Jérôme Dupras, scientifique engagé, bassiste des Cowboys fringants et professeur d’université, a invité les jeunes à s’engager pour la planète.

15 000 jeunes à la défense de la planète

TROIS-RIVIÈRES — Les scientifiques s’entendent pour dire que si la société ne change pas d’orientation d’ici 2020 en matière de protection environnementale, on peut s’attendre à des conséquences désastreuses, tant pour notre planète que pour l’espèce humaine. Jeudi, 15 000 jeunes provenant d’écoles secondaires et primaires de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy ainsi que du Séminaire Saint-Joseph et de l’Institut secondaire Keranna ont pris part à un événement visant à déclarer l’état d’urgence climatique.

Organisée dans la foulée de la Journée internationale du climat qui aura lieu le 8 décembre, cette manifestation a débuté à l’école secondaire des Pionniers en présence d’une représentante de Greenpeace Canada, Isabelle l’Héritier et de Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys fringants qui est également écologiste et professeur à l’Université du Québec en Outaouais.

Les comités environnementaux des différentes écoles ont décidé de se porter en messagers afin de faire entendre leurs revendications aux personnes en position de pouvoir. D’ailleurs, de jeunes délégués iront rencontrer les commissaires de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy lors de la prochaine réunion mensuelle publique. Ils envisagent également d’aller à la rencontre des élus dans les divers conseils municipaux. Celui de Trois-Rivières sera apparemment «envahi» par les jeunes, le 18 décembre.

Jeudi, les élèves ont lu ce qu’ils appellent une déclaration d’état d’urgence climatique en 16 points demandant à la Ville de Trois-Rivières de «s’engager dans des projets concrets pour réduire son empreinte écologique» et de «réduire les îlots de chaleur» sur son territoire. Ils demandent également aux commerçants de la ville de s’engager dans «la réduction des emballages».

«Nous voulons que la Ville s’ajoute à la liste des 82 municipalités à avoir banni les sacs de plastique», indiquent les élèves dans leur déclaration et «que la Ville et ses citoyens relèvent le défi de réduire les transports polluants.»

«Nous voulons que les élus votent des lois pour interdire aux agriculteurs l’usage des produits chimiques sur nos aliments», ajoutent-ils tout en invitant «la population en général à réduire sa consommation et à acheter des produits locaux».

«Le temps presse pour assurer l’avenir de notre planète», ont fait valoir les participants qui trouvent que les instances politiques ne bougent pas assez.

«Ce matin, collectivement, on déclare cet état d’urgence. On fait écho à l’appel du Secrétaire général de l’ONU qui est passé par des milliers de scientifiques du globe qui nous disent qu’on est à la frontière de passer dans un état très, très grave de changements climatiques», a déclaré Jérôme Dupras aux élèves participants.

La mauvaise nouvelle, dit-il , c’est cet état d’urgence climatique, «mais la bonne nouvelle, c’est qu’on peut changer le monde», a-t-il ajouté, «avec l’art, avec la science, les jeunes vont changer le monde parce que le statu quo est inacceptable».

En prévision de cette journée de manifestations, Jérôme Dupras avait également tourné une vidéo à l’attention des jeunes. Il y explique que la déclaration d’urgence climatique s’inscrit dans une vision forte selon laquelle «une communauté de 15 000 élèves d’une commission scolaire peut se mobiliser pour dire à nos décideurs qu’on veut du changement et qu’on veut du changement rapidement».

Le musicien et scientifique demande également aux jeunes que leur action ne soit pas celle d’une seule journée. «Vous devez reconnaître l’impact que vous avez dans votre milieu. Vous êtes des porte-voix fantastiques pour cette urgence climatique et cette transition», dit-il. «Ne sous-estimez pas l’impact que vous avez à parler de ces choses-là.»

La vidéo de M. Dupras a été visionnée dans presque toutes les classes des écoles de la commission scolaire.

«Votre génération est en train de se lever partout dans le monde en ce moment», a indiqué pour sa part Isabelle l’Héritier de Greenpeace. «C’est vraiment un vent d’espoir pour tout le monde, dans le milieu environnemental», dit-elle en donnant l’exemple de la grève d’école tenue par des milliers d’enfants en Australie, il y a quelques jours, pour demander à leur gouvernement de bouger davantage contre les changements climatiques.

Plusieurs autres activités ont marqué la journée de déclaration de l’état d’urgence climatique à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

Vers 11 h, les élèves de toutes les écoles participantes ont tenu une marche de 1 km. Ils ont également créé une immense mosaïque composée de cartons sur lesquels chaque jeune identifiait un engagement contre les changements climatiques. Des bouteilles durables ont été offertes à chaque élève pour éliminer l’eau embouteillée. Des initiatives diverses ont aussi été prises dans diverses écoles participantes tout au long de la journée de jeudi pour souligner l’importance de l’engagement envers cette lutte aux changements climatiques.

L’objectif de ce projet était de favoriser une prise de conscience collective majeure et d’encourager les actions personnelles et collectives face aux changements climatiques.