Bryan Perreault en 2003.

Vers le 100e: Ça change des vies

Trois-Rivières — L’anecdote qui lie l’écrivain, conteur, homme de théâtre, entrepreneur mais aussi directeur général de Culture Shawinigan Bryan Perreault au Nouvelliste est délicate à raconter parce qu’elle implique l’auteur de ces lignes. Elle est cependant trop savoureuse pour la taire.

Personne n’a jamais mis en doute l’attachement du gentil géant pour sa région. Non seulement l’a-t-il toujours habitée même si ses engagements professionnels l’entraînaient un peu partout en province, mais c’est là qu’il a basé ses assises professionnelles. C’est à Shawinigan qu’il a situé la maison d’édition qu’il a fondée, Perro Éditeur, là qu’il a ouvert sa librairie, Perro Libraire, là aussi qu’il s’est lancé dans l’aventure de la restauration.

Pour cristalliser cet attachement, il laisse aujourd’hui sa marque sur tout le secteur de la culture dans son coin de pays à la tête de Culture Shawinigan. C’est justement là que son anecdote avec Le Nouvelliste s’inscrit. Elle s’est déroulée très précisément le 14 mai 2015. Bryan Perreault était conférencier dans le cadre d’un colloque organisé par Culture Mauricie portant sur la participation culturelle des jeunes que je couvrais pour le compte du Nouvelliste.

À l’époque, la directrice générale de Culture Mauricie Louise Martin avait démissionné pour relever d’autres défis et l’organisme était à la recherche d’un remplaçant. Pour dire crûment les choses, j’ai croisé Bryan Perreault dans les toilettes de la station de plein air Vallée du Parc et, à la blague, parce que je le savais extrêmement occupé, je lui ai demandé s’il allait poser sa candidature pour le poste. Perreault n’a pas pris la question comme une pointe d’humour.

«En fait, tu m’as appris que le poste était disponible, confiait-il quand sollicité pour raconter une anecdote le liant à son quotidien régional. La vérité, c’est que c’est précisément à ce moment-là que j’ai commencé à y penser. Je suis rentré à la maison ce jour-là et j’en ai parlé à ma conjointe qui m’a dit que c’était une bonne idée. Je pensais qu’elle me niaisait mais elle avait un bon argument. J’avais toujours tenu à rester dans la région et cette avenue professionnelle me le permettait. C’est vraiment à ce moment que j’ai amorcé sérieusement la réflexion et je suis aujourd’hui dg de Culture Shawinigan.»

«J’en suis d’ailleurs très heureux. C’est une autre étape particulièrement significative dans ma vie; ça a donné une stabilité géographique et professionnelle que je recherchais.»

De ce point de vue professionnel, justement, il est à même d’apprécier d’une autre façon l’importance du Nouvelliste dans la vie culturelle régionale. «Nous achetons de la publicité dans le Nouvelliste sur une base régulière et d’un autre côté, vous nous couvrez tout le temps alors on a forcément un lien très important.»

«Quand on appartient à une communauté comme la Mauricie qui n’est pas très grande, forcément on est en contact étroit avec les activités et le public. Les gens se connaissent, se parlent et sans dire que ça change des destins, ça peut certainement enligner des choses. Dans mon cas, c’est quelque chose que je ne savais pas que tu m’as apprise parce que tu fais de l’information dans le domaine culturel et ça a finalement changé ma trajectoire de vie. Ça sert aussi à ça, un quotidien régional.»