Louis Plamondon, député de Bécancour-Nicolet-Saurel.

Vers le 100e: La démission qui avait fait jaser

Nicolet — En juin 1990, le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon, démissionnait du Parti progressiste-conservateur après l’échec de l’Accord du Lac Meech. Si la nouvelle était passée pratiquement comme un entrefilet de faits divers dans les médias nationaux, elle avait fait grand bruit dans la région. Et c’est par Le Nouvelliste que le député avait pu prendre le temps de s’expliquer à ses électeurs.

L’échec de l’Accord du Lac Meech, on le sait, aura mené à la fondation du Bloc québécois. Toutefois, lors de sa démission, Louis Plamondon n’avait pas claqué la porte pour aller siéger au Bloc québécois, qui n’existait pas encore. Il s’est retrouvé député indépendant pendant un certain moment. Une décision qu’il a dû justifier à plusieurs de ses électeurs.

«J’avais donné une entrevue au journaliste Marcel Aubry à l’époque, et ça m’avait permis d’expliquer mon geste, pour que les gens comprennent plus vite ce qui avait motivé ma décision. Si ça n’avait pas été du Nouvelliste, j’aurais répondu à des centaines d’appels téléphoniques ce matin-là», se remémore-t-il en riant.

Louis Plamondon a d’ailleurs conservé, depuis bientôt 30 ans, cette découpure de la page du quotidien régional où on lui avait laissé toute cette tribune. Bien qu’il soit un habitué des médias, de la presse nationale et du brouhaha de la place publique depuis son accession à la Chambre des communes en 1984, il n’hésite pas à dire qu’il s’agit là d’un des reportages qui aura certainement marqué sa carrière.

«J’ai gardé la première page et l’article aussi. C’était un article punch, mais ça m’avait permis de parler à mon monde. Les médias nationaux n’en avaient pratiquement pas parlé. C’est là aussi que j’ai compris l’importance d’avoir un quotidien régional dans une région comme la nôtre. L’impact avait été remarquable, parce que ça avait aidé plusieurs citoyens à comprendre mon geste, sans nécessairement l’appuyer», se souvient-il.

Louis Plamondon relate que par la suite, les chroniqueurs et éditorialistes du Nouvelliste ne s’étaient pas gênés pour analyser et commenter la décision du député, mais que peu importe leur avis, ils le faisaient en pouvant se baser sur le fond de sa pensée, sur les véritables raisons l’ayant poussé à prendre cette décision. «Ça faisait partie de la game, mais moi j’avais pu expliquer ma vision des choses», mentionne M. Plamondon.