Normand et Isabelle Ducharme ont été camelots du <em>Nouvelliste</em> tout comme leurs frères Mario et Luc, absents de la photo.
Normand et Isabelle Ducharme ont été camelots du <em>Nouvelliste</em> tout comme leurs frères Mario et Luc, absents de la photo.

Une famille de camelots

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Chez les Ducharme, le travail de camelot, on connaît.

Normand, Mario, Luc et Isabelle Ducharme, tous frères et sœur, ont distribué Le Nouvelliste à tour de rôle de 1971 à 1989 dans le secteur de Saint-Louis-de-France. Six matins sur sept, beau temps, mauvais temps, ils partaient avec leurs exemplaires pour les livrer à leurs clients des rues Saint-Martin, Caron, Saint-Alexis et autres rues avoisinantes.

«Nos parents nous apprenaient à prendre des responsabilités et à être autonomes le plus possible. On a commencé de bonne heure à ramasser nos sous et à être débrouillards», raconte Normand Ducharme, qui a été camelot de 1971 à 1973.

Ses frères Mario et Luc ont pris la relève. Isabelle Ducharme a été la dernière de la famille à distribuer Le Nouvelliste, entre 1984 et 1989. Elle se souvient qu’il lui fallait une grande discipline pour se lever très tôt afin d’accomplir son travail, mais celui-ci lui a inculqué le sens des responsabilités.

«J’aimais avoir des sous en main. Je savais que, par moi-même, j’étais capable d’en ramasser et ça a servi à toute la famille. On a connu la valeur de l’argent.»

Mme Ducharme raconte que sa paie de camelot lui a permis entre autres de se procurer un lecteur de cassettes portatif. Et pas n’importe lequel.

«C’était le vrai Walkman de Sony, gris, avec les écouteurs!»

«Moi, c’était des jeans Lois, indique Normand Ducharme. C’étaient nos parents qui décidaient et payaient pour nos vêtements. J’ai pu acheter des jeans à mon goût!»

Adolescente, Isabelle Ducharme se souvient d’avoir distribué Le Nouvelliste au retour d’une partie de quilles tardive et d’être allée se coucher par la suite sans être obligée de se lever de bonne heure.

«On recevait l’argent directement du client, ma mère gérait ça. Et notre plus belle récompense était le client qui nous donnait du pourboire.»

Normand Ducharme se rappelle les éditions du samedi qu’il détestait en raison de leur épaisseur. Les cadeaux du temps des Fêtes, donnés par les abonnés, étaient particulièrement appréciés.

«On a travaillé dur pour gagner nos sous et on y faisait attention. L’ensemble de l’argent qu’on faisait était ramassé. Quand je suis entré au cégep, j’avais un beau petit magot. Ma mère était fière de nous montrer comment gérer notre argent.»

«Dans notre entourage, tout le monde dira qu’on est des travaillants, souligne Isabelle Ducharme. À l’âge adulte, ça a demeuré.»