Patinoires extérieures: des parents prônent le casque obligatoire

Zachary Cossette a été frappé par une rondelle alors qu'il s'amusait sur une patinoire extérieure.

Zachary Cossette patine depuis qu'il a l'âge de se tenir debout. À dix ans, le hockey est son sport préféré. Mardi dernier, il s'amusait avec des amis à la patinoire extérieure de son quartier quand une rondelle égarée l'a heurté à la tête, causant un hématome cérébral. Un accident qui aurait pu avoir de tragiques conséquences.


L'équipe de Zachary, Les Estacades atome BB, a été touchée par l'accident de leur coéquipier, survenu sur une patinoire extérieure.

«C'est quasiment un miracle», confie sa mère, Nathalie Cartier, devant le lit de son fils toujours hospitalisé. Quand l'accident est survenu, Zachary ne portait pas de casque. Transporté à l'hôpital, il a dû subir une opération au cerveau. Hier, le garçon, assis dans son lit, crayonnait avec sa soeur. Sur la petite table de chevet, un immense bouquet prend toute la place; un cadeau de l'équipe de hockey atome BB de Zachary.

Si le garçon doit bientôt obtenir un congé graduel de l'hôpital, son histoire a sensibilisé toute son équipe de hockey et des parents demandent à ce que le port du casque soit rendu obligatoire sur les patinoires extérieures.



Au Québec, le port du casque protecteur est obligatoire que sur les surfaces de glace qui ont été réservées pour une activité de hockey. Sur les patinoires extérieures, où les matchs organisés par les associations régies par le règlement québécois sont plus rares, le port du casque est donc généralement laissé au choix de chacun, bien qu'il soit recommandé par nombre de municipalités.

À Trois-Rivières, où s'est produit l'accident, la Ville recommande «le port du casque protecteur en tout temps», sur la page Internet qu'elle consacre aux patinoires extérieures. À la patinoire où s'est produit l'accident, une affiche indique aussi que le port du casque est recommandé.

Si les jeunes joueurs de hockey sont tenus de porter leur équipement protecteur dans les activités organisées, ils sont donc libres de laisser leur casque à la maison quand vient le temps d'aller s'amuser à la patinoire extérieure du coin de la rue. Pour Luce Bourassa, la mère d'un des joueurs de l'équipe atome BB de Zachary, la situation doit changer.

Les municipalités, croit-elle, devraient rendre obligatoire le port du casque sur leurs patinoires extérieures. Selon elle, le patinage à l'extérieur peut même présenter plus de risques de blessures que les activités organisées dans les arénas. À l'extérieur, fait-elle valoir, grands et petits patinent ensemble sans supervision sur une surface glacée qui présente plusieurs irrégularités. «Si on ne fait rien, il va y en avoir encore des accidents», dit-elle.



Pour Luce Bourassa, il est impératif que le port du casque soit rendu obligatoire afin de faire contrepoids à la pression des camarades qui choisissent de ne pas porter le casque. «J'ai deux enfants, mais ils ne veulent pas porter le casque à la patinoire extérieure parce que personne ne le porte.»

«Oui, les parents, on devrait encadrer nos enfants», dit-elle. Toutefois, ajoute-t-elle, l'adoption d'un règlement rendant obligatoire le casque protecteur faciliterait la tâche des parents qui doivent faire la guerre à leurs enfants pour qu'ils portent le casque.

Plus de sensibilisation

La mère de Zachary abonde dans le même sens. «Pour le vélo et pour le ski, il y a eu de la sensibilisation. Sur la route on voit maintenant les jeunes avec leur casque. En ski, c'est la même chose.»

Il ne fait pas de doute que le casque devrait être obligatoire sur les patinoires extérieures afin de prévenir que des accidents semblables à celui de son fils ne se produisent à nouveau, croit la mère de Zachary. «Zachary était à deux doigts de mourir. Ce petit garçon est là aujourd'hui, mais il a eu de la chance», soutient-elle.

En regardant son fils qui dessine avec sa soeur, Nathalie Cartier s'inquiète des conséquences qu'aura l'accident. La saison de hockey de Zachary est terminée. «La seule chose qu'il aura le droit de faire, c'est de la marche. Mais essayez donc de ralentir un garçon de dix ans», se désole-t-elle.



Hier après-midi, l'équipe de Zachary était en tournoi. «Ils ont accroché le chandail de Zachary derrière le banc. Ils ont dit qu'ils essaieraient de gagner pour lui», raconte Nathalie Cartier. La fin de semaine prochaine, les joueurs se rendront à Montréal pour assister à un entraînement du Canadien. Nathalie Cartier a gagné les billets le jour même où son fils était opéré. Impossible d'en changer la date. Zachary ne pourra s'y rendre, se désole sa mère.

Au Québec, il est obligatoire de porter un casque, un protecteur facial et un protège-cou dans toutes les activités de hockey non professionnelles depuis 1988. Quelques années après l'entrée en vigueur du règlement sur les équipements pour la pratique du hockey, une étude publiée par le Centre de santé publique de Québec révélait que le pourcentage de blessures à la tête était beaucoup moins important chez les joueurs obligés à porter un casque (15 %) que chez ceux n'étant pas soumis à une telle obligation (entre 31 % à 44 %).

Pour les chercheurs, ces données démontraient clairement l'efficacité des pièces de protection, tel le casque. En 2007, Jacqueline Frénette, la mère d'un garçon de sept ans qui avait reçu une rondelle à la figure alors qu'il ne portait ni casque ni protecteur facial, avait demandé à la Ville de Gatineau de rendre obligatoire le port du casque sur les patinoires municipales extérieures avec bandes.