Daniel Lamarre a payé ses études en travaillant pour Le Nouvelliste de 1970 à 1974.

Vers le 100e: Un début de carrière empreint de fierté

Trois-Rivières — Daniel Lamarre était en 5e secondaire lorsqu’il a commencé à travailler au Nouvelliste. Il avait été recruté après avoir sorti quelques histoires exclusives pour le Courrier Laviolette où il oeuvrait les week-ends. «Ça avait irrité Le Nouvelliste que le petit hebdo du coin ait des scoops! C’est à ce moment qu’ils sont venus me voir et qu’ils m’ont dit: "Laisse le Courrier et vient travailler pour le gros journal."»

C’était en 1970.

«Comme pigiste, je faisais tout ce que les autres journalistes ne voulaient pas faire. Je pouvais dans la même semaine faire un accident, le conseil municipal et aller couvrir une partie de hockey. Ce qui était très drôle à l’époque, c’est que, comme pigiste, je devais découper tous mes textes dans le journal et on me payait 0,90$ le pouce que j’avais rédigé. Mon patron à l’époque était Raynald Brière.»

Des années plus tard, alors président de TVA, Daniel Lamarre a recroisé Raynald Brière qui était devenu vice-président de l’information de LCN. Il se faisait un malin plaisir de lui lancer à la blague: «Est-ce que je devais te payer aux trente secondes puisque tu me payais au pouce au Nouvelliste?»

«Les gens ne réalisaient pas que j’étais aux études! J’écrivais tellement que pour eux j’étais un journaliste régulier. Comme j’étais à la pige, je faisais tout ce que les autres ne voulaient pas faire et ça finissait par me faire d’excellentes semaines. Surtout quand j’ai commencé à m’intéresser aux sports: il n’y avait personne qui couvrait le sport à Shawinigan. Ça m’a permis d’établir mon territoire à Shawinigan et Grand-Mère pour tout ce qui était les activités sportives.»

Daniel Lamarre a payé ses études en travaillant pour Le Nouvelliste de 1970 à 1974.

C’est Claude Mongrain qui a décelé son intérêt pour le sport et qui l’a recruté dans sa section. Parmi les événements marquants qu’il a couverts, il y a les premiers Jeux du Québec à Rivière-du-Loup. «C’était énorme!»

Mais son plus grand fait d’armes est indéniablement d’avoir convaincu Claude Mongrain de couvrir l’équipe de football des Alouettes de Montréal pour le compte du Nouvelliste. «J’avais obtenu une entrevue exclusive avec un joueur des Alouettes. J’avais dit à M. Mongrain: je vais faire le reportage mais il faut que vous me fassiez accréditer pour que je couvre les Alouettes. Alors, c’était un peu exceptionnel parce qu’il n’y a personne historiquement au Nouvelliste qui avait couvert les Alouettes. Moi je couvrais les matchs locaux. C’était bien le fun», raconte celui qui avait déjà de grands pouvoirs de persuasion.

Un fait cocasse qui le fait encore bien rire aujourd’hui est cette fois où il avait été assigné à couvrir une école d’alpinisme située à Saint-Roch-de Mékinac. «Quand je suis arrivé, j’étais avec le photographe Normand Rheault. En arrivant, ils nous ont dit: «vous ne pouvez pas couvrir l’école si vous ne savez pas de quoi vous parlez!» J’ai dit d’accord, je vais le faire! Mais ils ont dit: «pas juste toi, le photographe aussi!» Le pauvre Normand, qui avait un excès de poids... je l’ai fait souffrir beaucoup, mais on l’a fait. Ç’a avait donné un gros reportage.»

Encore aujourd’hui près de 50 ans plus tard, son attachement pour Le Nouvelliste ne s’est pas affadi.

«Dans le reste du Québec et même du Canada, les gens ne réalisent pas l’importance du Nouvelliste. J’expliquais ça à des collègues récemment. Si ma photo passe dans La Presse, Le Journal de Montréal ou même dans Le Soleil demain matin, peu de gens vont m’interpeller pour me dire qu’ils l’ont vue. Mais si votre photo passe dans Le Nouvelliste à Trois-Rivières, tout le monde va avoir vu votre photo. Les gens ne réalisent pas qu’il n’y a aucun autre quotidien au Canada qui a un taux de pénétration aussi important que Le Nouvelliste. À Trois-Rivières et en Mauricie, tout le monde lit Le Nouvelliste. L’impact est incomparable. Je le vois quand je vais en Mauricie ou quand on y va le Cirque l’été. L’importance du Nouvelliste est démesurée par rapport à n’importe quel autre média écrit. Ça me fascine toujours!»

«Je suis toujours très très fier d’avoir commencé au Nouvelliste», conclut le PDG du Cirque du Soleil.