Michel Angers lors de sa première campagne électorale, à l’automne 2009.

Vers le 100e: Le sondage qui a tout changé

Shawinigan — Les politiciens claironnent que les sondages ne veulent rien dire, mais dans le cas de Michel Angers, celui publié dans l’édition du Nouvelliste du 1er novembre 2008 a changé sa vie.

Nous sommes alors à un an des élections municipales et ça grouille pas mal à Shawinigan. Le mécontentement au sujet du leadership de Lise Landry met beaucoup de pression sur la mairesse, qui ne donne pas encore d’indice sur sa volonté de se présenter pour un cinquième mandat.

Les aspirants se bousculent au portillon. Dans ce contexte, Le Nouvelliste commande un sondage à Segma Unimarketing pour obtenir un portrait de la situation, avec les noms qui circulent à ce moment.

Les résultats démontrent alors que si Mme Landry sollicite à nouveau la confiance des électeurs, elle demeure la favorite pour l’emporter. Sa marge est toutefois très mince: elle ne possède que trois points d’avance sur Claude Pinard et sept sur Yves Duhaime. Il s’agit alors, faut-il comprendre, des trois principaux prétendants.

Le Nouvelliste avait également sollicité l’opinion de la population sur trois autres candidats potentiels. Mais Robert Deschamps (8 %), Claude Villemure (5 %) et Michel Angers (4 %) ne récoltent que des miettes.

Le syndicaliste s’est alors souvenu que Régis Labaume n’avait pas embrasé la Ville de Québec lorsqu’il avait démontré de l’intérêt pour la mairie, en 2007, à la suite du décès d’Andrée Boucher. Effectivement, un sondage Unimarketing - Le Soleil l’avait placé à 5 % des intentions de vote le 4 septembre. Trois mois plus tard, le coloré personnage était pourtant élu à la mairie de Québec.

«Je me suis dit que s’il avait été capable de le faire, pourquoi pas moi?», raconte M. Angers. « Ça a été l’élément déclencheur qui m’avait véritablement décidé.»

Le maire de Shawinigan l’avoue sans faux-fuyant, il lit assidûment Le Nouvelliste depuis toujours. Compte tenu de l’importance qu’il accorde à ce média dans la région, ce coup de sonde l’avait particulièrement fouetté.

«Je suis un gars de défi», sourit-il. «Je me suis alors dit que je me lancerais pour la mairie, sans présumer du résultat, d’aucune façon. Je voulais faire au moins une campagne électorale dans ma vie et le milieu municipal était vraiment l’endroit qui me rejoignait le plus.»

«Je lisais tout ce qui avait entouré ce sondage», poursuit-il. «Les hésitations de Mme Landry, M. Duhaime qui souhaitait du changement, M. Pinard... Il y avait de grosses pointures, on ne se le cachera pas. J’embarquais dans toute une aventure!»

Une fois sa candidature confirmée, M. Angers, à l’image de son homologue de Québec, a entrepris une poussée irrésistible dans l’opinion publique. Une semaine avant le scrutin, un sondage Segma Recherche lui accordait 50 % des intentions de vote, tendance qui allait être confirmée avec une victoire sans appel le 1er novembre 2009.