Le président-directeur général de la Fédération de la faune du Québec, André Martin, avec la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon, ainsi que le député de Maskinongé, Marc H. Plante.

14 M$ pour la santé du lac Saint-Pierre

TROIS-RIVIÈRES — Reconnaissant que le lac Saint-Pierre est un écosystème unique, fragile qui se doit d’être protégé, Québec investit 14 millions $ pour sa conservation.

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques a annoncé les deux volets de cette initiative. Le premier volet, qui représente des investissements de 9,5 millions $, consiste en la restructuration de milieux prioritaires comme les habitats fauniques alors que le second volet se concentre sur la recherche de pratiques agricoles durables.

«Ce premier volet est sur une base volontaire. Le milieu agricole et des entreprises pourront prendre des décisions pour améliorer la qualité de l’eau», affirmait lors de l’annonce de l’investissement à Trois-Rivières la ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Isabelle Melançon.

Les projets de restructuration ou de conservation des milieux naturels seront déposés à la Fédération de la faune du Québec (FFQ), l’organisme mandaté par le gouvernement pour la gestion du programme. Bien que les critères précis d’admissibilité seront dévoilés lundi sur le site Internet de la FFQ, nous savons déjà que près de 75 % des coûts des projets déposés seraient financés.

Ce que le ministère appelle la restructuration des milieux prioritaires sera fait sur une base volontaire. Rien n’oblige les propriétaires riverains à proposer des projets qui auraient un impact positif sur la santé du lac Saint-Pierre. «Ce qu’on a réalisé, c’est que les projets qui sont volontaires sont souvent beaucoup plus porteurs que ceux qui sont obligatoires», répondait la ministre. «On veut agir rapidement. La rapidité d’intervention doit se faire sur une base volontaire. Pour que ça soit obligatoire, il faut rouvrir des projets de loi et on va dans le législatif qui peut être très long.»

Le ministre soutient que la FFQ était un organisme de choix pour gérer ce nouveau programme de Québec. Créée en 1984 pour la sauvegarde des terres humides le long du Saint-Laurent, la FFQ revient à ses origines. Son président-directeur général, André Martin, affirme que son organisation a la capacité de mobiliser les différents acteurs du milieu autour de la même table.

Parmi les éléments qui devraient être réalisés, il y a possiblement l’impact qu’ont certains pesticides ou engrais sur l’environnement du lac Saint-Pierre. «On le sait, cela a un impact important sur le lac et entre autres sur la reproduction de la perchaude dont la pêche a dû être arrêtée», soutenait André Martin de la FFQ. «La protection des milieux humides, le reboisement et le réaménagement des rives sont des pratiques qu’on peut faire demain avec les intervenants. Les sous qu’ils nous accordent sont extraordinaires. D’avoir 10 millions $ pour une région, je n’ai jamais vu ça.»

Le deuxième volet de l’annonce de vendredi consiste en la création d’un pôle d’expertise multidisciplinaire afin de promouvoir une agriculture durable compatible avec l’écosystème du lac Saint-Pierre. «On a réservé 2,6 millions $ pour ce pôle d’expertise. On veut rechercher comment on peut faire de la nouvelle agriculture, de l’agriculture durable», soutenait la ministre. «Il y a six millions de Québécois et de Québécoises qui viennent aux abords du grand lac Saint-Pierre ou qui habitent dans son bassin versant. On doit se poser des questions. Et un pôle d’expertise avec des universitaires et des gens de l’Union des producteurs agricoles (UPA) va pouvoir nous éclairer et améliorer nos façons de faire.»

Aux côtés de la ministre de l’Environnement lors de son annonce, le député de Maskinongé, Marc H. Plante, a rappelé que le lac Saint-Pierre est un plan d’eau extrêmement important pour plusieurs communautés. «Nous avons une chance inouïe de l’avoir. Le lac Saint-Pierre a une très grande valeur environnementale et économique. Nous devons nous demander ce que nous voulons léguer à nos enfants», ajoutait le député de Maskinongé.

338 municipalités menacent de poursuivre Québec
Alors que les élus de 338 municipalités demandant le droit d’adopter des règles plus strictes pour protéger l’eau potable lors de forages pétroliers ou gaziers menacent de poursuivre Québec, la ministre Isabelle Melançon affirme être ouverte à la négociation et à la discussion. La ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques doit d’ailleurs rencontrer à cet égard des maires dès la semaine prochaine.

«Je veux comprendre. Il n’y a pas de fermeture à la discussion. Il y a de l’inquiétude, je l’entends et je le sens. Je suis une citoyenne du Québec aussi et je veux écouter pour prendre les meilleures décisions. C’est ce que je vais faire avec eux la semaine prochaine», précisait la ministre.