David Cadieux avait asséné le coup final à Patrice L’Heureux au septième round, lors du combat mené en mai 2006 à l’aréna Jacques-Plante. La photo d’Olivier Croteau résumait en une seule image l’issue du combat.

Vers le 100e: Quand la photo fait le combat

Quand il couvre un événement sportif, rien n’échappe à l’oeil aiguisé du photographe Olivier Croteau. C’est d’ailleurs au Nouvelliste qu’il a pu développer sa passion pour le sport, passion qui l’a également amené à travailler aux quatre coins de l’Amérique du Nord pour différentes revues de sports d’hiver, notamment. Mais l’une de ses assignations les plus marquantes reste encore à ce jour le fameux combat L’Heureux-Cadieux, au printemps 2006 à l’aréna Jacques-Plante de Shawinigan.

Ce combat qui est passé à l’histoire réunissait dans le ring les deux poids lourds de la Mauricie, David Cadieux et Patrice L’Heureux, comme combat vedette d’une soirée de boxe enlevante, où le titre de champion canadien des poids lourds était en jeu. Pour Olivier Croteau, il s’agissait de son tout premier combat de boxe à titre de photographe.

«J’étais un peu nerveux parce que c’était mon premier combat, et que c’est très particulier la boxe pour un photographe, car on ne sait jamais ça va partir dans quel sens. Il faut être très alerte», se souvient-il.

L’issue de ce combat s’était soldée par une victoire de David Cadieux sur le «Granit» L’Heureux, avec un K-O au septième round. La lentille de la caméra d’Olivier Croteau avait pu croquer le moment où L’Heureux s’effondrait au sol, après le coup final porté par son adversaire, lui ravissant du même coup son titre de champion canadien des poids lourds.

«J’étais très fier de cette photo-là, qui a fait la une du journal. L’Heureux n’avait pas encore touché le sol, et on voyait aussi le visage de l’arbitre qui analysait tout ça avec attention. Ça parlait énormément, ça résumait en une seule image l’issue du combat», se souvient Olivier Croteau.

Le photographe a eu, par la suite, l’occasion de couvrir de nombreux combats de boxe, dont la plupart des combats du Trifluvien Simon Kean. «Mais à chaque combat que je refais, je pense à celui-là. C’est très spécial, c’était marquant comme affectation», se souvient-il.

Lors de l’annonce du décès de Patrice L’Heureux, en octobre 2018, Olivier confie avoir été très attristé. «Ce souvenir-là a pris une autre signification pour moi lors de son décès. Patrice L’Heureux était un homme généreux et très sympathique, et je suis touché de savoir que mon travail a pu, d’une certaine façon, marquer l’histoire de sa carrière de boxeur», mentionne-t-il.