Dominique Ducharme: un passage remarqué à l’UQTR

Dominique Ducharme (à gauche) a été l’adjoint de Jacques Laporte pendant deux saisons chez les Patriotes de l’UQTR, de 2002 à 2004.

Trois-Rivières — Les anciens joueurs des Patriotes se souviennent d’un entraîneur adjoint crédible, soucieux des détails, toujours posé: la nomination de Dominique Ducharme comme entraîneur par intérim des Canadiens réjouit la communauté du hockey universitaire, à Trois-Rivières.


Ducharme n’aura fait que passer, mais son association de deux ans avec les Patriotes, en 2002-03 et 2003-04, aura été ponctuée de succès.

«Il dégageait une certaine prestance, il incarnait le respect. Ça fait presque 20 ans, mais j’ai le souvenir d’un coach que tu avais le goût d’écouter», se remémore Frédéric Lavoie, l’un des porte-couleurs de cette édition 2003, championne nationale de hockey universitaire.



Jean-Philippe Glaude reprend sensiblement ces propos. «Il en était à ses débuts comme entraîneur. Sans dire qu’il était timide, on voyait qu’il vivait une transition. Il faisait beaucoup d’analyse, il était à l’écoute. On a su assez tôt qu’il avait un sens du hockey très développé», mentionne celui qui campe aujourd’hui le rôle de recruteur pour les Predators de Nashville.

«Nous avons gardé de bonnes relations. Il m’a même donné un coup de main, il y a quelques années, quand je suis parti jouer à Amiens, en France.»

Confiance, respect

Les journaux et les médias de la Mauricie, au début des années 2000, n’ont pas souvent traité de l’implication de Dominique Ducharme avec l’équipe de Trois-Rivières. Il y a pourtant joué un rôle clé, selon l’entraîneur-chef de l’époque, Jacques Laporte, qui l’avait recruté pour l’accompagner derrière le banc.

Il y avait un contexte. «Je connais bien la famille Ducharme. J’ai dirigé son frère Stéphane avec le National de Joliette. Stéphane est ensuite devenu mon patron dans le monde de la santé, alors oui je me réjouis de cette nomination!»



Ducharme revenait de la France quand il a accepté l’offre de Laporte à l’UQTR, en 2002. Quelques années plus tôt, il avait connu de bons moments comme joueur, avec l’Université du Vermont. Il évoluait, là-bas, aux côtés de Martin St-Louis et Éric Perrin.

«Il avait besoin de compléter des cours à l’UQTR afin de valider son baccalauréat en enseignement de l’éducation physique. Il a décidé de les suivre à Trois-Rivières.»

Faire ses classes au vieux Colisée

Ducharme a rapidement pris du galon au sein du personnel d’entraîneurs des Patriotes. Il n’avait pas 30 ans que Laporte lui confiait des missions précises, comme celle de s’occuper des unités spéciales.

«Je lui ai fait confiance dans plein de domaines, car les gars le respectaient. Sa communication non verbale est très puissante, ses yeux parlent! Ce n’est pas un hasard si les joueurs ont adhéré à sa façon de procéder.»

«Il était proche de nous», corrobore Jonathan Lessard, un autre étudiant-athlète des Patriotes ayant côtoyé Ducharme.

«Je ne jouais jamais sur l’avantage numérique, sauf que je me rappelle qu’il travaillait pour les unités spéciales. Avec notre profondeur à toutes les positions, il a été capable de maximiser nos succès. Plus tu avançais dans la saison et dans le tournoi au championnat canadien, plus ça devenait important. Je dirais qu’il a beaucoup contribué à notre victoire.»



L’actuel pilote des Patriotes, Marc-Étienne Hubert, était coéquipier de Lavoie, Lessard et Glaude. Il retient un mot pour illustrer l’apport de Ducharme: confiance. «Il arrivait comme adjoint à l’UQTR avec un bon bagage dans le monde du hockey, autant en Europe qu’aux États-Unis. Je me souviens d’un entraîneur intelligent, qui inspirait la confiance.»

Jacques Laporte ne pousse pas l’audace à dire qu’il a lancé la carrière de coaching de Dominique Ducharme. Par contre, les deux saisons passées au sein du groupe des Patriotes auront sans doute influencé la suite de son parcours professionnel.

«J’ai hâte de le voir négocier avec les médias sur une base régulière», sourit Laporte, qui admet du même souffle que Ducharme n’est pas le plus loquace. Par contre, ses anciens joueurs vantent ses aptitudes de communicateur.

«C’est un gars de peu de mots, mais ils sont efficaces. Il est complètement à l’opposé de Joël Bouchard, même si ce sont deux grands amis! Je ne suis pas inquiet pour lui, il va s’adapter.»

L’actuel entraîneur adjoint chez les Patriotes, Mathieu Gravel, a aussi côtoyé Ducharme avec les Voltigeurs de Drummondville, en 2016-17. Gravel avait accepté un poste d’adjoint, alors que Ducharme était entraîneur-chef.

«Il m’a beaucoup appris en peu de temps. Je suis content qu’il obtienne sa chance avec le Canadien et je suis persuadé qu’il aura le respect des joueurs comme entraîneur-chef. Il n’hésitera pas à faire confiance à son entourage et c’est un gars qui recherche constamment les nouvelles tendances.»