Yvon Deshaies, maire de Louiseville, avait visité la succursale de la SQDC le jour de son ouverture.
Yvon Deshaies, maire de Louiseville, avait visité la succursale de la SQDC le jour de son ouverture.

Vers le 100e: Affronter la tempête

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Louiseville — Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, est bien connu pour être un excellent collaborateur avec les médias. Que les nouvelles soient positives ou négatives, il répond généralement toujours présent pour commenter l’actualité et parler au nom de sa municipalité. Et quand ça touche à sa propre réputation, il fera quand même face à la musique.

En mars 2017, Le Nouvelliste découvre une vidéo sur laquelle le maire Deshaies avait été filmé à son insu, et dans laquelle il laissait sous-entendre qu’il consommait du cannabis et qu’il était impatient qu’on légalise cette substance pour pouvoir fumer dans son bureau. «J’ai assez hâte qu’ils légalisent. Je vais pouvoir fumer tranquille. Sans me faire achaler. Là, il faut que je me cache. Je me cacherai pu. Dans le bureau du maire, paf!», pouvait-on entendre sur cette vidéo.

«Ce jour-là, c’est le journaliste Martin Lafrenière qui m’avait appelé. On a l’habitude de se parler et parfois on rigole au téléphone. Là, sa voix n’était pas comme d’habitude, il était plus sérieux. Il me dit qu’il y a une vidéo de moi qui circule. Je n’avais aucune idée à quoi il faisait référence», se souvient Yvon Deshaies.

Sa déclaration faite dans un aréna à des jeunes qui le filmaient sans son autorisation a fait le tour de la province dès qu’elle a été mise au jour par Le Nouvelliste. Le maire Deshaies aurait pu décider de se murer dans le silence... mais il a fait face à la musique.

«J’ai toujours été bien servi par Le Nouvelliste, et j’ai toujours eu beaucoup de respect pour M. Lafrenière. Ce jour-là, il a fait son travail, et il l’a bien fait. Il a toujours rapporté fidèlement mes propos, alors je n’aurais aucune raison de lui en vouloir», a-t-il relaté, indiquant que ça fait partie de la politique que de devoir affronter les médias lorsque ce genre de choses se produit.

Pour Yvon Deshaies, la présence du Nouvelliste dans une région comme la nôtre est essentielle. «Vous êtes toujours là, vous rapportez la nouvelle, vous parlez de nos communautés et vous le faites de façon honnête. Ce jour-là, j’ai répondu aux questions, parce que j’ai du respect pour le travail des journalistes. Je ne me suis jamais défilé et je n’allais pas commencer cette journée-là», clame-t-il.

Près d’un an et demi plus tard, le cannabis devenait légal au Canada. L’ouverture de la SQDC à Trois-Rivières avait piqué l’intérêt du maire de Louiseville, qui avait même accepté de donner une entrevue sur le fait qu’il souhaitait se renseigner sur le fonctionnement, espérant voir une succursale s’installer un jour dans sa ville. Il avait même accepté de se faire prendre en photo devant la succursale le jour de son ouverture. Affronter la tempête jusqu’au bout...