Louis Ménard, président du conseil d’administration de la Coopérative de solidarité du Nouvelliste, et Stéphan Frappier, rédacteur en chef et directeur général.
Louis Ménard, président du conseil d’administration de la Coopérative de solidarité du Nouvelliste, et Stéphan Frappier, rédacteur en chef et directeur général.

Un centième contre vents et marées

Stéphan Frappier
Stéphan Frappier
Le Nouvelliste
Louis Ménard
Le Nouvelliste
Il y a un an aujourd’hui, Le Nouvelliste lançait l’année de son 100e anniversaire avec la publication d’un cahier souvenir où plusieurs intervenants du milieu racontaient leur lien et leur attachement envers LEUR quotidien régional. Une année qui s’annonçait festive et marquée par moult rencontres, événements et concours pour marquer ce premier 100 ans.

Cet automne 2019, marqué par les difficultés du Groupe Capitales Médias qui a dû se placer sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité, semble déjà bien loin.

Essayons d’en retenir les éléments positifs, parce qu’il y en a beaucoup. Comme cette démonstration d’amour dont nous avons été témoins au Musée Pop en septembre 2019. Une dose d’énergie qui nous a littéralement envahis et qui a jeté les bases du nouveau projet qui allait assurer la survie de notre journal. Une coopérative de solidarité a été créée, un geste répété dans tous les milieux qui, comme le nôtre, ont été frappés de plein fouet par cette menace de fermeture. Aujourd’hui, les artisans du Nouvelliste, au même titre que ceux du Quotidien (Saguenay-Lac Saint-Jean), de La Tribune (Sherbrooke), du Droit (Ottawa-Gatineau), de La Voix de l’Est (Granby) et du Soleil (Québec) dans leur communauté respective, travaillent d’arrache-pied pour assurer la pérennité de notre, de votre nouveau centenaire.

Ça n’a pas été facile, il faut en convenir. Alors que les pièces du casse-tête commençaient à tomber en place, en mars dernier, la pandémie s’est invitée sans permission et a bousculé nos plans d’avenir. Une des conditions essentielles des bailleurs de fonds pour participer au plan de sauvetage consistait à effectuer le virage vers l’édition numérique. En comité de travail, nous avions prévu d’effectuer ce virage numérique vers la fin de 2021. Le coronavirus n’en avait rien à cirer et, du jour au lendemain, nous avons perdu la presque totalité de nos revenus publicitaires. Dans ce contexte, nous n’avons pas eu le choix de suspendre la livraison complète de nos éditions dans un premier temps, puis de revenir à une publication papier par semaine sous la forme d’une édition magazine.

Si nous n’avions pas procédé ainsi, vous n’auriez pas le loisir de consulter ce cahier spécial aujourd’hui parce que nous ne ferions plus partie du paysage médiatique. Nous étions voués à une disparition à très court terme en maintenant le modèle traditionnel. Nous avons même été dans l’obligation de revoir nos besoins en effectifs et de nous séparer de valeureux artisans qui ont maintenu la flamme allumée pendant plus de 30 ans dans certains cas.

Aujourd’hui, le ciel s’éclaircit et nous permet de regarder un peu plus loin, de voir un peu mieux ce que l’avenir nous réserve. Un avenir prometteur, avec des moyens adaptés aux technologies qui nous entourent, mais où seront toujours présents les objectifs qui sont à la base de notre existence: vous fournir une information de proximité indépendante et de qualité. Les moyens changent mais la mission demeure et demeurera toujours la même, nous vous en faisons la promesse.

Ce cahier spécial historique vient clore une année que l’on aurait aimée plus festive, mais il devient aussi l’ultime symbole de notre survie et de notre acharnement à vouloir être encore là pour la population de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Il nous permet en même temps de remercier et de saluer tous ces artisans qui ont fait du Nouvelliste, à travers toutes ces décennies, cette référence en information.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour notre avenir alors que nous vous proposerons un nouveau modèle d’affaires. Votre adhésion fera foi de votre attachement à votre Nouvelliste. Nous le savons et vous en remercions à l’avance.

Par ailleurs, nous n’avons pas jeté l’éponge pour éventuellement fêter dignement notre premier centenaire. Vous avez vu apparaître, au cours de l’été, la Bien encrée, une bière de microbrasserie concoctée par la Route des brasseurs. Des casquettes à notre effigie ont aussi été lancées. Des concours ont également fait leur apparition, mais nous voyons grand et nous n’attendons que l’occasion d’un retour à la normale pour vous en faire la démonstration.

Un vaccin nous permettra un jour de nous rassembler de nouveau. Nous serons alors les premiers à aller festoyer avec vous et vous remercier pour cet amour indéfectible.

Là-dessus, bon centenaire au Nouvelliste et merci de continuer de croire en nous.