L’hebdomadaire <em>Canadian Illustrated News</em> présente dans ses pages, le 20 octobre 1870, des dessins d’avocats fuyant les lieux du tremblement de terre. Ce dernier aurait influencé l’événement survenu cinq jours plus tard à Sainte-Geneviève-de-Batiscan, le glissement de terrain qui a coûté la vie à quatre citoyens.
L’hebdomadaire <em>Canadian Illustrated News</em> présente dans ses pages, le 20 octobre 1870, des dessins d’avocats fuyant les lieux du tremblement de terre. Ce dernier aurait influencé l’événement survenu cinq jours plus tard à Sainte-Geneviève-de-Batiscan, le glissement de terrain qui a coûté la vie à quatre citoyens.

150 ans plus tard, le glissement de terrain de Sainte-Geneviève

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
Sainte-Geneviève-de-Batiscan — C’est arrivé le 25 octobre 1870: un glissement de terrain coûtera la vie à quatre personnes. Trois périrent sur le coup, alors qu’une autre rendra l’âme plus tard, blessée trop sévèrement. Coup d’œil sur cet événement tragique et marquant de l’histoire de la municipalité.

Maurice Lamontagne est sismologue à la Commission géologique de Ressources naturelles Canada. Il a étudié les événements survenus il y a plus d’un siècle et demi.

«C’est un peu un travail de détective, tellement la documentation est rare. Il fallait trouver le site exact, trouver le plan du cadastre, examiner le rapport du coroner de l’époque pour mieux comprendre ce qui s’est passé», explique l’expert.

Ce glissement de terrain meurtrier pourrait avoir été engendré en partie par un tremblement de terre évalué à 6,6 sur l’échelle de Richter, survenu cinq jours plus tôt, le 20 octobre, à Charlevoix, mais qui s’est fait ressentir jusqu’à Cincinnati, en Ohio.

«Les ondes sismiques sont passées et ont pu amener la pente à être plus fragile, avoir en quelque sorte affaibli la structure du sol», image M. Lamontagne.

La composition du sol a sans aucun doute joué un rôle dans le drame, également, soutient le sismologue.

«La Mauricie, c’est une zone sujette aux glissements de terrain. Ce sont souvent des sols argileux et souvent, d’une cinquantaine de mètres au moins, ce qui peut avoir une grande ampleur sur la suite des choses. Plusieurs terrains sont en plus situés en bordure des étendues d’eau. À Sainte-Geneviève, la rivière Champlain peut avoir grugé la base de la pente et l’avoir affaiblie aussi.»

Même si le lien direct entre les deux événements demeure toujours délicat à tisser, Maurice Lamontagne prévient qu’il faut redoubler de vigilance dans les jours suivant un séisme.

«On peut souvent constater un petit glissement qui nous semble anodin. Dans le cas de Sainte-Geneviève, des fissures avaient été constatées. Après un tremblement de terre, ce serait toujours bon que les gens regardent davantage leur terrain et qu’ils contactent les autorités s’ils aperçoivent quelque chose», insiste-t-il.

En plus de ses conséquences funestes, le glissement de terrain avait surpris les experts, puisque ce genre de phénomène se produit plus souvent au printemps qu’à l’automne.

Selon les observations de M. Lamontagne, les coulées argileuses survenues à la suite de pluies abondantes pourraient par ailleurs avoir affecté le cours des événements.

Bonne nouvelle: si les glissements de terrain sont tout de même fréquents chaque année dans la région, les tremblements de terre, eux, le sont beaucoup moins. D’ailleurs, historiquement, aucun séisme n’aurait eu son épicentre en Mauricie. Toutefois, le plus puissant tremblement de terre à avoir frappé la région serait survenu en 1663, alors qu’on avait jadis enregistré une magnitude de 7 à Shawinigan.