Monde

Corée du Nord: Trump s'accroche à son «succès» diplomatique

WASHINGTON — «Il est calme, je suis calme.» Donald Trump résume ainsi la mue de sa relation jadis explosive avec Kim Jong Un. Et s'accroche à ce qu'il considère être son grand «succès» diplomatique, quitte à se satisfaire de gestes limités de la part du dirigeant nord-coréen.

Le président des États-Unis n'a pas tari de superlatifs pour commenter l'issue du sommet intercoréen cette semaine. «Super réponses», «progrès extraordinaires», relations «excellentes», a-t-il énuméré, insistant sur le «calme» qui prévaut après une année 2017 scandée par les bruits de bottes nucléaires.

Alors que Kim Jong Un souhaite rencontrer à nouveau Donald Trump «à une date rapprochée», le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lui a fait écho vendredi en disant espérer qu'un nouveau sommet, après celui, historique, du 12 juin à Singapour, puisse se tenir «dans pas trop longtemps».

«Trump pense que son premier sommet avec Kim était un succès majeur», explique à l'AFP Jon Wolfsthal, directeur du Nuclear Crisis Group, une organisation de prévention des conflits atomiques. «Or il a besoin de succès diplomatiques rapides pour compenser des déboires en politique intérieure», ajoute cet ex-membre de l'administration démocrate de Barack Obama.

À Pyongyang où il accueilli le président sud-coréen Moon Jae-in, le dirigeant nord-coréen a confirmé le démantèlement d'un site balistique, promettant cette fois la présence cruciale d'inspecteurs internationaux. Et il s'est dit prêt à fermer définitivement un important complexe nucléaire, mais à condition d'obtenir des contreparties américaines — il pourrait s'agir d'une déclaration mettant fin à la guerre de Corée, qui ne s'est conclue en 1953 que par un armistice, mais aussi d'une levée partielle des dures sanctions internationales.

Des avancées concrètes, pour la première fois depuis Singapour, mais à la portée jugée limitée par la plupart des observateurs.

La dénucléarisation «d'abord»

Suffisantes en tout cas pour débloquer l'impasse dans laquelle se trouvaient les négociations sur la dénucléarisation: Mike Pompeo s'est dit prêt à les relancer «immédiatement», dès la semaine prochaine à New York.

Dans sa réaction, il a soigneusement ignoré la demande de contreparties américaines. Car cette exigence nord-coréenne ne cadre pas avec le discours très ferme que Washington tenait avant le sommet Trump-Kim et qu'une partie de l'administration tente de maintenir.

«Rien ne peut se passer sans dénucléarisation, la dénucléarisation doit intervenir d'abord», a martelé jeudi la porte-parole du département d'État américain, Heather Nauert. Et «les sanctions doivent être appliquées, on ne peut pas lever le pied», a-t-elle aussi insisté.

Sur les sanctions, les États-Unis ont jusqu'ici tenu bon.

Mais le président républicain semble davantage disposé que son gouvernement à faire d'autres concessions.

«Une lettre gentille de Kim Jong Un a suffi pour que le président se dise prêt à un autre sommet, alors qu'aucun des problèmes n'a été résolu», s'inquiète Bruce Klingner, longtemps chargé de la Corée du Nord à la CIA et aujourd'hui chercheur du think tank conservateur Heritage Foundation.

Or, ajoute-t-il pour l'AFP, «Pyongyang tente clairement de découpler Trump du reste de l'administration, ils le considèrent», «à raison», «plus susceptible de faire des concessions comme il l'a fait à Singapour sans rien demander en retour».

Pour Bruce Klingner, toutefois, «les États-Unis peuvent tenter d'utiliser ce vif désir nord-coréen de rencontrer Trump pour arracher des choses avant toute réunion».

«Dernière manœuvre de Kim»

Car contrairement au «tout ou rien» affiché, l'administration américaine semble elle-même s'engager sans le dire dans un processus de concessions réciproques, étape par étape.

«Il semble clairement que ce qu'ils ont convenu de mettre en place le 12 juin à Singapour est de l'ordre du donnant-donnant, comme le réclame Pyongyang», estime Joseph Yun, qui était encore récemment l'émissaire américain pour la Corée du Nord. «Espérer que la Corée du Nord dénucléarise complètement», «avant d'obtenir quoi que ce soit, c'est totalement irréaliste», plaide cet expert de l'United States Institute of Peace, un cercle de réflexion qui organisait vendredi un échange avec la presse.

Certains voient d'ailleurs d'un bon oeil les négociations prendre cette tournure.

Les annonces faites cette semaine sont limitées, mais «c'est la première fois que les Nord-Coréens acceptent de parler de dénucléarisation avec les Sud-Coréens», et pas seulement avec les Américains, fait valoir Joseph Yun, estimant qu'il ne fallait pas s'attendre à davantage de ce rendez-vous.

«Ça vaut la peine d'explorer leurs propositions», renchérit Jon Wolfsthal, «favorable à une approche étape par étape».

D'autres experts redoutent que Donald Trump soit en train de «tomber dans la dernière manœuvre de Kim», pour reprendre la formule de Bruce Klingner, et que le numéro un nord-coréen tente une fois de plus de gagner du temps, poussant les États-Unis à accepter, in fine, de cohabiter avec une Corée du Nord nucléaire.

Affaires

Une entente de principe à TVA, la grève évitée

MONTRÉAL — Une entente de principe vient d'intervenir entre le Syndicat des employés de TVA et la direction du télédiffuseur quant au renouvellement de la convention collective.

L'information a été confirmée à La Presse canadienne par le Syndicat canadien de la fonction publique, affilié à la FTQ, auquel est rattaché le syndicat des 830 employés de TVA.

Mercredi soir, les syndiqués avaient voté à 51,4 % contre l'offre «finale et globale» que la direction avait déposée la veille.

Les discussions avaient repris in extremis entre les parties, puisqu'une menace de grève ou de lock-out planait pour les prochains jours.

Le SCFP a fait savoir qu'une assemblée des membres aura lieu le 6 octobre pour se prononcer sur le contenu de l'entente de principe.

Il n'en a pas révélé le contenu, préférant en garder la primeur pour ses membres, comme c'est habituellement le cas en pareille circonstance.

Monde

Mort à 61 ans du président vietnamien, fer de lance de la répression

HANOï — Le président vietnamien Tran Dai Quang, figure du camp conservateur au sein du régime communiste et de la répression contre les dissidents, est décédé vendredi à l'âge de 61 ans, une disparition qui ne déstabilise pas le régime.

«Le président Tran Dai est mort à l'hôpital militaire» dans la matinée, selon un bulletin de l'agence officielle VNA, Vietnam News Agency, relayé à la télévision nationale.

Le régime n'évoque que sa «grave maladie», objet de rumeurs depuis des mois, sans en préciser la nature.

Président depuis 2016, Tran Dai Quang continuait à exercer ses fonctions officielles, malgré sa fatigue visible et son amaigrissement. La semaine dernière, lors d'une cérémonie avec le président indonésien Joko Widodo, il était apparu particulièrement affaibli.

Il faisait partie du quatuor de conservateurs à la tête du régime, avec le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale et surtout le secrétaire général du parti communiste, véritable numéro un.

Il était aussi le visage du régime sur la scène internationale, notamment lors du sommet de l'APEC accueilli par le Vietnam en novembre dernier, où il a assumé son rôle d'hôte du président américain Donald Trump et du chinois Xi Jinping entre autres.

«Le camarade Tran Dai Quang était un homme d'État et de parti exceptionnel», a commenté Geng Shuang, porte-parole de la diplomatie chinoise, évoquant «ses importantes contributions aux réformes et à l'ouverture du Vietnam», ainsi qu'au «partenariat Chine-Vietnam». Son mandat a pourtant été marqué par l'aggravation du conflit avec Pékin quant à la souveraineté territoriale sur la mer de Chine méridionale.

C'était un «promoteur important du développement du Vietnam» et un «ami des Nations unies», a réagi dans un communiqué son secrétaire général, Antonio Guterres, en se déclarant «attristé» et en estimant qu'«on se souviendra longtemps du président Quang dans son pays et au-delà».

Tran Dai Quang était membre du puissant Bureau politique du Parti communiste du Vietnam (PCV), véritable centre du pouvoir, qui devra nommer son successeur.

Pas d'assouplissement en vue

La mort du président, premier général de police à être nommé à ce poste, ne déstabilise pas le régime communiste, au pouvoir depuis des décennies, qui a eu le temps de se préparer à son décès.

«Le Vietnam va s'en remettre... Un remplaçant lui sera trouvé au sein du politburo», estime Carlyle Thayer, spécialiste de l'Asie du Sud-Est à l'université de New South Wales Canberra, interrogé par l'AFP.

Cet ancien ministre de la Sécurité publique, portefeuille clef de ce régime autoritaire, aura néanmoins marqué son mandat par sa répression de toute voix discordante dans ce pays où des dizaines de prisonniers politiques, blogueurs ou journalistes, sont détenus.

Selon le décompte d'Amnesty International en avril 2018, une centaine de prisonniers politiques étaient derrière les barreaux.

«Même une fois devenu président, il continuait à donner le ton» et à superviser la répression de son ministère d'origine, accuse Andrea Giorgetta, représentant en Asie de la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh).

Malgré la mort de cet ultra, «il est peu probable que le Vietnam change d'attitude et devienne plus tolérant», ajoute-t-il.

Son élection avait confirmé la domination politique des conservateurs, après un congrès du PC en janvier 2016 marqué par de vives luttes entre conservateurs et réformateurs.

Élections 2018

Legault se défend d'avoir dit «ta yeule» à Lisée pendant le débat

MONTRÉAL — Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, espère faire taire ceux qui le soupçonnent d'avoir balancé «ta yeule» à son rival du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée.

Le leader caquiste a assuré vendredi en mêlée de presse qu'il avait plutôt réagi en disant «ayoye» à une intervention que venait de faire son adversaire politique sur le plateau du débat de TVA, jeudi soir.

L'échange qui a alimenté les spéculations sur les réseaux sociaux s'est produit pendant un segment où les chefs de parti discutaient de baisser les taxes scolaires.

Le leader du PQ a terminé sa réponse en lançant que «les gens qui en ont besoin vont en avoir», et que «les amis millionnaires» de François Legault «n'en auront pas avec nous», s'adressant nommément à son opposant.

L'animateur de la joute oratoire, Pierre Bruneau, a ensuite donné la parole à Manon Massé

Mais avant de se pointer sur la coporte-parole de Québec solidaire, la caméra s'est arrêtée un moment sur le leader de la CAQ.

On voit furtivement François Legault lever les yeux au ciel et prononcer quelque chose de difficilement audible, la mâchoire serrée et le visage crispé.

Mais il jure qu'il n'a pas sommé impoliment son rival péquiste de se taire.

Élections 2018

François Legault en Outaouais ce week-end

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, effectuera sa première visite de la campagne en Outaouais ce dimanche.

M. Legault était venu dans la région le 19 août dernier — quatre jours avant le déclenchement officiel de la campagne — pour promettre la construction d’un nouvel hôpital de 170 lits en Outaouais d’ici cinq ans.

Les candidats régionaux des partis adverses avaient dénoncé cet engagement, en affirmant notamment que son échéancier est «irréaliste».

Il est pour l’instant prévu que M. Legault se promène dans quatre circonscriptions différentes, dimanche, lors de son premier passage de la campagne dans la région.

Élections 2018

La CAQ s’engage au retour d'une clinique sans rendez-vous à Charlesbourg

Fermé il y a 10 mois faute de financement, le service de sans rendez-vous du Centre médical Charlesbourg rouvrira ses portes sous un gouvernement de la CAQ.

Le candidat dans Charlesbourg Jonatan Julien s’est engagé à rétablir le financement de la clinique, amputé par le ministre de la Santé sortant Gaétan Barrette. Ainsi, il croit pouvoir offrir une solution de proximité aux 52 000 patients orphelins de médecin de famille qui vivent au nord de Québec. 

Le rétablissement de ce service coûterait 150 000$ par année et commanderait une dérogation spéciale, indique la CAQ. 

«Pour nous, ça fait pas de sens», que cette clinique ait fermé son service de sans rendez-vous, qui a été ouvert de 2013 à 2017 tous les jours de la semaine, 73 heures par semaine. 

Le député sortant François Paradis a ajouté que les gens de Québec avaient perdu d’autres services de sans rendez-vous ces derniers mois, par exemple à la clinique médicale Pierre-Bertrand et au CLSC Haute-Ville. 

La CAQ ne s’engage pas à rétablir tous les services, mais veut agir au cas par cas, en étant à l’écoute des besoins de chaque secteur. «Quand c’est réclamé par les médecins, on répond oui. S’il y a d’autre demandes du genre qui viennent, pour faire en sorte qu’on puisse mieux servir les patients, on le fera aussi», indique M. Paradis. 

La CAQ rejette le modèle unique des supercliniques implantées par le gouvernement libéral. 


Plus de détails à venir…

Élections 2018

Québec solidaire accuse le PLQ de détourner des fonds dédiés aux immigrants

MONTRÉAL — Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a présenté le plan de son parti pour mieux intégrer les nouveaux arrivants, vendredi matin à Montréal. Il en aussi profité pour dénoncer ce qu'il qualifie de «détournement de fonds du fédéral» par le gouvernement libéral.

Accompagné du candidat dans la circonscription de Laurier-Dorion, Andrés Fontecilla, M. Nadeau-Dubois a soutenu que les libéraux ont détourné deux milliards de dollars destinés à financer des projets d'intégration des immigrants.

Selon Québec solidaire, depuis l'arrivée au pouvoir du Parti libéral du Québec en 2004, les sommes versées annuellement par Ottawa pour l'aide aux nouveaux arrivants sont supérieures aux sommes réellement dépensées par le ministère de l'Immigration du Québec.

En conférence de presse, Gabriel Nadeau-Dubois a insisté sur le fait que «chaque année, des sommes disparaissent» entre la colonne des sommes reçues du fédéral et celle des sommes dépensées par Québec.

Toujours d'après QS, plus de la moitié des deux milliards qui n'ont pas été utilisés aux fins d'intégration des nouveaux arrivants ont été «détournés» sous la gouverne du premier ministre sortant Philippe Couillard.

Le coporte-parole solidaire a interpellé le chef libéral pour qu'il explique où est passé l'argent.

«On veut voir une ligne dans l'étude des crédits ou dans le budget qui indique que cet argent-là a été bien utilisé. Pour l'instant, les seules informations chiffrées dont on dispose, c'est qu'il y a de l'argent qui rentre pour l'intégration des immigrants et que les dépenses sont moins grandes», a répété M. Nadeau-Dubois.

Couillard doit répondre

Selon lui, un chef comme Philippe Couillard qui se présente «en champion de l'immigration» doit répondre à cette question.

En ce qui concerne le plan de Québec solidaire, le parti propose d'accélérer le rythme d'embauche afin d'augmenter à 13 pour cent le taux d'employés appartenant à une minorité visible, soit le véritable poids démographique qu'elles représentent.

Le plan de QS prévoit aussi la création de guichets uniques dédiés aux immigrants afin de les orienter vers les ressources dont ils ont besoin, que ce soit pour la francisation, la recherche d'emploi ou le soutien financier. Le parti promet de favoriser l'intégration en emploi par la reconnaissance des diplômes étrangers.

Commission sur le racisme systémique

Manon Massé a soutenu, lors du débat tenu en anglais, que son parti serait prêt à mettre sur pied une commission sur le racisme systémique au Québec.

Gabriel Nadeau-Dubois considère qu'il n'y a rien de mal à réfléchir collectivement à cet enjeu-là.

«Le Québec n'est ni plus ni moins raciste que les autres pays. C'est un problème qui existe partout à travers le monde, a-t-il mentionné. Ce qui définit une société mature, une société adulte, c'est sa capacité à se poser des questions délicates et difficiles comme celle du racisme et des discriminations», a souligné le coporte-parole de QS.

Il dit n'avoir aucun malaise à discuter de cet enjeu dans le but de trouver des solutions.

Monde

L'alcool tue 3 millions de personnes dans le monde chaque année selon l'OMS

GENÈVE — L'alcool tue quelque 3 millions de personnes dans le monde chaque année, ce qui représente un décès sur vingt, a averti vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans un rapport sur la consommation d'alcool dans le monde et ses conséquences néfastes sur la santé, l'agence de l'OMS souligne que la consommation d'alcool tue davantage que le sida, la tuberculose et la violence réunis.

Maladies infectieuses, accidents de la circulation, blessures, homicides, maladies cardiovasculaires, diabètes... 5,3% des décès dans le monde sont liés à l'alcool chaque année, selon l'OMS.

Chez les plus jeunes (20-29 ans), ce taux atteint 13,5%.

Au total, l'alcool a tué dans le monde quelque 3 millions de personnes en 2016, contre 3,3 millions en 2012 selon le précédent rapport de l'OMS à ce sujet.

Trois quarts des décès concernent des hommes.

L'OMS note qu'il y a eu «certaines tendances mondiales positives», pointant la réduction enregistrée depuis 2010 des beuveries épisodiques et du nombre de décès liés à l'alcool.

Mais, expliquent les experts, «le fardeau global des maladies et des blessures causées par la consommation nocive d'alcool est inacceptable, en particulier dans la région européenne et dans la région des Amériques».

Plus de 200 maladies sont liées à la consommation d'alcool.

Sur les 3 millions de décès attribuables à l'alcool, 28% étaient liés à des accidents de la route, violences, suicides et autres actes violents, 21% à des troubles digestifs et 19% à des maladies cardiovasculaires. Les autres décès sont attribués à des maladies infectieuses, des cancers, des troubles mentaux et autres problèmes de santé.

«Il est temps d'agir davantage pour prévenir cette grave menace pour le développement de sociétés saines», a relevé le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans un communiqué

Baisse «spectaculaire» en Russie

Environ 2,3 milliards de personnes dans le monde boivent de l'alcool, selon l'OMS. L'alcool est consommé par plus de la moitié de la population sur le continent américain, en Europe et dans la région du Pacifique occidental.

L'Europe a la consommation par habitant la plus élevée du monde, bien que cette consommation ait diminué de plus de 10% depuis 2010. La consommation d'alcool a diminué dans les trois quarts des pays européens, avec de très fortes réductions enregistrées en Russie, en Modalvie et au Belarus.

En Russie par exemple la consommation annuelle d'alcool (mesurée en litres d'éthanol pur) par habitant est passé de 18,7 litres en 2005 à 11,7 litres en 2016.

Cette «diminution spectaculaire» s'explique par la mise en oeuvre par le gouvernement russe de mesures recommandées par l'OMS, a expliqué aux médias le Dr Vladimir Poznyak de l'OMS, citant parmi tant d'autres l'introduction d'un prix minimum pour la vodka et l'interdiction de la vente de boissons alcoolisées dans les stations-service.

L'OMS prévoit néanmoins une hausse de la consommation globale d'alcool dans le monde au cours des dix prochaines années, en particulier dans les régions du sud-est asiatique, du Pacifique occidental et sur le continent américain.

La consommation moyenne journalière des personnes buvant de l'alcool correspond à 33 grammes d'alcool pur, soit l'équivalent de 2 verres de vin (de 150 ml chacun) ou d'une bouteille de bière (750 ml) ou de deux «shots» de spiritueux (de 40 ml chacun).

L'augmentation de la consommation globale «entraînera certainement une augmentation du nombre de décès et de souffrances dans le monde entier», a averti M. Poznyak, qui recommande notamment aux instances internationales sportives, comme la Fifa, de «mettre fin» au sponsoring pour les boissons alcoolisées.

Élections 2018

Le chef du PQ continue de questionner la gouvernance de QS

MONTRÉAL — Loin de reculer sur les propos qu'il a tenus jeudi à l'égard de Québec solidaire lors du débat de TVA, le chef du Parti québécois Jean-François Lisée a continué de questionner la gouvernance du parti de gauche, vendredi, suggérant même qu'il bénéficiait d'une «partie gratuite» auprès des médias.

«Il devrait y avoir des journalistes dans l'autobus de Québec solidaire», a déclaré le chef péquiste vendredi matin.

«Québec solidaire n'a pas eu à se livrer à une reddition de comptes quotidienne comme nous avons eu à le faire les trois autres partis.»

Plusieurs analystes et internautes ont critiqué M. Lisée, qui pour la première fois de la campagne, jeudi soir, a remis en cause le mode de gouvernance de Québec solidaire, qui n'a que deux porte-paroles visibles auprès du public.

Selon les documents électoraux officiels, Québec solidaire dispose d'un chef, Gaétan Châteauneuf, qui n'est pas connu du public. Le parti plaide que M. Châteauneuf n'agit qu'en tant que secrétaire général et que ce sont bel et bien les porte-paroles qui prennent les décisions.

Mais M. Lisée veut en savoir davantage, par soucis «de clarté et de transparence», a-t-il expliqué.

Le bon moment

Interrogé sur le contexte de son attaque — c'était la première fois que M. Lisée soulevait cette question pendant la campagne, et il l'a lancée en plein milieu d'un débat sur la santé — le chef du PQ estime qu'il a choisi le bon moment.

«On constate que les porte-paroles de Québec solidaire ont une certaine popularité, c'est maintenant qu'il faut mieux leur poser des questions sur leur réel pouvoir. Je pense que c'était exactement le bon "timing"», a-t-il déclaré.

Selon de récents sondages, Québec solidaire chauffe le Parti québécois dans les intentions de vote. Une enquête de CROP plaçait même le PQ et QS à moins de deux points de pourcentage l'un de l'autre, respectivement en troisième et quatrième place.

Le candidat et ancien député péquiste Jean-Martin Aussant, qui était aux côtés de M. Lisée vendredi, nie que ce soit un geste désespéré de la part de son chef.

«La campagne va archibien. Les analystes le disent», a-t-il plaidé.

M. Aussant dit s'être posé les mêmes questions que son chef sur la gouvernance de Québec solidaire, mais il est resté vague lorsqu'on lui a demandé pourquoi il n'avait pas soulevé le problème plus tôt.

«Moi, je me la posais, cette question-là, et je suis content que, hier, les Québécois dans leur ensemble l'aient entendue», s'est-il contenté de dire.

Lisée «désespéré» dit QS

Invité à réagir à cette nouvelle salve du chef péquiste, le porte-parole solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré que tout le monde se demandait «quelle mouche avait piqué Jean-François Lisée».

«C'était une question qui portait sur la santé. Au lieu de parler des infirmières en burn out, au lieu de parler des listes d'attente dans les urgences, au lieu de parler de nos aînés dans les CHSLD, la grande priorité de Jean-François Lisée, c'était de poser des questions sur la structure interne de Québec solidaire», a-t-il déploré en conférence de presse.

«M. Lisée est désespéré, il a perdu le sens des priorités et moi je peux vous dire qu'on a des très bons chiffres de pointage dans Rosemont à l'heure actuelle», a-t-il ajouté.

La circonscription de Rosemont est celle où se présente le chef péquiste Jean-François Lisée. Le candidat solidaire est l'ancien journaliste Vincent Marissal.

Élections 2018

Le «melon d’eau»: Rousseau tire à boulets.. rouges sur QS

Guillaume Rousseau, du Parti québécois, y est allé d’une charge à fond de train, vendredi matin, contre Québec solidaire (QS) dans le dossier de l’environnement. Le candidat dans Sherbrooke a en effet comparé la position environnementale de QS à un « melon d’eau » tout en associant l’idéologie du parti à celle de la « gauche radicale ».

Au terme d’un point de presse tenu au parc Jacques-Cartier en compagnie des quatre autres candidats péquistes de l’Estrie, M. Rousseau s’en est pris vivement à la position de QS de sortir le Québec de la bourse du carbone. 

Lire aussi: Mais qu'avait mangé Lisée?

Le chef du PQ continue de questionner la gouvernance de QS

Et le gagnant est...

Les moments forts du dernier débat des chefs

« Québec solidaire veut sortir le Québec de la bourse du carbone, qui est un incroyable mécanisme pour diminuer les gaz à effet de serre, a déclaré M. Rousseau. Pourquoi? Parce que la bourse du carbone est une logique de marché. On applique une logique de marché pour atteindre une fin écologique. Mais eux, parce que c’est une logique de marché, ils sont contre. Même si la finalité est écologique. Ça n’a pas de bon sens! Nous, au Parti québécois, on veut des gains environnementaux : que ce soit par l’entreprise privée, que ce soit par des mécanismes issus du marché ou par l’État, peu importe. Le moyen n’est pas important. Ce qui compte, c’est la fin. Mais à Québec solidaire, ils sont tellement idéologiques que, parce que le moyen est inspiré du marché, ils refusent (...).»

« Autant Doug Ford est idéologue de droite, autant Québec solidaire est idéologue de gauche en voulant sortir du marché du carbone. Et ça, c’est absolument inacceptable comme position. Ça me fait dire, de manière plus générale, que Québec solidaire, c’est ce que j’appelle un melon d’eau : ils sont verts à l’extérieur. Ils parlent d’écologie pour aller chercher les urnes, ils instrumentalisent la question écologique. Mais à l’intérieur ils sont rouges, d’une gauche radicale. Dès qu’il y a une solution inspirée du marché, ils ne veulent rien savoir. Même si ça serait bon pour l’environnement. C’est inacceptable comme position et je suis très content que M. Lisée en ait parlé hier (NDLR: lors du débat télévisé à TVA).»