Les hommes de chevaux outrés

La relance de l'industrie des courses de chevaux serait-elle devenue la relance seule et unique de l'entreprise Attractions hippiques du sénateur Paul J. Massicotte? La question demeure entière, au lendemain de la publication de ce qui pourrait être le plan de relance qu'envisagerait actuellement Attractions hippiques.


En fait, l'entreprise qui avait obtenu la faveur du gouvernement pour gérer la privatisation des hippodromes envisagerait actuellement d'opérer presque exclusivement les courses sur écrans présentés par les bars identifiés comme hippo clubs, en plus de maintenir un minimum de courses à l'hippodrome de Trois-Rivières, rapportait hier le quotidien Le Devoir.

 



Les trois autres hippodromes d'Aylmer, Montréal et Québec ne feraient tout simplement plus partie des plans d'Attractions hippiques, qui se trouve depuis l'an dernier sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. Le réseau hippo clubs représenterait une source de revenus plus intéressante que les hippodromes.

Hier, Attractions hippiques n'a pas retourné nos appels pour commenter cette nouvelle. Par contre, les organismes représentant les hommes de chevaux ont toutes les raisons de croire que ce scénario pourrait bel et bien se produire. «Plusieurs indices nous montrent qu'Attractions hippiques se prépare à liquider des actifs. Des demandes ont déjà été faites à la Régie des alcools, des courses et des jeux pour transférer les permis d'exploitation de l'hippodrome de Montréal vers celui de Trois-Rivières. Nous nous sommes opposés à ces transferts», a indiqué André Drolet, président du Circuit régional des courses de chevaux du Québec, qui parlait au nom de toutes les associations d'hommes de chevaux, dont l'Association Trot et Amble du Québec (ATAQ). «Le contrat que le gouvernement avait confié à Attractions hippiques au départ était la relance des courses de chevaux. Là, on relance les opérations de M. Massicotte, et rien d'autre», s'insurge M. Drolet.

Les hommes de chevaux répètent depuis longtemps que l'industrie ne pourra pas survivre sans que les courses ne se poursuivent dans les quatre hippodromes de la province, et spécialement celui de Montréal. De plus, depuis qu'Attractions hippiques repousse constamment le délai pour présenter un plan de relance à ses créanciers, le calendrier des courses pour cet été ne se confirme pas. «C'est la désolation totale! La saison approche et on ne sait même pas comment s'enligner», explique André Drolet. Le Circuit Québec, des courses qui encouragent l'élevage québécois avec des bourses de 5 M$ à 6 M$ par année, n'est toujours pas à l'horaire. «Les éleveurs québécois ne savent plus où donner de la tête. Hier encore, une éleveuse est venue me voir avec deux pouliches de 18 mois à vendre. Elle a probablement dépensé 12 000$ pour élever et nourrir chaque bête et elle les laisse aller pour 1800$. Mais qui va acheter ça, si on ne peut pas les faire courir?» se demande André Drolet.

Nouveau délai



Attractions hippiques demandait un nouveau délai d'un mois pour présenter un plan de relance à ses créanciers, depuis que le gouvernement a annoncé qu'il se retirait de l'industrie il y a quelques semaines. Hier matin, au palais de justice de Montréal, c'est un court délai d'une semaine qui a été autorisé, mais pour différentes raisons.

La juge Chantal Corriveau, avait admis être en conflit d'intérêt puisque son conjoint est avocat pour la firme Ogilvy Renault, qui représente les créanciers hypothécaires d'Attractions hippiques. Hier matin, elle a demandé aux avocats représentant les hommes de chevaux de lui adresser une lettre en bonne et due forme lui demandant de se récuser. La juge se prononcera lundi prochain pour dire si elle se retire ou non du dossier. Si c'est le cas, un nouveau juge sera assigné, et l'attente pourrait durer encore le temps qu'il se familiarise avec le dossier.