Fred Pellerin

Vers le 100e: Partenaires pour le re-150e

Trois-Rivières — Soyons honnête: il y des jours où on se demande où en serait Le Nouvelliste sans Fred Pellerin tellement le conteux de Saint-Élie s’y retrouve souvent. Il faut dire que son hyperactif succès aux mille facettes impose beaucoup d’obligations de parler de lui.

Il garde dans tout ça un épisode privilégié de collaboration avec le quotidien régional qui le fait encore franchement rigoler quelques années plus tard. Il est vrai que l’anecdote est gratinée. Retournons en 2016, année qui suivait les fêtes du 150e de Saint-Élie. Dans un conte qui terminait le spectacle symphonique sur les Plaines à Québec à la fin de l’année du 150e anniversaire du village, Fred relatait qu’on avait tellement célébré le temps des Fêtes en 1920 que toute l’année qui a suivi a été un immense lendemain de brosse dont les souvenirs sont demeurés au mieux très flous, pour ne pas dire inexistants chez les Caxtoniens. Dans les circonstances, on devait à la vérité de rayer cette année 1921 du calendrier, ce qui revenait à dire que le vrai 150e anniversaire de Saint-Élie devait être célébré l’année suivant les célébrations officielles dans le cadre de ce qu’on a appelé le re-150e.

Fred a obtenu qu’une pétition exigeant la reprise des fêtes du village soit lancée sur une plateforme web de la société Radio-Canada et elle a été signée par plus de 7000 personnes réparties dans douze fuseaux horaires différents. Fred a déposé la pétition lors d’une assemblée du conseil municipal qui n’a eu d’autre choix que d’embarquer dans cette aventure évidemment dépourvue d’autant de bon sens que de subventions des gouvernements fédéral et provincial.

Fred avait contacté le quotidien régional pour qu’on y produise et distribue le calendrier des fêtes du re-150e. «Le Nouvelliste était prêt à embarquer dans notre folie, seulement, la seule façon réaliste de faire les choses, c’était de produire un encart de quatre pages à l’intérieur d’une édition normale du journal, raconte Fred qui s’avère assez doué dans le racontage, finalement. Là-dedans, on avait mis l’horaire des fêtes, les activités, un historique du village, etc. J’avais joué le rôle de semblant de journaliste pour remplir tout ça et j’avais travaillé en collaboration avec vos super pros de l’édition et de la mise en page. J’avais vraiment trippé!»

Il a évidemment fait les choses à sa Frediesque façon. Ainsi, la traditionnelle photo du comité organisateur avait été prise sur le parvis de l’église. Or, tout ce qu’on y voyait, c’était le parvis sans personne. «On a indiqué sous la photo que tout le monde était bien trop occupé à organiser tout ça pour prendre le temps de s’arrêter pour une photo! C’était fou raide.»

Le besoin initial de Fred et du comité organisateur, c’était 2000 calendriers à distribuer à 2000 citoyens de la municipalité. La solution choisie impliquait que le cahier spécial était dans toutes les copies du journal de cette journée particulière et que 2000 copies spéciales étaient livrées à Saint-Élie. «On avait un groupe de bénévoles qui ont sorti les encarts des 2000 copies pour les distribuer aux gens du village. Gilbert Guérin, un de nos bons bénévoles, part encore aujourd’hui les feux dans son poêle à bois avec les pages des journaux qu’on a dépouillés des encarts de ce matin-là!»

Ça reste à ce jour une preuve concrète que la folie, quand elle est désintéressée, peut convaincre bien des gens, même parmi les plus sérieux.