Politique

Trudeau annonce une baisse d’impôts pour les PME

OTTAWA - Le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises (PME) sera réduit à neuf pour cent, une mesure que le gouvernement libéral avait promise, puis abandonnée.

Justin Trudeau s’est ainsi ravisé et il instaurera cette baisse d’impôts en deux temps. Le taux d’imposition des PME passera à 10 pour cent dès le 1er janvier prochain, puis à neuf pour cent en janvier 2019.

Le premier ministre en a fait l’annonce, peu après midi, lundi, à Stouffville, en Ontario.

La mesure doit servir à dorer la pilule de la réforme fiscale, mal accueillie par plusieurs.

En annonçant la baisse d’impôts pour les PME, le gouvernement a également fait savoir que sa réforme sera rajustée. Dans le communiqué de presse expliquant les changements, on dit «simplifier la proposition».

Le gouvernement entend toujours limiter la possibilité pour les propriétaires de sociétés privées de réduire leurs impôts en versant une partie de leur revenu à des membres de leur famille qui ne contribuent pas aux activités de leur entreprise.

Mais dorénavant, on détaille clairement quels critères «raisonnables» seront utilisés pour évaluer si les membres de la famille contribuent ou pas à l’entreprise. On offre quatre principes de base: les apports en main-d’oeuvre, les apports en capitaux, la participation aux risques financiers et les apports antérieurs relativement à la main-d’oeuvre, aux capitaux et aux risques.

De plus, le gouvernement abandonne complètement son intention de restreindre l’accès à l’exonération cumulative des gains en capital.

M. Trudeau et son ministre des Finances, Bill Morneau, se sont rendus aux arguments de ceux qui craignaient que pareille restriction ne nuise aux transferts intergénérationnels d’une entreprise familiale comme une ferme.

«Aucune mère, ni aucun père, ou grand-mère, ou grand-père ne devrait avoir à choisir entre prendre leur retraite dans la dignité ou garder l’entreprise dans la famille. C’est pour cette raison que nous ne modifierons pas les règles relatives à l’exonération cumulative des gains en capital», a expliqué M. Trudeau en entamant sa conférence de presse.

Et avant de répondre aux questions de journalistes, il a voulu répondre aux critiques de sa réforme.

«Nos adversaires politiques nous accusent de monter les gens les uns contre les autres lorsque nous adoptons des réformes dont le pays a grandement besoin, a-t-il rappelé. Alors, permettez-moi d’être très clair: le problème, ce n’est pas les gens, c’est le système. Le système que nous avons en ce moment est injuste. Le système que nous avons en ce moment encourage les riches à payer moins d’impôts et réclame plus d’impôts de la classe moyenne.»

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il aura attendu trois ans avant de livrer sa promesse de baisse d’impôts aux PME à neuf pour cent, il a répondu qu’il lui fallait d’abord s’assurer que les contribuables les plus riches et qui se prétendaient, faussement, à la tête d’une PME ne profitent d’une autre baisse d’impôts qui ne devrait pas leur revenir.

Au départ, le plan de réforme fiscale du gouvernement Trudeau citait les cas d’avocats et de médecins qui saupoudraient une partie de leurs revenus aux membres de leurs familles, même si ceux-ci ne travaillaient pas pour eux, afin de payer moins d’impôts.

Avant d’aller à Stouffvile, M. Trudeau avait réuni son caucus au parlement pour mettre les élus au parfum.

En arrivant à la réunion, certains critiques de la réforme ne semblaient pas prêts à se laisser convaincre.

«Il y a des clarifications qui doivent quand même être apportées sur ce qui va être dit», a dit Nicola Di Iorio. Le député montréalais savait d’avance ce que son premier ministre et son ministre des Finances se préparaient à présenter à l’ensemble des députés.

«On va avoir des énoncés somme toute assez généraux encore ce matin. Étant donné que c’est une loi fiscale, faut voir comment ça va se transposer au niveau des textes», a insisté M. Di Iorio.

À sa sortie de réunion, le député était plus conciliant.

«Je pense que les Canadiens et Canadiennes vont être contents d’apprendre ce que le gouvernement va faire», a-t-il déclaré. Le député Di Iorio a révélé qu’en plus de l’annonce de lundi, son gouvernement annoncera d’autres mesures mercredi et d’autres encore jeudi afin de «répondre aux préoccupations que les gens ont exprimées».

Son collègue Wayne Long est de ceux qui se sont exprimés le plus bruyamment. En votant contre son gouvernement pour une motion conservatrice qui réclamait plus de consultation sur la réforme fiscale, le député du Nouveau-Brunswick a été puni.

À sa sortie de la réunion de lundi matin, il se disait «très, très prudemment optimiste», d’un «optimisme que je n’ai pas eu depuis longtemps». «Les choses vont s’arranger», a encore assuré M. Long.

Plus emballé, le député manitobain Dan Vandal a promis «une semaine extraordinaire».

Annoncée à la mi-juillet, la réforme fiscale se proposait de faire disparaître certaines échappatoires. Les détracteurs de la réforme estimaient que les changements proposés nuiraient injustement aux fermiers et aux propriétaires de PME.

«Le problème qu’il y avait avec le plan, c’est qu’il n’y avait pas de nuances. C’était un filet qui était lancé. Et tout ce qui tombait dans le filet, on le ramassait», a illustré le député Di Iorio, qui semble croire que maintenant, ces nuances ont été apportées.

Actualités

«Une blessure qui ne guérira jamais»

Trois-Rivières — La mort d’un enfant dans sa première année de vie ou alors qu’il se trouve encore dans le ventre de sa mère est un drame pour ses parents.

Ces décès incompréhensibles amènent des deuils qui peuvent être difficiles à surmonter. Mais lorsque la mort d’un être si jeune est causée par les gestes d’une autre personne, elle n’a aucun sens et elle est très difficile, voire impossible à accepter. 

Isabelle Doyon tenait samedi matin sa petite-fille Riley dans ses bras avec tendresse et douceur. La petite âgée de deux mois ne connaîtra jamais sa grande sœur Kelly, décédée près de deux ans avant sa naissance. 

«Avoir des enfants, c’est merveilleux. Avoir des petits-enfants, je n’ai même pas de mots pour le décrire. On ne vit que le beau. Les grands-parents, on est là pour donner de l’amour. On vit le plus beau», confie avec un grand sourire Mme Doyon, une des participantes à la 7e édition de la Fête des anges tenue au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. 

«Je ne sais pas ce que c’est perdre un enfant, mais perdre sa petite-fille, c’est déchirant. On perd un être cher et en même temps on se dit qu’il faut être là pour ses enfants. On met notre peine et notre rôle de grands-parents de côté pour jouer notre rôle de parent. Ce n’est pas facile. Mais là, on a la chance de vivre l’arrivée d’une autre petite-fille. Lorsqu’elle est arrivée, c’était une grande joie pour toute la famille», ajoute-t-elle

Les circonstances dans lesquelles la petite-fille d’Isabelle Doyon est décédée sont troublantes. Il y a deux ans, en juillet, la vie de la petite Kelly a été enlevée alors qu’elle n’avait que sept semaines. Elle a été victime d’un drame familial survenu dans la région de l’Outaouais. 

«Ç’a été d’autant plus difficile. Ce n’est pas juste de vivre le décès d’un bébé, c’est aussi toutes les questions auxquelles nous n’avons pas de réponses. On passe par toutes sortes de phases. Et même encore aujourd’hui. On a des questions dont on n’aura jamais les réponses. Il faut accepter de lâcher prise et vivre avec ça», souligne Isabelle Doyon.

 «Quand j’ai Riley dans mes bras et qu’elle réagit à ma voix, c’est plus fort que moi de me demander ça serait quoi avec Kelly. C’est drôle, mais lors de la présentation d’une vidéo durant la fête des anges où on pouvait lire le nom de sa sœur, elle s’est mise à sourire. Dans des moments comme ça, lorsqu’elle dort et que je la vois sourire, je me dis qu’elle est en train de parler et de s’amuser avec sa grande sœur. C’est une façon de vivre le deuil et de mettre un baume sur une blessure qui ne guérira jamais.» 

Une vingtaine de parents endeuillés ont participé samedi au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap à cette 7e édition de la Fête des anges organisée par le Diocèse de Trois-Rivières. Les participants ont pu assister à des présentations, à des témoignages ainsi que se recueillir à la mémoire de l’être cher disparut. 

Marie-Josée Allard sait très bien par où les participants de la Fête des anges doivent passer. Son conjoint et elle ont été confrontés il y a deux ans au décès de leur jeune fils âgé de six jours. 

«Je peux dire que ça va bien, je me suis reconstruite. Il y a des moments, comme aujourd’hui, où l’émotion monte et je le pleure encore. Ce n’est plus aussi fréquent qu’au début, le vide n’est plus là, mais il n’y a pas une journée où je n’y pense pas et il sera toujours présent dans mon cœur», témoigne celle qui attend un nouvel enfant. 

Le responsable de la Fête des anges affirme que cet événement est organisé notamment pour briser l’isolement de ceux qui vivent un deuil périnatal. Simon Bournival, qui est aussi agent de pastorale familiale, soutient que les parents endeuillés voient souvent leur peine incomprise ou encore banalisée. 

«C’est un peu tabou le deuil périnatal. On ne sait pas trop comment en parler et on n’ose pas trop aborder cette question», note Simon Bournival. 

Santé

Sept visites à l’urgence: «une lecture adéquate aurait changé la situation»

Un an après avoir déploré la confusion ayant mené à un diagnostic de thrombose mésentérique veineuse pour sa femme au Centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie, Pierre Vanasse vient de recevoir le rapport du médecin examinateur qui s’est penché sur sa plainte. Ainsi, le docteur Luc Marchand reconnaît qu’une lecture plus attentive du radiologiste aurait pu changer le cours des événements, mais le plaignant se demande toujours si cet épisode incitera vraiment le corps médical à solliciter l’avis de confrères établis ailleurs dans le réseau lorsque le mystère plane.

À pareille date l’an dernier, Linda Bérubé se remettait péniblement d’une série de visites au Centre hospitalier du Centre-de-la-Mauricie pour des douleurs à l’abdomen. Elle s’y présente deux fois le 19 août 2016, puis les 24 et 25 du même mois. Elle y retourne les 10, 13, 14 septembre et finalement le 17, où une thrombose mésentérique veineuse est diagnostiquée. Mme Bérubé est immédiatement opérée et on doit lui retirer près d’un mètre de son intestingrêle.

La patiente est hospitalisée pendant un mois, incluant un coma artificiel de huit jours. À la suite de ces événements, son mari dénonce la situation à la commissaire aux plaintes et à la qualité des services du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Le dossier a été transféré à un médecin examinateur, qui a remis son rapport le 27 septembre dernier, un an après les événements.

M. Vanasse n’a jamais compris pourquoi il avait fallu sept visites à l’hôpital avant que les médecins saisissent l’urgence de l’état de sa femme. À chaque fois, le couple était rassuré, puisque rien d’anormal n’était décelé.

En ce sens, un constat du Dr Marchand le conforte. «Une lecture adéquate de la tomodensitométrie du 25 août aurait, à n’en pas douter, changé la situation», écrit-il.

«Je savais déjà ça l’an dernier», fait remarquer M. Vanasse. «Il confirme simplement que le scan a été mal lu.»

Comme ce radiologiste est maintenant à la retraite, le médecin examinateur ne pouvait traiter la plainte le concernant. Il a toutefois analysé le comportement de tous les intervenants qui se sont succédé lors des visites à l’urgence et l’hospitalisation de Mme Bérubé.

Après son enquête, le Dr Marchand constate qu’on ne peut pas dire que les évaluations médicales ont été bâclées, que plusieurs hypothèses diagnostiques n’ont pas été évoquées ou que les médecins impliqués n’ont pas tenté d’obtenir de l’aide. 

«Le diagnostic de thrombose mésentérique veineuse est un des diagnostics parmi les plus difficiles à établir en médecine», écrit le Dr Marchand dans son rapport. 

«Un haut index de suspicion est nécessaire pour y arriver, particulièrement quand le tableau est subaigu avec des phénomènes d’exacerbations. Les douleurs ont évolué sur une période de plus ou moins 4 semaines chez votre conjointe avec des soulagements intercurrents.»

M. Vanasse ne doute pas que l’erreur soit humaine, mais contrairement à ce qu’observe le médecin examinateur, il estime toujours que des avis externes n’ont pas été sollicités, ou du moins pas assez rapidement, dans cette mésaventure. Selon lui, les médecins s’en tenaient aux conséquences de la cirrhose du foie NASH, dont Mme Bérubé souffre depuis plusieurs années. Il s’agit des résultats d’une forte accumulation de graisse dans le foie.

«Ce qui me fatigue, c’est que je me demande comment ça se fait qu’il n’y en a pas un, dans les sept fois qu’on s’est présenté à l’urgence, qui ne s’est pas arrêté pour se demander s’il n’y avait pas quelque chose qui leur échappait», commente M. Vanasse. «Est-ce qu’on pourrait demander une deuxième opinion de la lecture du scan? Tout était beau et normal, mais ça a pris sept visites à l’urgence, avec des douleurs abdominales! Il devait y avoir quelque chose qui ne fonctionnait pas! Les médecins n’ont pas persisté, ils n’ont pas réfléchi.»

En ce sens, M. Vanasse n’est guère convaincu qu’un épisode semblable ne puisse se reproduire. Il s’agissait pourtant de l’objectif de sa plainte.

«C’est préoccupant qu’un radiologiste ait considéré le scan normal», convient-il. «Mais il en voit plusieurs dans une journée. Est-ce humain de faire une erreur? La réponse est oui. Ce qui est encore plus préoccupant, c’est que tout le monde se soit concentré sur un problème que ma femme avait, sans être capable de sortir de cette boîte.»

«Est-ce qu’il y a une question d’ego, là-dedans?», questionne-t-il. «Quand je parle à du personnel à l’hôpital, certains me disent qu’il y a des médecins avec de très gros egos. On ne peut pas tout savoir. Je n’ai pas de doute sur les qualifications des médecins de Shawinigan, mais les cas rares sont moins fréquents qu’à Montréal, par exemple.» 

Justice et faits divers

Six mois de prison pour Lesieur

Alain Lesieur, un chanteur trifluvien, écope de six mois d’emprisonnement pour avoir produit de la pornographie juvénile.

L’individu de 55 ans a reconnu sa culpabilité à cette accusation, vendredi, lors du retour de son dossier au palais de justice de Trois-Rivières. Les événements se sont déroulés en janvier 2015.

Selon le rappel des faits rapportés par Me Éric Boudreau, procureur de la poursuite, Lesieur a rencontré sa victime à la bibliothèque de Trois-Rivières. Il a approché cette jeune femme de 17 ans pour lui offrir de suivre des cours de chant. Elle a accepté.

Il lui offre plus tard de consommer de l’alcool et de la drogue et d’avoir des relations sexuelles avec lui. Lesieur dit à sa victime qu’il veut faire un film de leurs ébats et qu’elle sera rémunérée. La jeune femme accepte une fois de plus. Les deux individus ont une quinzaine de relations sexuelles durant une semaine. La jeune femme n’a jamais été payée. Lesieur filme les ébats et enregistre le tout sur son ordinateur personnel.

Me Boudreau et Me Louis R. Lupien, l’avocat de Lesieur, ont soumis une suggestion commune de sentence au juge Rosaire Larouche. Étant donné que l’accusation a été portée sur voie sommaire, que Lesieur n’a aucun antécédent judiciaire et qu’il n’y a qu’une seule victime dans cette affaire, Me Lupien a recommandé l’imposition de la peine minimale dans ce cas qui est de six mois d’emprisonnement. Il a été précisé au juge Larouche que la jeune femme était consentante à avoir des relations sexuelles avec Lesieur.

«Vous devrez faire de meilleurs choix que celui-là», a dit le juge Larouche à Alain Lesieur.

Le juge a accepté la suggestion de sentence des deux avocats. Lesieur a pris le chemin de la prison aussitôt la peine prononcée. Il sera soumis à une probation de deux ans. Il devra fournir un échantillon d’ADN et verra son nom être inscrit au registre des délinquants sexuels pendant 10 ans.

Il lui est interdit d’entrer en contact avec la victime. Il ne peut posséder des armes à feu pendant 10 ans.

Justice et faits divers

Marie-Lou Beauchamp Filion apte à subir son procès

Marie-Lou Beauchamp-Filion, cette femme de 39 ans qui est accusée du meurtre prémédité de son enfant de deux ans, a été jugée apte à subir un procès.

C’est du moins ce que révèle l’évaluation de la psychiatre Marie-Frédérique Allard qui avait été demandée par la Couronne. La prévenue est en effet en mesure de comprendre la nature des accusations qui sont portées contre elle. Par le fait même, le processus judiciaire pourra se poursuivre en vue d’un éventuel procès s’il y a lieu. 

Cependant, le procureur de la Couronne, Me Benoît Larouche, n’a pas encore été en mesure de transmettre à l’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, toute la preuve en lien avec ce dossier. Il manque, entre autres, des analyses de laboratoire avant de terminer cette étape. La cause a donc été reportée au 13 décembre. D’ici là, on souhaite être en mesure de compléter la divulgation de la preuve. 

La femme de 39 ans était détenue au Centre régional en santé mentale de Shawinigan depuis sa comparution le 5 septembre. La cause avait fait l’objet d’une remise le 4 octobre dernier parce que la psychiatre Allard n’avait pasété capable de compléter son rapport en raison d’un surplus de patients. 

Marie-Lou Beauchamp Filion est accusée du meurtre au premier degré de son enfant. Le drame est survenu dans un logement de l’avenue Cyr à Bécancour le 1er septembre. Le bambin avait alors été retrouvé en arrêt cardiorespiratoire. Au moment des faits, l’accusée était déjà suivie par un psychiatre pour une dépression. Il semble que cette dernière vivait une séparation difficile avec le père de son enfant.

Justice et faits divers

Le fils de Gaétan Barrette arrêté après un délit de fuite

Geoffroy Barrette, fils du ministre québécois de la Santé Gaétan Barrette, pourrait bientôt faire face à des accusations criminelles de conduite dangereuse et de délit de fuite.

Le jeune homme de 23 ans a été libéré sous promesse de comparaître, vendredi, après avoir été longuement interrogé par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Geoffroy Barrette a été arrêté vers 5h10 vendredi matin, à la suite d’un délit de fuite survenu quelques heures plus tôt sur le Plateau-Mont-Royal, à Montréal.

On le soupçonne d’avoir heurté un cycliste peu après minuit, à l’intersection des rues Rachel et Saint-Dominique.

«Suite à la rencontre avec les enquêteurs, ceux-ci ont été en mesure de déterminer que le jeune homme [M. Barrette] était bel et bien au volant du véhicule lors de la collision avec le cycliste», a confirmé l’agent relationniste du SPVM, Daniel Lacoursière.

Deux accusations seront suggérées au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP): défaut d’arrêter lors d’un accident entraînant des lésions corporelles et conduite dangereuse causant des lésions corporelles, a-t-il ajouté.

Le cycliste, un homme de 27 ans, a subi des blessures importantes à la tête, mais on ne craint pas pour sa vie.

Le véhicule, qui appartiendrait au ministre Gaétan Barrette, a plus tard été retrouvé sur la rue des Carrières, près de la rue Saint-Hubert.

Barrette «choqué»

Le ministre Barrette a fait parvenir un communiqué dans lequel il affirme avoir appris la nouvelle de l’arrestation de son fils à son réveil, vendredi.

«Je suis choqué et mes premières pensées ont été immédiatement pour la victime et ses proches, a-t-il affirmé. Je n’étais pas au courant qu’il était visé par une interdiction de conduire. Mon fils, que j’accompagnerai comme tout parent, devra maintenant répondre de ses actes.»

À la suite de vérifications, les enquêteurs ont conclu que le permis de conduire de Geoffroy Barrette était valide.

Geoffroy Barrette n’était pas connu des milieux policiers.

Interrogé à ce sujet vendredi, le premier ministre Philippe Couillard a d’abord dit qu’il espère que la personne blessée se porte bien.

Il a dit avoir appelé M. Barrette, son ministre, qui est aussi «un père de famille».

«Comme parent on peut un peu comprendre la situation dans laquelle M. Barrette est, alors je lui ai juste transmis notre solidarité», a dit le premier ministre.

Shawinigan

Et le parc industriel à grand gabarit?

Shawinigan — Même s’il ne l’a pas cité spontanément dans sa liste de priorités lors d’un prochain mandat, Michel Angers assure que le développement du parc industriel à grand gabarit, dans le secteur Saint-Georges, demeure un outil de développement économique pour Shawinigan.

Son orientation devrait se préciser au cours des quatre prochaines années, prévoit le maire sortant.

Mercredi matin, M. Angers présentait ses engagements économiques dans l’éventualité où la population renouvellera sa confiance à son endroit le 5 novembre. Le parc industriel à grand gabarit, dont l’élaboration a été conçue en catastrophe pour une multinationale brésilienne qui n’est finalement jamais venue, ne se retrouvait nulle part dans son discours.

Il s’agit pourtant d’un projet qui a nécessité un investissement de 4,9 millions $ seulement pour acquérir 29 propriétés sur ce site, entre 2012 et 2016. En 2013, la Ville apprenait que le Groupe RIMA suspendait indéfiniment son projet d’usine de transformation de silice, qui devait créer jusqu’à 400 emplois sur deux phases. L’acquisition des propriétés s’est poursuivie par la suite, mais le conseil municipal n’a pas poussé plus loin, pour le moment, en ce qui concerne la réorganisation du site.

Dans son dernier plan triennal d’immobilisations déposé en décembre 2016, un investissement de 859 000 $ était prévu pour les «travaux d’aménagement du parc industriel à grand gabarit, phase 1», en 2019. En juin 2016, M. Angers avait prédit que lorsqu’il quittera la mairie de Shawinigan, des entreprises seront établies dans cet espace. En séance publique, il a déjà avancé la possibilité que ce parc industriel accueille des PME. Des créneaux particuliers pourraient être développés à cet endroit, tels que le développement durable ou l’efficacité énergétique.

«Pour Investissement Québec, ça donne une opportunité pour des grands projets», rappelle le maire. «C’est toujours là. Nous avons eu plusieurs rencontres, plusieurs entrepreneurs sont venus voir le site.»

«On ne baisse pas les bras, absolument pas!», enchaîne-t-il. «Il y a 25 ans, quand Alcan parlait de la possibilité de construire une nouvelle usine, il y aurait probablement 500 emplois ici aujourd’hui si nous avions eu un (parc industriel à grand gabarit) prêt et structuré. Mais à ce moment, les municipalités se sont chicanées pour choisir un site et finalement, aucun n’a été choisi. On n’a donc jamais eu la possibilité de postuler auprès d’Investissement Québec pour une usine de Rio Tinto à Shawinigan.»

M. Angers fait remarquer que l’emplacement de l’ancienne aluminerie possède aussi un potentiel de développement industriel intéressant. Il s’agit toutefois d’un legs de Rio Tinto pour favoriser la poursuite d’activités économiques sur ce site. Du côté de Saint-Georges, on parle plutôt d’une orientation prise par la Ville qui tarde à rapporter des résultats concrets.

«Est-ce que ce sera un projet majeur, est-ce que le parc sera compartimenté pour se donner un volet de développement durable, par exemple?», réfléchit-il. 

«Ce sont des pistes que nous regardons. Ça fait partie des projets à moyen et long terme. Je vous rappelle que nous avons un actif. On peut bien nous dire que nous avons mis cinq millions $ là-dedans, c’est vrai. Mais nous avons un immense terrain et ça, c’est une valeur ajoutée.»

Trois-Rivières

Fort taux de satisfaction pour Yves Lévesque

Trois-Rivières — À quelques semaines à peine de l’élection municipale, le maire sortant, Yves Lévesque, continue de jouir d’un excellent taux de satisfaction auprès de la population trifluvienne. C’est du moins ce qui ressort du sondage Segma Recherche, commandé pour le compte du Nouvelliste et de Cogeco Média 106,9 FM.

En effet, avec 79,7 % de gens qui se disent très satisfaits ou assez satisfaits du travail du maire Yves Lévesque au cours de son dernier mandat, le maire sortant obtient l’un des taux de satisfaction les plus élevés depuis 2005. Il faut en fait remonter à 2007 pour recenser un taux de satisfaction de 80 % à son endroit.

«En 2011, il avait chuté à 64 %. On constate donc que c’est un retour à ses années les plus fortes», constate Raynald Harvey, président de Segma Recherche. Ce dernier note toutefois qu’on ne compte pas sur un noyau très important de gens qui se disent «très satisfait», avec seulement 27,5 % contre 52,2 % se disant «assez satisfait». 

«En général, lors d’un taux de satisfaction aussi élevé, on constate un noyau de «très satisfait » plus fort, autour de 35 % ou 40 %. Par contre, le niveau de satisfaction pour le travail de M. Lévesque est fort partout, dans tous les sous-groupes et dans tous les secteurs de la ville. Ça nous laisse penser qu’il n’existe pas vraiment de clientèle-cible pour que ses adversaires tentent de rallier les mécontents de son administration», analyse Raynald Harvey. 

Ce dernier fait remarquer que bien que le taux de satisfaction soit élevé partout, il l’est particulièrement chez les gens plus âgés et chez les répondants moins scolarisés.

Toutefois, un taux de satisfaction ne se traduit pas toujours forcément en intentions de vote. En 2009, à quelques semaines des élections municipales, Yves Lévesque récoltait un taux de satisfaction de 77 % dans un sondage aussi mené par Segma Recherche. Trois semaines plus tard, Yves Lévesque obtenait 55 % des voix contre son adversaire André Carle, avec 45 % des voix.

Les intentions de vote à l’élection municipale seront dévoilées dans une seconde partie du sondage qui sera publiée lundi matin.

Actualités

2,7 millions $ pour l’école Laflèche de Shawinigan

Shawinigan — Le ministre Sébastien Proulx a sûrement fait des jaloux, jeudi, en se rendant dans le secteur Grand-Mère de Shawinigan pour y annoncer un investissement de 2,7 millions $ qui permettra d’agrandir l’école primaire Laflèche et de construire un gymnase répondant aux nouvelles normes.

Cette annonce avait été faite par son ministère à la Commission scolaire de l’Énergie, il y a quelque temps déjà, mais la nouvelle avait été jalousement gardée par le directeur de l’école, Denis Berthiaume. Le ministre croit que le directeur «voulait en faire l’annonce avec l’ensemble des élèves» qui se sont d’ailleurs montrés fous de joie, jeudi, en l’apprenant en même temps que les médias.

C’est le genre de nouvelle qu’attendent aussi avec impatience certaines écoles de la région, alors que le ministère a fait un nombre record d’annonces en matière d’infrastructures scolaires, au cours des derniers mois, au Québec. Les besoins, comme on le sait, sont nombreux et croissent en même temps que la démographie et la vie utile des bâtiments.

Les parents de l’école de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, par exemple, avaient tenu une importante activité de mobilisation, le jour de la rentrée, pour tenter de sensibiliser le ministère à l’urgence de leur besoin d’espace dans l’école. À Saint-Maurice aussi on rêve d’agrandir l’école même si, en attendant, des roulottes de chantier bien aménagées servent d’espace supplémentaire pour une clientèle scolaire sans cesse croissante.

«On reçoit annuellement plus de 1 milliard $ de projets», fait valoir le ministre Proulx qui prévoit injecter 400 millions $ en 2017-18 sans toutefois préciser si quelques-uns de ces millions $ tomberont encore en Mauricie.

À l’école Laflèche, où évoluent 200 élèves, le gymnase est beaucoup trop bas pour être digne de ce nom et il fait davantage office de salle polyvalente que de lieu sportif, explique le directeur de l’école.

«C’est une salle qui est à tous les usages et le plafond est relativement bas. Le temps d’utilisation allait au-delà de la capacité qu’on avait», explique Denis Berthiaume.

Ce gymnase désuet, qui est aussi utilisé par l’école secondaire Du Rocher, accueille même le service de garde. C’est tout dire. «On commençait à être un peu à l’étroit», fait valoir le directeur.

Les travaux d’agrandissement de l’école Laflèche et l’aménagement de son nouveau gymnase commenceront le printemps prochain. Ces infrastructures seront disponibles en 2019.

À ce projet de 2,42 millions $, le ministre a annoncé aussi l’octroi de 0,30 M$ de bonification pour la réussite éducative, ce qui totalise 2,72 M$. C’est le milieu qui décidera comment sera utilisée cette bonification destinée à l’école. L’argent pourrait servir à toutes sortes de projets en lien avec la réussite éducative, que ce soit l’aménagement d’espaces plus grands, d’un atrium, d’installations qui permettraient de nouvelles activités sportives qui n’étaient pas prévues ou d’espaces vitrés, par exemple. «Tout est possible dans la mesure où l’on respecte les règles», indique Sébastien Proulx.

Actualités

CSAD: les parties doivent se parler, dit Proulx

Trois-Rivières - Le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx, n’entend pas intervenir, du moins pas à ce stade-ci, dans l’impasse entre la Commission scolaire du Chemin-du-Roy et la Ville de Trois-Rivières au sujet du Complexe sportif Alphonse-Desjardins. Le ministre estime que les deux parties doivent plutôt continuer à se parler.

Le ministre a rappelé que le CSAD n’appartient pas au ministère de l’Éducation, mais à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy. 

«Le ministère, aujourd’hui, n’est pas propriétaire du Centre (CSAD) et ne va pas acheter le Centre», assure-t-il. «Il faudra trouver des solutions autres que me le repasser», prévient le ministre catégoriquement en envoyant d’un même élan un avertissement: «Je ne veux pas que les services aux élèves soient affectés» par ce dossier.

La gestion du CSAD, rappelons-le, a engendré jusqu’à présent, un déficit de 4,2 millions  $ à la Commission scolaire qui réclame une collaboration accrue de la Ville de Trois-Rivières pour se renflouer.

Le ministre reconnaît que «le temps presse, mais on n’est pas rendu au moment où je dois intervenir», estime-t-il. «C’est une situation qui est unique et il y aura vraisemblablement une réponse qui sera différente de ce qui se fait ailleurs», prévoit-il.

«Je vais me réserver le droit de laisser le temps aller un peu pour qu’ils puissent travailler ensemble. C’est ce qu’on me dit qu’ils font actuellement. Et quand on verra que les choses ne peuvent pas avancer autrement, on verra quelles sont les autres solutions», a indiqué M. Proulx qui était de passage à Shawinigan, jeudi, pour annoncer un investissement de 2,7 millions $ à l’école Laflèche.

«Il y a bien sûr une entente d’utilisation avec la Ville de Trois-Rivières. Moi, je me suis assuré qu’on puisse avoir cette conversation, c’est-à-dire la Commission scolaire, la Ville et le Ministère et ce que je souhaite, c’est qu’ils terminent cette période-là», insiste le ministre.

«S’il y a des hypothèses sur la table, actuellement, ils sont sur cette table-là et tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas terminé, je ne vais pas m’en mêler autrement», précise-t-il.

Sébastien Proulx ajoute que lorsque des scénarios commenceront à émerger des discussions, «on sera capable d’envisager les choses, mais pour l’instant, c’est là qu’on en est», dit-il.

Le ministre indique qu’il comprend bien la situation. «C’est une infrastructure scolaire qui est imposante, qui est importante, qui, effectivement, affecte la Commission scolaire», reconnaît-il, mais selon lui, il faut malgré tout laisser libre cours aux discussions.

Le Ministère, dit-il, «peut être un facilitateur» et les gens du ministère sont justement assis autour de la table de discussion actuellement. «Je me suis assuré que ça puisse travailler au mieux.»

Le ministre Proulx croit que «la Commission scolaire a aussi des réflexions à faire, des devoirs à faire et la Ville de Trois-Rivières a aussi des discussions à avoir avec elle».

Sébastien Proulx n’était pas ministre de l’Éducation lorsque la Commission scolaire du Chemin-du-Roy s’était lancée dans ce projet.

Il faut maintenant s’assurer, dit-il, que cette infrastructure «ait une vocation scolaire, une utilisation scolaire qui est suffisante et qu’on n’affecte pas les services aux élèves. Ce n’est pas censé être un générateur de dettes», plaide-t-il. Le ministre ne croit pas que l’imposition d’une taxe supplémentaire aux citoyens soit une solution. «Si vous me parlez de taxation scolaire, il faut être en lien avec des services éducatifs», rappelle-t-il.