Cette photo prise par Sylvain Mayer le soir de l’élection fédérale de 2000 lui aura valu d’être mis à l’essai pour devenir le photographe officiel du premier ministre Jean Chrétien.

Vers le 100e: La photo qui mène loin

Lorsqu’on lui demande de nous parler d’un moment marquant de sa carrière, le photographe du Nouvelliste Sylvain Mayer ne peut s’empêcher de penser à ce soir de février 2000 où il a été appelé à aller couvrir un incendie mortel à Notre-Dame-du-Mont-Carmel... pour découvrir en arrivant sur les lieux que son beau-frère et sa belle-soeur étaient les victimes de ce brasier. Mais sans minimiser cet événement marquant, c’est davantage vers une anecdote positive qu’il souhaitera nous amener. «Parce que c’est incroyable à quel point une photo peut nous faire faire du chemin», confie-t-il.

Le 27 novembre 2000, Jean Chrétien est réélu premier ministre du Canada. Son discours de la victoire sera prononcé à partir de l’Auberge des Gouverneurs à Shawinigan, peu après minuit. La photo que Sylvain Mayer fait du couple Jean et Aline Chrétien à ce moment-là passera à l’histoire pour le photographe. «On avait publié la photo en une, et Aline Chrétien l’avait vraiment aimée. Quelques jours plus tard, j’ai eu un appel du 24 Sussex. Aline Chrétien voulait me parler. Elle voulait m’acheter la photo et m’a invité à venir au 24 Sussex pour la lui remettre», se souvient le photographe, qui a finalement été invité à une cérémonie officielle lors de cette soirée, où il devait porter l’habit de gala.

Plusieurs mois plus tard, Sylvain Mayer reçoit un appel d’un proche collaborateur de Jean Chrétien, lui disant que le couple souhaiterait le mettre à l’essai pour devenir le photographe officiel du premier ministre. La GRC lui fait alors passer tous les tests de sécurité nécessaires et mène même une enquête sur lui pour s’assurer que sa candidature peut être considérée. Sylvain Mayer sera ensuite envoyé, à l’essai, dans un sommet international au Mexique durant quatre jours. Petit écouteur à l’oreille, toujours à l’affût des moindres mouvements du premier ministre, il le suivra pas à pas, grimpant dans le convoi de limousines à chacun de ses déplacements et dégainant l’appareil photo à chacune de ses rencontres. «Je finissais mes journées à moitié mort, Mais c’était une expérience incroyable», confie-t-il, ajoutant qu’il aurait bien embrassé cette vie professionnelle si...

En fait, Sylvain Mayer a passé le test haut la main, il allait devenir le photographe officiel du premier ministre. Mais deux semaines après cette aventure, Jean Chrétien annonçait qu’il quitterait la vie politique quelques mois plus tard. Paul Martin, qui lui a succédé, est arrivé en poste avec son propre personnel. «Ça a quand même été une belle expérience, et ça me rappelle chaque jour qu’une seule photo peut nous mener très loin», conclut-il.