Émilien Carrière : « J’ai commencé à chauffer des voitures à l’âge de 15 ans. Avec mon père, je me rendais même à Montréal en conduisant à cet âge-là. Je ne sens pas que je fais mon âge au plan physique et ça m’aide sûrement en ce qui concerne la conduite. »

100 ans et toujours au volant

Le Québec n’a jamais compté autant de centenaires. Et plusieurs des nouveaux centenaires présentent une forme épatante. Le Magogois Émilien Carrière en est un bon exemple : il se tient toujours droit comme un chêne, possède une solide poignée de main et continue de conduire sa voiture avec la bénédiction des autorités provinciales.

M. Carrière a franchi le cap des 100 ans le 7 juin. Ayant perdu sa fille adoptive et ses 12 frères et sœurs, il a malgré tout eu droit à une fête à laquelle une cinquantaine de personnes ont participé il y a quelques semaines.

Quand on demande au Magogois le secret de sa longévité, il répond du tac au tac que le travail l’a grandement aidé à garder la forme. « Ça m’a tenu en vie. J’ai travaillé 40 ans au Manitoba et je n’ai vu le médecin qu’à deux reprises pour des blessures physiques durant toutes ces années. Je n’ai jamais eu peur du travail », lance-t-il fièrement.

Il faut dire qu’Émilien Carrière n’est pas demeuré longtemps sur les bancs d’école. Dès l’âge de 14 ans, il était à l’emploi de la défunte Dominion Textile, une usine qui employait des centaines de travailleurs à Magog.

Avec sa première épouse, il s’est installé au Manitoba au début des années 1940. Il est demeuré là-bas jusqu’à sa retraite, qui a coïncidé avec le début d’une nouvelle union. Sa conjointe Réjeanne, qui est de neuf ans sa cadette, est unie à lui depuis 36 ans.

Un conducteur expérimenté
Récemment, M. Carrière a été convoqué pour une évaluation de ses capacités à titre de conducteur. La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a conclu qu’il était encore apte à conduire une voiture sur les routes de la province.

« Je ne suis pas nerveux sur la route et je ne l’étais pas non plus pour l’examen de la SAAQ, indique-t-il. J’ai commencé à chauffer des voitures à l’âge de 15 ans. Avec mon père, je me rendais même à Montréal en conduisant à cet âge-là. Je ne sens pas que je fais mon âge au plan physique et ça m’aide sûrement en ce qui concerne la conduite. »

Réjeanne Carrière assure pour sa part qu’elle n’a pas peur lorsqu’elle monte en voiture avec son conjoint. « C’est certain que c’est important pour nous d’avoir une automobile. Notre famille pourrait nous transporter à différents endroits, si on le voulait, mais c’est plus pratique de nous véhiculer nous-mêmes », explique-t-elle.