Gilles Leblanc

150 films par année juste pour Ciné Campus

Trois-Rivières — Pas moins de 367 bénévoles ont consacré quelque 13 178 heures aux activités cinématographiques à l’Association des cinémas parallèles du Québec, en 2017. Gilles Leblanc, du Ciné Campus de Trois-Rivières, a été choisi parmi tout ce beau monde pour recevoir le tout premier Prix du bénévolat créé l’année même par cet organisme.

Au cours des 28 ans où il s’est impliqué au Ciné Campus de Trois-Rivières, Gilles Leblanc peut affirmer sans se tromper qu’il aura visionné rien de moins que 150 films par année, juste pour servir les meilleurs d’entre eux aux cinéphiles qui fréquentent la salle Léo-Cloutier du Séminaire Saint-Joseph.

Ses débuts, au Ciné Campus, remontent à 1974 en tant que simple membre. En 1990, il est recruté en tant que membre du comité exécutif, un poste qu’il occupera jusqu’en avril 2018. Il en deviendra le directeur général de 1993 à 1999 puis président, de 2010 jusqu’à cette année.

L’homme arrive à Ciné Campus avec un bagage impressionnant et très diversifié qui lui permet d’apprécier à leur juste valeur les films qui feront partie de la programmation chaque année.

Né à Grand-Mère, prêtre de 1967 à 2003, ancien animateur scout, responsable des communications au diocèse de Trois-Rivières de 1981 à 1992, Gilles Leblanc est un passionné de cinéma des quatre coins du monde qui a multiplié ses champs d’intérêt tout au long de sa vie. Notre Tête d’affiche a par exemple beaucoup donné de son temps au milieu sportif.

Il fut instructeur bénévole de diverses équipes de hockey et de baseball, notamment avec les Draveurs midget AA de Trois-Rivières et les Bruins midget AA et juniors B de Shawinigan. Son implication lui a valu, à deux reprises, le titre d’instructeur de l’année, à la fin des années 1960.

Au fil de son ministère spécialisé axé sur les médias et les communications, Gilles Leblanc est devenu membre fondateur de Radio Ville-Marie et président fondateur de l’Association des responsables diocésains des communications. De 2004 à 2012, il fut également membre du Jury oecuménique au Festival des films du monde, de 2004 à 2012 et de plusieurs autres publications, ce qui lui a valu, en 1992 et 1997, de décrocher le Prix ARDICOM pour sa contribution remarquable dans le domaine des communications en Église.

L’homme collectionne d’ailleurs des hommages de ce genre reçus au fil de ses divers écrits et publications.

M. Leblanc a occupé plusieurs postes de chroniqueur et dirigé de nombreuses revues. On le retrouve également dans plusieurs organisations, dont la Maison Albatros, l’Association canadienne des périodiques catholiques et même, pendant 10 ans, à la barre de l’ancienne chronique hebdomadaire du Nouvelliste Signes des temps.

Gilles Leblanc a quitté Ciné Campus en avril dernier. «Je trouvais que notre équipe avait besoin de renouveau, pas parce que ça allait mal, mais parce que j’avais fait le tour du jardin», explique-t-il. Il assume maintenant la vice-présidence du Festival international du film à Trois-Rivières (TRIFF) où il est responsable de la programmation.

Gilles Leblanc affirme qu’il n’a jamais laissé ses convictions religieuses le guider dans le choix des films qui allaient être présentés aux cinéphiles. Chargé de cours en éthique à l’UQTR pendant une dizaine d’années, il rappelle qu’il est important de tenir compte de l’acceptabilité sociale. «Parfois, il y a des films qui sont très violents, mais dans le but de dénoncer la violence», illustre-t-il. «Il faut faire la part des choses.»

«Ce sont les éléments éthiques, artistiques et culturels qui priment dans le choix des films qui passent à Ciné Campus», assure-t-il. «Le principal, c’est ce que souhaitent nos membres.» Durant les représentations, «je regarde comment réagit la foule», dit-il.

Lorsqu’il visionne ses 3 ou 4 films par semaine, Gilles Leblanc le fait «avec l’œil de notre public», souligne-t-il.

Dans ce monde où tout va vite, «où l’on est en message rapide, où la télévision est entrecoupée de publicités, je trouve que le cinéma est la meilleure école de vie», estime-t-il.