Sylvie Collin n'a pu convaincre l' IVAC

Sylvie Collin et son conjoint Claude-André Côté.

L'inhalothérapeute Sylvie Collin de Shawinigan n'a pu finalement convaincre un comité du Tribunal administratif du Québec de la pertinence de lui verser des indemnisations en raison du comportement violent d'un de ses voisins.


Se définissant comme une victime d'actes criminels, elle croyait bien avoir rempli tous les critères de l'IVAC (Indemnisation des victimes d'actes criminels) mais une décision rendue récemment lui a enlevé tout espoir de toucher une somme d'argent de cet organisme. Et comme ce comité était appelé à revoir une décision rendue il y a un an, Mme Collin n'a plus de recours, en tout cas pas auprès de l'IVAC et de la CSST.

Véritable battante, Sylvie Collin commence cependant à en avoir assez d'essayer de convaincre les autorités concernées que la sclérose en plaques et la fibromyalgie dont elle est atteinte se sont aggravées du fait que Jean Bergeron, un octogénaire bien connu à Shawinigan pour l'entretien impeccable d'un petit parc sur la rue Summit, l'a prise en aversion et lui a fait toutes sortes de petites misères à la suite de travaux de rénovation des fenêtres de la portion d'immeuble occupée par Mme Collin et son conjoint. Elle a d'ailleurs dû porter plainte à la suite de voies de fait exercées par cet homme.



 

En 2005, alors qu'elle était seule chez elle, le vieil homme s'est amené à sa résidence (qui jouxte la sienne), l'a serrée aux bras, l'a bousculé et lui a donné un coup de poing à la figure. Un tribunal l'a reconnu coupable mais l'a fait bénéficier d'un sursis de sentence. Par la suite, on a interdit à Jean Bergeron de résider chez lui. Sa conjointe y est restée mais quant à lui, il a dû se trouver un autre lieu où loger.

Une autre plainte a été portée par la suite du fait que Jean Bergeron aurait transmis à une tierce personne une menace de causer des blessures à Mme Collin. Cette affaire est toujours pendante et le dossier revient devant le tribunal ce vendredi.

Depuis trois ans et demi, cette femme vit un cauchemar. Et son état de santé écope lourdement. Avantageusement connue dans sa profession, Sylvie Collin avait établi une belle clientèle mais des maux de plus en plus persistants l'ont pratiquement clouée au lit. Elle peut y passer quatorze heures par jour tellement ses douleurs sont intenses. Ses activités quotidiennes dont très limitées. Cela est d'autant plus difficile pour elle que son conjoint occupe un emploi à Montréal.



Avec l'aide de ses médecins traitants et de thérapeutes, elle a soumis son dossier à l'IVAC pour qu'on reconnaisse que les actes criminels posés à son endroit par son voisin entrent dans les critères d'indemnisation. Mais le comité de révision n'a pas été sensible aux arguments de Mme Collin. On dit trouver sa cause bien sympathique mais on confirme une première décision selon laquelle la preuve n'est pas faite à leurs yeux que le comportement de M. Bergeron a entraîné une détérioration marquée de son état de santé. Quant aux frais de psychothérapie, le TAQ conclut que cette question n'est pas de son ressort.

En entrevue, Sylvie Collin et Claude-André Côté, son conjoint, semblaient désemparés. Ils ne veulent pas lâcher prise (surtout qu'elle n'a aucun salaire, aucune indemnisation) mais on les sent fatigués de se battre ainsi contre une «machine inhumaine», selon l'expression de M. Côté. «On ne veut pas baisser les bras après tant d'efforts mais il va falloir trouver des solutions rapidement car la qualité de vie de Sylvie ne va pas en s'améliorant», constate Claude-André Côté.