu'il ne bénéficiait d'aucun soutien gouvernemental.