Patrick Pageau, au moment du départ du convoi d'Hydro-Québec vers la Géorgie, mercredi matin.

125 employés d'Hydro en aide à la Géorgie

Six heures, mercredi matin. Une cinquantaine de camions d'Hydro-Québec se sont mis en route vers l'État américain de la Géorgie. Ils sont 125 travailleurs répartis en 50 équipes, dont une de Trois-Rivières et l'autre de Shawinigan.
Parmi eux, Patrick Pageau, chef des travaux aériens et souterrains, dont la mission sera d'encadrer une dizaine de ces équipes. M. Pageau travaillait à Trois-Rivières, l'an dernier. Il travaille maintenant à Montréal. Il a laissé sa petite famille, sur le coup du matin, pour porter secours aux millions d'Américains privés d'électricité. C'est la cinquième fois qu'il se porte volontaire pour partir aux États-Unis à la suite d'un ouragan.
Jonathan Robidas, qui fait le même travail que lui, a quitté Trois-Rivières à 5 h du matin, le même jour, pour aller rejoindre d'autres équipes à Châteauguay avant le grand départ en convois. Il y aura finalement deux équipes de la Mauricie, dans le groupe, soit deux employés d'Hydro-Québec de Trois-Rivières et deux de Shawinigan.
Irma aura causé 10 000 pannes en Géorgie. C'est une catastrophe d'une ampleur que M. Pageau compare à la tempête du verglas de 1998 au Québec.
Les monteurs de ligne et les gestionnaires qui les accompagnent n'avaient encore aucune idée des conditions dans lesquelles ils travailleraient au moment de l'appel du Nouvelliste, jeudi après-midi, alors que leur convoi était rendu en Virginie. «On devrait arriver sur place vers 22 ou 23 h ce soir», racontait M. Pageau.
Jonathan Robidas et ses coéquipiers, eux, sont arrivés à 19 h à destination, jeudi. Ils ne savent pas quand ils retourneront à la maison. «On nous a parlé de semaines», dit-il.
Les employés d'Hydro-Québec ont emporté leur oreiller et leur sac de couchage, car ils pourraient devoir passer une nuit, peut-être même plusieurs, à dormir dans les camions.
«On est prêt à faire face aux pires situations», dit M. Pageau. Tous sont volontaires pour y aller. Tous les frais, incluant les salaires, seront réclamés aux compagnies privées américaines qui ont demandé de l'aide à Hydro-Québec. «Quand c'est très gros, comme ça, c'est le gouvernement américain qui paie.»
Pour l'instant, sur l'autoroute, rien ne paraît vraiment de la catastrophe, indique M. Robidas. «C'est en entrant dans les terres qu'on va le voir. Lors de l'ouragan Sandy en 2012, il avait fallu couper des arbres pour se frayer un chemin sur les voies de circulation.
«Les monteurs de ligne sont conscients qu'en arrivant, on n'aura peut-être même pas de place pour dormir. Et ça sera peut-être tellement désorganisé qu'il faudra que je coure pour essayer d'aller leur chercher de la bouffe, de l'eau et ainsi de suite», indique M. Pageau.
Cet employé d'Hydro-Québec est passé par là, dans les suites de l'ouragan Sandy. Certaines équipes avaient pu accéder à des hôtels et des buffets. D'autres ont dormi dans des campements militaires et mangé des sandwiches.
Tout au long du trajet qui les a menés vers la Géorgie, au nord de la Floride, les camions d'Hydro-Québec ont été salués de la main et à coups de klaxon. «Les citoyens nous accueillent comme des héros parce qu'on vient leur remettre le courant», indique M. Pageau.
Les équipes devront se ravitailler périodiquement en essence et il y a des endroits où elles devront demander la protection des policiers pour le faire. «On va peut-être arriver à des places où il y aura des pénuries d'essence. Ça va peut-être être difficile. On va aller à Atlanta où il y a des places très pauvres, où la violence est élevée. Donc il y a possiblement des endroits où il va falloir se faire escorter par les services policiers», indique M. Pageau.
Ce dernier sera en contact avec les entreprises privées américaines qui entretiennent le réseau. C'est aussi lui qui doit prendre soin des équipes et s'assurer qu'elles aient de quoi manger et dormir. «Les Américains vont nous suivre sur le terrain», précise-t-il, mais parfois, les gens sont tellement désorganisés sur les lieux que les équipes d'Hydro-Québec doivent se débrouiller toutes seules et s'organiser directement avec les fournisseurs.