Le supérieur du Séminaire Saint-Joseph, Pierre Leclerc.
Le supérieur du Séminaire Saint-Joseph, Pierre Leclerc.

Séminaire Saint-Joseph: laïcité et mixité

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Foi de Pierre Leclerc, la laïcité et la mixité sont les deux éléments ayant marqué l’évolution du Séminaire Saint-Joseph depuis les 100 dernières années.

Élève du Séminaire inscrit au cours classique en 1955, enseignant dès 1965, Pierre Leclerc a enfilé les responsabilités de directeur du service aux élèves et de directeur général adjoint avant d’occuper la direction générale de 1989 à 1998. Ce laïc est revenu comme procureur en 2011 et agit à titre de supérieur depuis 2012. Il a vécu de près de nombreux changements vécus au sein de la maison d’enseignement. Selon lui, l’école a vraiment fait du chemin en 100 ans, elle dont la mission était de former des religieux.

«L’arrivée des premiers enseignants laïques au milieu des années 1950 avec Jean-Guy Béliveau, Denis Vaugeois, Émilien Girard, Georges Lemire, et l’arrivée de laïcs à la direction en 1965 avec Jacques Béliveau, ça a été un puissant changement de mentalités. L’arrivée de femmes comme enseignantes dans les années 1970, les premières femmes dans des postes de direction, Louise Cormier et Marie-Hélène Rheault, l’arrivée des filles comme étudiantes en 1998, l’arrivée de Martine Roy, la première femme nommée directrice générale, en 2016. Tout ça, dans la culture du Séminaire qui remonte à 1874, sont des changements importants», énumère M. Leclerc, dont la nomination à titre de supérieur en 2012 a fait sourciller quelques prêtres, se souvient-il.

<em>Le Nouvelliste</em> a couvert de nombreux événements sportifs au SSJ comme le démontre cette photo prise en 2014.

Le Séminaire est fondé en 1860, mais l’année 1874 est marquante dans son histoire. Durant les 14 premières années de son existence, l’école est appelée le Collège de Trois-Rivières, une école fondée par des hommes d’affaires qui veulent parvenir à doter Trois-Rivières de son propre séminaire. À l’époque, le diocèse de Trois-Rivières va de la Mauricie jusqu’aux Cantons de l’Est et possède son séminaire à Nicolet. La création du diocèse de Nicolet va régler la question et permettra la fondation de la mission sacerdotale du Séminaire Saint-Joseph en 1874.

La transformation de l’école au fil des ans passe par la fin en 1968 de l’enseignement du cours classique, une mesure découlant du rapport Parent. Le personnel, composé à 100 % de religieux au début des années 1950, est aujourd’hui totalement laïque. Les élèves féminines sont maintenant bien installées dans cette école qui avait grandement besoin de leur présence, rappelle Pierre Leclerc.

«L’accès à une meilleure éducation, le fait de vouloir que les garçons s’habituent à la présence des filles et l’inverse, ce sont des raisons nobles (pour l’arrivée de la clientèle féminine). Mais la vraie raison, c’est que c’était une question de survie au niveau financier. La clientèle baissait : on a déjà été 1200, on était autour de 600. On est maintenant à 740 élèves. On travaille fort pour boucler le budget. Il faut faire des choix éclairés. Mais le Séminaire va rester une excellente école et on va lui souhaiter 160 autres années.»

Le président de la France, le général Charles de Gaulle, a visité le Québec en 1967 et s’est arrêté au Séminaire Saint-Joseph. On le voit en compagnie, entre autres, du premier ministre du Québec, Daniel Johnson.

Le Nouvelliste, un témoin fidèle

Selon Pierre Leclerc, Le Nouvelliste a été un témoin fidèle de nombreux événements qui se sont déroulés au Séminaire Saint-Joseph. Le supérieur rappelle que les exploits des sportifs de l’école ont maintes fois été racontés par le défunt journaliste Claude Mongrain. Des rassemblements partisans de Maurice Duplessis dans la cour du Séminaire ont fait la manchette du Nouvelliste qui était aussi présent lors du passage de Charles de Gaulle au SSJ en 1967.

«Le Nouvelliste a toujours eu un œil attentif sur ce qui se passait au Séminaire.»