«Je l'ai pris comme un dossier politique»

Le maire Gilles Bellemare

Visiblement encore secoué par le battage provoqué par le grief de harcèlement psychologique, le maire de Saint-Boniface, Gilles Bellemare, a néanmoins donné ses premiers commentaires sur la conclusion de ce triste épisode le 17 décembre, après la présentation du budget.


Le conseiller au siège 6, René Ayotte, l'a invité à donner ses impressions devant une salle beaucoup moins remplie que d'habitude. Parmi la dizaine de citoyens présents, on retrouvait toutefois Madeleine Lemay, mère de Céline Lemay, qui avait déposé le fameux grief en mai 2006.

 



Rappelons que la semaine dernière, l'arbitre Pierre St-Arnaud a jugé que la longue suite d'événements décrits par la plaignante et d'autres témoins durant l'audience ne répondaient pas à la définition de harcèlement psychologique. Le grief a donc été rejeté, tout comme celui portant sur les changements de tâches vécus par la directrice des loisirs.

M. Ayotte souligne qu'en tant que membre du conseil municipal, il a été touché par cette histoire. Pour M. Bellemare, l'épreuve a semblé extrêmement pénible à traverser.

«Cet épisode a laissé des séquelles dans ma famille et dans la population, alors je ne peux pas faire autrement que répondre.»

«Ça m'a fait mal», enchaîne le maire. «Je trouve malheureux que ça se soit passé comme ça. Je pense n'avoir rien gagné dans ça, Céline non plus d'ailleurs. Je déplore ce que j'ai eu à subir.»



Comme le laissait entendre Me St-Arnaud dans son jugement, cette histoire se résume à une guerre de clans politiques.

«On a éclaboussé des gens», proteste M. Bellemare. «Je suis capable d'assumer mes torts lorsque je n'agis pas convenablement. Mais dans ce cas, je l'ai pris comme un dossier politique.»

La décision de l'arbitre a mis un point à cette affaire, puisqu'elle ne peut être contestée. Il restera à tourner la page, une étape difficile pour tout le monde.

Incompréhension

Pour Céline Lemay aussi, la pilule semble dure à avaler. Les audiences se sont déroulées sous un haut degré d'émotion et la plaignante a évidemment accueilli la décision avec déception.

«Nous sommes très surpris», convient son avocat, Me Edward Kravitz. «Nous restons convaincus que la preuve a démontré qu'il y avait du harcèlement sur une longue période de la part du maire et du directeur général, Jacques Caron.»



Malgré tout, Mme Lemay doit poursuivre son travail à l'hôtel de ville de Saint-Boniface, où tout le monde se croise évidemment à tous les jours. Me Kravitz suggère que cet épisode aura au moins servi à crever un abcès.

«On peut espérer que ce processus aidera tout de même à vivre ensemble dans un climat plus sain à l'avenir», commente-t-il. «Je souhaite que le maire et que M. Caron auront cette volonté. Évidemment, le syndicat veillera à ce que Mme Lemay ne soit pas victime de représailles.»