Femmes enceintes ayant subi un traumatisme: le programme STEP en seconde phase

Sur un échantillon de 300 femmes, 150 participeront au programme STEP. Il s’agit d’une dizaine de rencontres thématiques portant sur la maternité, sur l’expérience de traumatismes et comment celle-ci influence le vécu de la maternité.

Entre 2016 et 2021, le projet-pilote STEP (soutenir la transition et l’engagement dans la parentalité) a été mis en application auprès de 40 femmes enceintes ayant vécu une forme de traumatisme durant leur enfance. Le chercheur universitaire derrière ce programme, Nicolas Berthelot, estime maintenant que «cette première phase confirme que c’est un programme utile, sensible à la réalité des femmes ayant vécu des traumatismes, qui favorise une prise de conscience, la résilience et un engagement positif dans la maternité.»


Le programme développé par ce professeur en sciences infirmières de l’UQTR qui est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en traumas développementaux vise à briser l’isolement des femmes ayant vécu des abus, de la négligence ou d’autres formes de traumatismes interpersonnels au cours de leur enfance et leur redonner confiance afin de leur permettre de composer avec les défis particuliers de la grossesse et de la maternité.

«Les femmes enceintes ayant subi des traumatismes présentent un risque accru de détresse au cours de la grossesse, pouvant générer des sentiments désagréables à l’égard d’elles-mêmes ou de la maternité, ainsi que de possibles difficultés dans l’établissement de la relation avec l’enfant après sa naissance, d’où l’intérêt d’intervenir en période prénatale auprès des femmes enceintes ayant vécu des traumas dans leur enfance», explique le chercheur.

Le professeur Nicolas Berthelot, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en traumas développementaux.

Grâce à un nouveau financement de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) de 1 368 726 $ sur quatre ans obtenu par le professeur Berthelot et ses collaborateurs du Centre d’études interdisciplinaires sur le développement de l’enfant et la famille (CEIDEF), le programme STEP peut maintenant passer à la phase deux, soit le déploiement et l’évaluation à grande échelle. Pour y arriver, l’équipe de chercheurs compte sur des partenariats avec plusieurs organisations, dont le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, le CIUSSS de la Capitale-Nationale et le CISSS Chaudière-Appalaches.

Le financement offert par l’ASPC permettra d’obtenir les données probantes nécessaires avant d’espérer déployer le programme STEP à l’ensemble de la province et ailleurs au pays.

Sur un échantillon de 300 femmes, 150 participeront au programme STEP. Il s’agit d’une dizaine de rencontres thématiques portant sur la maternité, sur l’expérience de traumatismes et comment celle-ci influence le vécu de la maternité. Il sera aussi question des ressources qui aident ces femmes dans leur cheminement. Les 150 autres femmes de l’échantillon (le groupe de comparaison) suivront la trajectoire normale dans les soins de santé, c’est-à-dire qu’elles ne participeront pas aux rencontres, mais recevront néanmoins une documentation sur la santé mentale en cours de grossesse.

«La réalisation de la phase deux nous permettra d’évaluer l’implantation du programme STEP dans le milieu de la santé et des services sociaux. Un des objectifs consiste donc à former des intervenantes et intervenants pouvant offrir le programme, de s’assurer qu’il est adapté à leur réalité et de voir s’il s’implante bien dans le milieu», explique le professeur Berthelot.

Le programme STEP sera adapté aux besoins spécifiques de certains sous-groupes: les parents des Premières Nations, les femmes d’origines ethniques diverses qui auraient vécu des situations sensibles dans leur parcours migratoire, et les femmes présentant des problématiques de santé mentale.