Le vote par anticipation victime de sa popularité

À la bâtisse industrielle de Trois-Rivières, où douze bureaux de vote par anticipation étaient regroupés, une longue file d'attente était observable, en après-midi hier. Certains ont dû attendre jusqu'à une heure pour atteindre l'isoloir et exprimer leur voix.

Difficile de dire s'il s'agit d'un indicateur valable de l'intérêt que portent les citoyens à la campagne électorale actuelle, mais toujours est-il que le vote par anticipation aux élections municipales tenu hier a été particulièrement populaire.


Dans la région, de forts taux de participation ont été observés, surpassant largement la moyenne nationale.

À Trois-Rivières, Shawinigan et La Tuque, entre autres, les files d'attente ont été constatées en plusieurs endroits.

Selon les récits entendus, il y a eu un flot constant de citoyens, venus exprimer leur droit démocratique.

À titre d'exemple, à la bâtisse industrielle du parc de l'exposition trifluvien, où étaient concentrés 12 bureaux de vote, certaines personnes ont dû attendre près d'une heure, au sommet de l'affluence.

Des histoires semblables ont été relatées en Haute-Mauricie et dans la cité de l'énergie.

«En fait, le vote par anticipation est devenu une deuxième journée de vote», lance Gilles Poulin, greffier à la Ville de Trois-Rivières agissant à titre de président d'élections.

«Mais il y en a une seule où il y a la logistique nécessaire», fait ensuite remarquer Yves Vincent, chargé des mêmes fonctions, à Shawinigan cette fois.

De fait, depuis que le législateur a changé la donne en permettant à quiconque de se présenter dans les bureaux de vote par anticipation, le succès de ce processus, pourtant à vocation extraordinaire, a littéralement bondi.

«Habituellement, le Directeur général des élections nous dit de se préparer pour 10% de la population. Mais chez nous, aujourd'hui (hier), on a eu un taux de participation supérieur à 15% (...) C'était l'enfer», raconte Jean-Sébastien Poirier, responsable des élections latuquoises.

À Shawinigan, on a aussi atteint le cap impressionnant des 12%. «C'est énorme ! Ça votait beaucoup», admet Yves Vincent.

Cela dit, ce phénomène n'est peut-être pas le fruit du hasard.

Dans les deux localités, se livrent actuellement des luttes particulièrement intéressantes pour obtenir l'accès au siège de la mairie.

De chaque côté, trois candidats s'affrontent pour le poste de premier magistrat. Et sans aucun doute, il s'agit là d'un élément pouvant expliquer ces statistiques.

«On pourrait expliquer ce succès-là par le beau temps mais aussi par l'intérêt de la population pour ce qui se passe dans cette campagne électorale», juge Yves Vincent.

Le son de cloche est le même en Haute-Mauricie.

«On a fait beaucoup de publicités, mais il y a peut-être aussi la campagne que mènent les candidats, qui intéresse les gens», croit Jean-Sébastien Poirier.

Les deux hommes s'entendent également pour dire que ces chiffres sont de bonne augure à l'aube du scrutin général prévu dimanche prochain.

Reste seulement à espérer la collaboration de Dame Nature.

«J'anticipe beaucoup de votants également pour la journée du premier novembre. Je pense qu'on va avoir un excellent taux de participation», envisage déjà le greffier latuquois.

De chaque côté, on devrait sans difficulté surpasser le faible taux de participation national enregistré lors des premières élections simultanées tenues en 2005, alors fixé à 35%.

Moins facile à Trois-Rivières

Si certains bureaux ont été fort achalandés à Trois-Rivières, le résultat global risque plutôt de se situer entre 5% et 7% de participation pour la journée d'hier, selon les informations fournies avant d'aller sous presse.

Le fait que six districts électoraux ne fassent pas l'objet de luttes électorales au poste de conseiller municipal y joue pour beaucoup, dit-on.

Le président des élections en sol trifluvien craint par ailleurs que le taux de participation frôlant les 50% obtenu en 2005 ne soit pas atteint cette année.

«Je serais surpris qu'on le dépasse cette fois. Il ne faut pas oublier que souvent, le taux est proportionnel au nombre de candidats», dit Gilles Poulin en rappelant que des dépenses non-négligeables sont pourtant effectuées à chaque scrutin pour convaincre les électeurs de se déplacer.

Notons en terminant qu'aucune donnée traçant un portrait complet sur le plan régional n'était disponible hier soir.