L’homme d’affaires Yvon Bourassa.
L’homme d’affaires Yvon Bourassa.

1200 offres d’équipements au CIUSSS-MCQ

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’homme d’affaires trifluvien Yvon Bourassa avait fait la manchette, en janvier dernier, alors qu’il lançait un appel à toutes les entreprises du Québec qui avaient des masques médicaux et des gants à vendre. Il était preneur et les cargaisons s’en allaient directement en Chine où son entreprise d’import-export essayait de venir en aide à la région de Wuhan, aux prises avec la COVID-19.

Le virus n’était pas encore au stade de pandémie à ce moment-là. M. Bourassa a de la famille dans cette région de Chine et il voulait soutenir les efforts d’un groupe d’universitaires qui cherchaient à aider les hôpitaux à faire face à l’épidémie.

M. Bourassa aimerait bien rendre la pareille aux Québécois, en ce moment. Des masques, des gants, des blouses, il en a beaucoup à vendre. À sa grande surprise, le CIUSS-MCQ et d’autres organisations au Québec n’en ont toutefois pas voulu. Pourtant, les 30 000 masques qu’il avait à distribuer étaient bel et bien certifiés Niosh et certains avaient été achetés au Québec, précise-t-il.

Les offres d’Yvon Bourassa font partie des quelque 1200 offres reçues par le CIUSSS-MCQ lorsque la pénurie d’équipements médicaux avait fait l’objet de quelques points de presse du premier ministre Legault.

Même si certains des équipements offerts par M. Bourassa portaient le sigle d’approbation de la Food and Drug Administration des États-Unis, ils n’ont pas été choisis par les spécialistes du CIUSSS-MCQ.

Le porte-parole du CIUSSS, Guillaume Cliche, confirme avoir reçu l’offre de l’homme d’affaires, dans le lot, mais ses produits, dit-il, «ne convenaient pas aux besoins hospitaliers».

«Il y a des masques qui sont perméables aux particules dans l’air et d’autres sont moins perméables et la sorte qu’il avait n’était pas assez imperméable pour répondre aux besoins», explique-t-il.

Les 1200 offres reçues au CIUSSS-MCQ «étaient de petites offres». Au niveau de fournisseurs plus importants, c’est le ministère, dit-il, qui en faisait l’analyse. Ce dernier a reçu quelque 800 offres. «Les offres faites au CIUSSS-MCQ provenaient d’entreprises qui avaient des stocks existants, de personnes qui en avaient de petites quantités ou de programmes scolaires, par exemple les programmes d’études en soins infirmiers», illustre-t-il.

«Lorsque quelqu’un de l’établissement recevait ça, on envoyait tout ça à la même adresse pour que ce soit centralisé, analysé et que les contacts soient faits avec les personnes en question», dit-il.

Le service d’approvisionnement, explique-t-il, détient une liste de spécifications qui permettent de vérifier toutes les offres faites.

M. Cliche rappelle que tout récemment, de faux masques ont circulé sur le marché, «toutefois, on n’est plus dans la même situation», assure-t-il. «On a maintenant ce qu’il faut», dit-il. «Les fournisseurs recommencent à fournir. On est capable d’y avoir accès.»

M. Cliche n’a pu confirmer si le fait que des masques soient produits en Chine représente un critère de rejet. C’est qu’en ce moment, pas moins de 8000 entreprises chinoises produisent des masques médicaux, signale Yvon Bourassa. C’est plutôt au niveau du ministère que ce genre de produits se négocient, explique M. Cliche.

«Toutes les demandes qu’on a sont analysées par notre service d’approvisionnement», indique-t-il en ajoutant que les critères ne touchent pas seulement les masques, mais également tous les autres équipements demandés.

Rappelons que des entreprises se sont adaptées pour fabriquer des équipements médicaux à la place de leurs produits habituels. À la fin mars, par exemple, Bauer, le manufacturier d’équipements de hockey, s’est mis à produire des visières de protection contre la COVID-19.

«La reprise des fournisseurs permet de restocker au niveau provincial», dit-il. En ce moment, «au niveau de l’équipement, on a ce qu’il faut», assure-t-il.

Quant à l’homme d’affaires Yvon Bourassa, il demeure persuadé que les équipements qu’il proposait, dont quelque 30 000 masques, étaient conformes aux normes.

Il a vendu quantité d’équipements au Brésil et aux États-Unis depuis, dit-il.