Pour une eau TRès saine

Les opposants à la fluoration de l'eau potable, à Trois-Rivières, tentent une fois de plus de convaincre la Ville de ne pas reprendre ce procédé, compte tenu des données scientifiques contradictoires quant à son utilité réelle. Lundi soir, ils ont déposé au conseil municipal une déclaration de principes en ce sens.


Depuis le début des travaux de modernisation de son usine de traitement de l'eau potable, la Ville de Trois-Rivières a suspendu la fluoration de l'eau potable. Rien ne semblait pour l'instant indiquer qu'elle décide d'y mettre fin, compte tenu de la disponibilité de subventions pour la fluoration de l'eau potable provenant des réseaux municipaux.

Lors de la dernière séance du conseil, des citoyens représentant la «Coalition pour une eau TRès saine à Trois-Rivières» sont intervenus et ont demandé aux élus municipaux de mettre un terme à la fluoration. Philippe Giroul et Jean-François Gaudette souhaitent que le conseil municipal soit saisi de cette question et qu'une résolution officielle soit adoptée sur la question de la fluoration de l'eau potable.

Il souhaitent en fait que la Ville applique le principe de la précaution en matière de fluoration et qu'elle renonce ainsi à son projet de fluorer l'eau distribuée via le réseau d'aqueduc de la ville.

«On croit que ce serait préférable que la Ville opte pour l'éducation, la sensibilisation et la prévention pour résoudre les problèmes d'hygiène bucco-dentaire», plaide M. Giroul. Il croit d'ailleurs que l'argent normalement versé par Québec en subvention pour la fluoration soit plutôt investi dans un programme d'éducation et de prévention.

M. Giroul a tenté de savoir qui, à la Ville, a déterminé qu'il fallait continuer à fluoriser l'eau potable, et à quel moment cette décision avait été prise. «Je n'ai eu aucune réponse. J'ai demandé une rencontre avec le maire le 12 février dernier et je n'ai eu aucune nouvelle», explique-t-il.

En séance publique, le maire Yves Lévesque a indiqué qu'il ne voulait pas refaire un débat sur la fluoration.

«Ça relève de la santé publique et c'est le gouvernement provincial qui subventionne pour ça. Si eux ils jugent que c'est bon, on va profiter des subventions. Chez nous, ça existait avant les travaux à l'usine de filtration et il y a une possibilité de la maintenir», a-t-il expliqué avant de suggérer aux deux représentants de la Coalition de faire des représentations auprès des députés provinciaux.

Jean-François Gaudette a pour sa part rappelé les préoccupations qu'ont les opposants à la fluoration, notamment quand on parle des dangers pour la santé et des risques pour l'environnement.

«On veut que tous les citoyens puissent être informés et que la Ville puisse prendre une décision éclairée. En attendant, on demande un moratoire sur la fluoration et on veut une table de consultation pour avoir une information scientifique éclairée. On n'est pas dans le domaine des croyances, on est dans le domaine du scientifique», insiste le citoyen et président de la Coalition.

La déclaration de principes rappelle que le projet de fluoration de l'eau potable n'a jamais fait l'objet de consultation ni de résolution officielle au conseil.

«Une prise de décision unilatérale d'appliquer sans discernement à toute la population un traitement bucco-dentaire va directement à l'encontre du droit au consentement libre et éclairé reconnu par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne», plaide-t-on dans le document déposé aux élus. La Coalition considère qu'il est «dogmatique» et «déraisonnable» de vouloir fluorer tout ou une partie du réseau d'aqueduc de la ville.

Les représentants de la Coalition ont aussi rappelé que plusieurs villes du Québec ont, depuis 2000, cessé la fluoration de leur eau potable. C'est le cas de Québec, Laval et Sainte-Marie-de-Beauce.

À la Ville de Trois-Rivières, on explique d'ailleurs que la question de la fluoration est toujours à l'étude. «Au moment où on se parle, il n'y a pas de décision prise. Le conseil ne s'est pas encore penché là-dessus. On regarde attentivement le débat qu'il y a dans d'autres villes, comme Gatineau et Saguenay», explique Yvan Toutant.